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« La politique n’est pas mon monde » : Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, confirme qu’elle va remettre sa démission

Dans un long post sur son compte LinkedIn, la ministre de la Transition écologique estime que les dispositions relatives aux pesticides dans la loi d’urgence agricole constituent « le recul environnemental de trop ». Elle rappelle que les études scientifiques continuent d’alerter sur les effets des produits phytosanitaires sur la santé.
Romain David

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La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a annoncé mercredi qu’elle « présenterai (t) » sa « démission au Président de la République aujourd’hui ». Cette annonce fait suite à l’adoption définitive par le Parlement du projet de loi d’urgence agricole, et du maintien dans la copie finale du texte d’une mesure controversée sur les pesticides à laquelle elle s’opposait.

« Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure, pourtant souhaitée également par les députés », a-t-elle écrit dans un message publié sur LinkedIn, estimant que « ce revirement constitue […] le recul environnemental de trop ».

« Je l’ai souvent dit : la politique n’est pas mon monde », écrit l’ancienne présidente de WWF France qui estime « ne plus disposer des moyens » pour mener sa politique.

Le Parlement a entériné mardi le projet de loi d’urgence agricole du gouvernement, qui comporte notamment la réintroduction, à titre dérogatoire, de deux pesticides autorisés dans l’UE mais interdits en France. Le texte donne la possibilité au gouvernement, sur avis de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), de réintroduire sous condition l’acétamipride et le flupyradifurone pour quatre filières en difficulté, dont celles des noisettes et de la betterave sucrière.

Le camp présidentiel divisé

« En 2016, la France a fait le choix d’interdire l’acétamipride au nom du principe de précaution, sur la base des expertises scientifiques disponible. […] Dix ans plus tard, loin d’avoir dissipé les inquiétudes, les études scientifiques continuent d’alimenter les doutes sur ses effets pour la santé humaine et l’environnement, » fustige Monique Barbut. « Dans ces conditions, le principe de précaution n’a rien perdu de sa pertinence : il s’impose plus que jamais », ajoute-t-elle.

Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, la résurgence de cette option sème toujours la controverse. Des députés du camp gouvernemental avaient suggéré lundi à l’exécutif de la faire retirer par amendement, ce que le gouvernement a refusé au risque de fracturer ses soutiens.

Diplômée de l’Institut des hautes études internationales de l’Université Panthéon-Assas, Monique Barbut a été présidente de l’ONG environnementale WWF France, après avoir occupé le poste de secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies (ONU) sur la lutte contre la désertification.

Elle avait déjà mis sa démission en jeu en janvier avant de gagner l’arbitrage gouvernemental concernant la réintroduction des projets de recherche d’hydrocarbures dans certains territoires ultramarins. Sur les budgets alloués à son ministère, Monique Barbut, connue pour son franc-parler, avait également menacé de partir. « Moi, ce que je veux, ce sont de vrais budgets pour l’adaptation et le Fonds vert », avait-elle répété. Sans éviter de nouvelles coupes, elle a obtenu le maintien d’un niveau de financement qu’elle jugeait nécessaire.

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