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Guerre Iran/ Etats-Unis : que sait-on de l’accord signé pour cesser les hostilités ?

Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à rouvrir immédiatement le détroit d'Ormuz et, dans le cadre de futures négociations, à diluer son uranium enrichi en échange de la levée des sanctions internationales.
Caroline Deschamps

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La signature était initialement prévue à Genève. Le protocole d’accord, qui prévoit la cessation immédiate des hostilités et inclut le front libanais, a finalement été signé, chacun de son côté par Donald Trump, en visite en France, et paraphé côté iranien par le président Massoud Pezeshkian.

« Je viens de le signer », a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l’on voit le républicain signer l’accord aux côtés de son homologue français Emmanuel Macron, le pouce levé et sourire aux lèvres.

« Le président Trump a signé ce soir à Versailles l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis. Cet accord ouvre la voie à une paix durable et permet la réouverture du détroit d’Ormuz », a affirmé Emmanuel Macron dans une vidéo publiée sur son compte X.

Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a indiqué que le texte avait été paraphé par le président Massoud Pezeshkian.

 

Réouverture du détroit d’Ormuz

 

Cette signature signifie que le détroit d’Ormuz sera « instantanément » rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin « immédiatement », a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale.

Sur les marchés pétroliers, les prix ont continué de refluer. Vers 5 heures 30 GMT jeudi, le cours du baril de WTI nord-américain reculait de 2,81 % à 74,63 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, se repliait de 2,40 % à 77,64 dollars.

Shehbaz Sharif a par ailleurs indiqué qu’une cérémonie aurait bien lieu vendredi en Suisse pour « commémorer cet événement marquant et donner le coup d’envoi des discussions techniques ».

« Cet accord acte l’échec des Etats-Unis » face à l’Iran, a déclaré mercredi soir le chef de l’équipe de négociation iranienne, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de « grande victoire » pour l’Iran, qu’il a remercié d’avoir insisté pour y inclure le front libanais.

Dans un message télévisé, il a appelé à « tirer profit » de cet accord pour « expulser Israël » du Liban. Le chef du Hezbollah a également appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l’égide de Washington.

Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était « indépendant » de l’accord américano-iranien.

L’armée israélienne a annoncé jeudi qu’un de ses soldats avait été tué et sept autres blessés la veille dans des combats dans le sud du Liban, région dont une grande partie est occupée par Israël.

Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à Téhéran. Israël a riposté par des bombardements massifs qui ont fait plus de 3.800 morts, selon les autorités libanaises, et une offensive terrestre dans le sud du pays, où ses troupes occupent une partie du territoire. Du côté israélien, 31 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban depuis le début de la guerre.

 

Deux mois pour négocier

 

Le texte du protocole d’accord, lu mercredi par un haut responsable américain à des journalistes, prévoit que les Etats-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s’engagent également à lever l’ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d’un accord définitif, au terme d’une période de négociations de 60 jours.

Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d’un mécanisme permettant de traiter les stocks d’uranium iraniens « en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) », a souligné ce responsable, voulant y voir une « victoire majeure » pour Washington.

Les Etats-Unis s’engagent par ailleurs, en cas d’accord définitif, à faciliter « avec leurs partenaires régionaux », notamment du Golfe, le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.

L’Iran a publié mercredi le texte de l’accord, via l’agence de presse gouvernementale Irna.

Les pays membres du G7, réunis en France pour un sommet, ont salué dans une déclaration commune « une opportunité historique d’empêcher l’Iran d’acquérir toute arme nucléaire et de s’attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques ».

 

(Avec AFP)

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