Festival Du Livre 2025
Festival du livre 2025 au Grand Palais, à Paris. Crédit : Thierry Le Fouille/SIPA

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».
Christian Mouly

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Publié le

Rarement un Festival du livre aura autant braqué les projecteurs. La réaction des acteurs du livre est très attendue ce vendredi 17 avril, à l’ouverture de l’édition 2026, alors que plus de 150 auteurs ont déjà claqué la porte de Grasset pour protester contre le renvoi de leur PDG Olivier Nora. De Virginie Despentes à Bernard-Henri Lévy, tous y voient la mainmise du principal actionnaire : Vincent Bolloré.

« En France, on reste attaché à la liberté des auteurs »

Le coup de force a provoqué une vive émotion bien au-delà du monde de l’édition. Au point qu’Emmanuel Macron, en visite au Festival ce vendredi matin, a jugé bon de réagir à la polémique. Le Président a estimé auprès de plusieurs journalistes qu’il est « très important d’exprimer » et de « défendre » le « pluralisme éditorial » en France.

« En France on reste attaché à tout ce qui fait notre force d’ailleurs, la liberté des auteurs, leur qualité, le rôle de l’éditeur », a clamé Emmanuel Macron dans les allées du Grand Palais, disant avoir « beaucoup d’estime pour ces grandes maisons » que sont Gallimard et Grasset.

« C’est des maisons qui sont à respecter », « un catalogue c’est une histoire littéraire », a-t-il ajouté. Grasset, à ce titre, était réputé pour publier des auteurs aux positions politiques et idéologiques très variées. « L’éditeur ce n’est pas simplement celui qui imprime les livres, […] c’est un esprit, une maison, une chaîne humaine », a encore dit le président.

Une clause de conscience pour les auteurs ?

Emmanuel Macron a également été interrogé sur la possibilité de créer une clause de conscience pour les auteurs, à l’image de ce qui existe pour les journalistes. Une proposition lancée hier par la sénatrice Sylvie Robert (PS), qui permettrait aux auteurs de quitter sans préavis leur éditeur en cas de changement radical de ligne éditoriale. « Je pense que c’est quelque chose qui doit se réfléchir », a répondu le chef de l’État sans véritablement trancher.

La plupart des maisons d’édition appartenant à Hachette, dont Grasset, n’ont pas fait le déplacement au Grand Palais cette année. Une décision prise en janvier, bien avant que n’éclate la crise de ces derniers jours. Pour le reste, 450 exposants et 1 800 auteurs sont attendus.

(Avec AFP)

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