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Création d’une fondation, Radio Nova, festivals de musique…Revivez les temps forts de l’audition de Matthieu Pigasse au Sénat

Création d’une fondation, Radio Nova, festivals de musique…Revivez les temps forts de l’audition de Matthieu Pigasse au Sénat

Face à la commission d’enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, ce 11 juin, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse dit assumer son engagement en faveur de la « bataille culturelle », tout en affirmant défendre l'indépendance et l’identité des médias dont il est actionnaire. « Nous sommes un peu le petit village gaulois d’Astérix au milieu des milliardaires conservateurs », a-t-il insisté.
Emma Bador-Fritche

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12 min

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La commission d’enquête sénatoriale chargée de faire la lumière sur « les mécanismes de financement des politiques publiques par des organisations privées » ainsi que sur les risques « d’influence, d’absence de transparence financière et d’entrave au fonctionnement de la démocratie » arrive à un moment clé de ses travaux.

Après avoir entendu le milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin, les sénateurs reçoivent ce matin Matthieu Pigasse. Les membres de la commission s’intéressent notamment au rôle joué par des structures privées comme les fondations, les fonds ou les associations, dans les domaines démocratiques, culturel et éducatif.

Banquier d’affaires, investisseur dans les médias et ancien haut fonctionnaire, celui qui est parfois présenté comme un « Bolloré de gauche » a bâti une partie de sa notoriété sur une position singulière, celle d’un acteur majeur de la finance revendiquant des convictions de gauche.

 

L’événement est à suivre à partir de 11h00 sur les antennes de Public Sénat et en direct sur les réseaux sociaux.

12h19

Matthieu Pigasse se dit « intéressé » par la création d’un « spectacle vivant sur l’histoire de France »

En toute fin d’audition, Matthieu Pigasse a confié être par ailleurs « très intéressé » par le domaine du spectacle vivant. « Il y a à travers le territoire national un certain nombre de spectacles vivants, dont certains à grands succès. Nous, on s’interroge en tant que média sur est-ce qu’on n’a pas intérêt, vocation, à organiser des spectacles vivants autour de l’histoire de France », a estimé Matthieu Pigasse en faisant référence au Puy-du-Fou.

« On veut éviter la cannibalisation de l’histoire de France par certains. On pense qu’elle appartient à toutes et à tous », a ajouté Matthieu Pigasse, en en profitant même pour formuler un « appel à candidature » aux collectivités locales « qui voudraient accueillir un spectacle vivant sur l’histoire de France. »

12h10

La future Fondation Combat n’aura « aucun rôle politique »

La sénatrice socialiste Colombe Brossel a estimé que le projet de Fondation Combat se trouvait « exactement » au cœur des travaux de la commission d’enquête. Évoquant les avantages fiscaux liés au mécénat, elle a souligné la nécessité d’examiner « la frontière entre ce qui est une stratégie d’influence des politiques publiques » et le soutien à des projets d’intérêt général. « Le sujet, il est bien celui-là », a-t-elle insisté, en demandant à Matthieu Pigasse comment il comptait garantir « l’indépendance et l’intégrité » des projets soutenus par sa future fondation.

Matthieu Pigasse a assuré que la future fondation n’aurait « aucun rôle politique » et qu’elle ne visait pas à obtenir des financements publics. « Je n’ai jamais rien demandé à l’État », a-t-il affirmé, expliquant que cette structure servirait avant tout à centraliser les actions de soutien déjà menées par son groupe auprès d’associations. Le propriétaire de Combat Media a également revendiqué la transparence de son engagement : « Je ne me cache pas. Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. »
12h01

Matthieu Pigasse annonce la création prochaine d’une Fondation Combat

Matthieu Pigasse a annoncé la création prochaine d’une fondation. « Nous avons déjà des activités d’aides via des dons », a-t-il expliqué, citant notamment le soutien apporté à l’association Banlieues Climat. « Nous allons créer une fondation pour centraliser et regrouper ces actions. Elle s’appellera la Fondation Combat », a-t-il précisé, indiquant que cette structure aurait vocation à rassembler les différentes initiatives déjà menées par le groupe.
Concernant Radio Nova, le propriétaire de Combat Media a relativisé les critiques formulées par d’anciens salariés. « Ça me fait sourire de lire des anciens de Radio Nova », a-t-il lancé, soulignant que les personnes qui s’expriment sont souvent celles qui ont quitté l’entreprise. Il a défendu l’existence de lignes éditoriales propres à chaque média et assumé que les festivals accompagnés par son groupe correspondent à son projet culturel. « Vous avez raison, il faut qu’ils soient dans notre ligne. On ne va pas acheter un festival de musique classique. Ce n’est pas ce que nous faisons », a-t-il affirmé.
Le directeur général de Combat Media, Emmanuel Hoog, a toutefois assuré que le groupe ne cherchait pas à transformer les événements qu’il accompagne. « Ce sont des festivals dont l’existence correspond à Combat, mais on ne change pas leur ligne. On leur demande de rester eux-mêmes », a-t-il déclaré.
11h52

« Nous sommes un peu le petit village gaulois d’Astérix au milieu des milliardaires conservateurs », répond Matthieu Pigasse

Le propriétaire du groupe Combat a d’abord répondu en insistant sur le fait qu’il était auditionné en tant que patron de médias, tandis que Pierre-Edouard Stérin l’était en tant que président d’une « Fondation du bien commun (moins les impôts communs) », a ironisé Matthieu Pigasse en faisant allusion à la résidence fiscale belge du milliardaire ultraconservateur. « Nous sommes des médias, avec une ligne assumée, tout ce que nous faisons est public », a-t-il insisté.

De manière plus générale, Matthieu Pigasse a tenté de mettre en évidence une asymétrie dans le milieu des médias et de la culture, qui ferait de l’action de Pierre-Edouard Stérin ou de Vincent Bolloré dans le secteur quelque chose de différent de la sienne. « Le grand sujet de la bataille culturelle, c’est la concentration. Il y a 5 ou 6 milliardaires conservateurs – ce n’est pas une injure – qui contrôlent 80, 85 ou 90 % des médias ! C’est là que la bataille culturelle est inégale. Et c’est pareil dans l’édition, la diffusion ou le cinéma. On est un peu le village gaulois d’Astérix », s’est défendu Matthieu Pigasse

11h47

Roger Karoutchi (LR) interpelle Matthieu Pigasse : « Pierre-Edouard Stérin est-il moins légitime que vous à soutenir des initiatives parce qu’il est de droite et vous de gauche ? »

Alors que le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard a été auditionné la semaine dernière par la commission d’enquête, Roger Karoutchi a fait la comparaison entre les deux milliardaires : « On a bien compris que vous ne passeriez pas vos week-ends avec M. Stérin. Mais vous dites tous les deux être des défenseurs de la diversité. Vous êtes un homme de gauche, lui de droite, personne ne cache que sa bataille est là. Considérez-vous que votre action est légitime et légale, mais pas la sienne ? Qu’il est moins légitime à soutenir des initiatives parce qu’il est de droite et vous de gauche ? »

Une manière pour le sénateur de faire le lien entre les deux auditions dont il dit ne pas avoir compris l’objectif. « Vous vous étonnez d’être convoqué à cette audition : moi aussi. Je ne vois pas bien ce que nous cherchons, ni par rapport à M. Stérin, ni par rapport à vous », a estimé Roger Karoutchi, déclenchant les protestations de la présidente de la commission d’enquête, Sonia de la Provôté (Union Centriste) : « Je propose qu’on fasse l’audition de la rapporteure et de la présidente de la commission dans ce cas. »

Sur un autre sujet, le sénateur des Hauts-de-Seine a confié avoir arrêté d’aller à Rock en Seine « ces dernières années », car c’était devenu « un peu compliqué », notamment à cause de sa fonction de président du groupe d’amitié France Israël au Sénat. « Il y avait un côté convivial, consensuel, jeune dynamique… ça l’est moins aujourd’hui. C’est pour ça que la région et le département ne soutiennent plus Rock en Seine », a-t-il expliqué.

11h38

Matthieu Pigasse dénonce la « pression de plus en plus grande » de collectivités locales sur les festivals

La rapporteure met ensuite le doigt sur les risques d’influence sur les festivals, dans une période où les subventions publiques sont sous pression, et où des acteurs privés viennent compenser ces baisses.
Matthieu Pigasse pointe des « pressions politiques », à travers une « volonté d’interférence dans la programmation » des festivals, ou encore « l’utilisation de subventions publiques pour exercer des pressions ». « Une évolution récente, qui date de quelques années, deux-trois ans, c’est une pression de plus en plus grande d’un certain nombre de collectivités locales, quelles qu’elles soient d’ailleurs — ville, département, parfois région — sur la programmation de nos festivals », a-t-il dénoncé.
Evoquant un phénomène de « cancel culture » venant « le plus souvent de la droite », le banquier d’affaires a assuré que « rien ne ferait reculer » le combat de son groupe, à savoir la bataille culturelle. Il a notamment cité les controverses l’an dernier autour de l’invitation du groupe de rap irlandais Kneecap à Rock en Seine.
« Sur Rock en Seine, on se retrouve face à un conseil régional qui a décidé de supprimer les subventions, également à We Love Green […] On voit bien effectivement que la subvention publique est liée de moins en moins à des critères culturels, et effectivement des critères politiques », considère Emmanuel Hoog. « On ne peut s’empêcher d’y voir une forme de vendetta politique », ajoute Matthieu Pigasse.
11h27

« Le groupe Combat, c’est un groupe de médias, au service de la culture, engagé dans que nous avons appelé la bataille culturelle », insiste Matthieu Pigasse

Interrogé sur l’existence d’une frontière ou non entre son engagement politique et les stratégies d’influence, y compris électorales, Matthieu Pigasse commence par souligner que les médias qu’il détient sont, par leur nature, des médias « engagés ».
« Le groupe Combat, c’est un groupe de médias au service de la culture, engagé dans ce que nous avons appelé, que vous avez appelé, la bataille culturelle », répond l’homme d’affaires, reconnaissant l’existence d’une ligne éditoriale. Emmanuel Hoog, directeur de la publication des médias détenus par Matthieu Pigasse, précise qu’à « aucun moment le groupe ne se fait écho des déclarations » de l’actionnaire. Il y a un « principe d’étanchéité totale et absolue », assure-t-il. L’ancien patron de l’Agence France Presse ajoute que les différents médias n’ont « pas été détournés de leur vocation », ni « de leur histoire ».
Matthieu Pigasse déclare également que les rédactions sont protégées par un principe d’indépendance éditoriale. « Les médias sont couverts d’une charte de déontologie ou d’éthique », précise son directeur général. « Ils appartiennent, de manière globale, à une certaine famille de pensée, certainement. A l’intérieur de celle-ci, il y a une extrême diversité de tons de propositions et de contradictions », complète Emmanuel Hoog.
11h22

Emmanuel Hogg, directeur général de Combat Média détaille les activités médias du groupe

Le directeur général de Combat Média est rentré dans le détail des activités médias du groupe de Matthieu Pigasse, qui se décline dans le « print » (Les Inrockuptibles), la radio (Radio Nova), l’audiovisuel (une vingtaine de documentaires par an) et l’événementiel (festivals comme Rock en Seine ou We Love Green). « Ce groupe est rentable et il n’est pas endetté », s’est empressé d’ajouter Matthieu Pigasse.

« Nos ressources sont des ressources de marché liées à l’activité et nos audiences. Il n’y a quasiment aucune subvention publique dans le groupe, qui est portée par une croissance d’audience tout à fait phénoménale : + 40 % dans le print, + 300 % sur la radio et + 4000 % sur le podcast par exemple », a développé Emmanuel Hogg.

11h15

Matthieu Pigasse se dit « heureux » mais aussi « étonné » d’être auditionné devant le Sénat

En ouverture de son audition devant la commission d’enquête sénatoriale, Matthieu Pigasse a affirmé être à la fois « très heureux » et « étonné » de comparaître devant les sénateurs. « Nous avons toujours été à la disposition de la représentation nationale », a déclaré le banquier d’affaires, estimant que répondre aux questions des parlementaires relevait d’« un devoir démocratique et d’une exigence démocratique ». Le propriétaire de Combat Media a également souligné qu’il était présent « en personne » devant la commission, dans une allusion au milliardaire Pierre-Édouard Stérin, qui avait refusé de se présenter à plusieurs convocations parlementaires. « Je suis heureux d’être là physiquement et de répondre à vos questions », a-t-il insisté.
Matthieu Pigasse s’est par ailleurs dit surpris que son groupe soit auditionné. « Nous sommes le seul groupe de médias à avoir été invité à vous répondre », a-t-il affirmé, relevant que les actionnaires d’autres grands groupes audiovisuels et de presse n’avaient pas été convoqués.
Dans son propos liminaire, l’homme d’affaires a défendu la vocation de Combat Media, qu’il présente non comme une structure de mécénat mais comme « un groupe de médias au service de la culture ». Selon lui, la culture constitue à la fois « un droit fondamental », « un instrument essentiel d’émancipation » et un moyen de développer « l’esprit critique ». « L’objet du groupe Combat est de donner à chacun les moyens de comprendre le monde, d’y trouver sa place et de contribuer à le transformer », a-t-il expliqué, décrivant son entreprise comme « un refuge pour les artistes, les journalistes, les humoristes et les créateurs ».
Le milliardaire a également revendiqué un engagement personnel de longue date en faveur de la liberté d’expression, de l’indépendance éditoriale et de la diversité. « J’ai construit ce groupe seul, j’en suis le seul actionnaire », a-t-il assuré, précisant n’avoir « jamais retiré un euro de rémunération », « ni salaire, ni dividendes ». « Je le fais par engagement citoyen », a-t-il conclu avant de céder la parole au directeur général du groupe, Emmanuel Hoog.
11h10

L’audition commence

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