Elle sera restée neuf mois et neuf jours en poste. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, devrait présenter sa démission du gouvernement d’ici le prochain Conseil des ministres, mercredi 22 juillet, selon les informations de plusieurs médias, dont Le Monde, franceinfo et BFMTV, citant l’entourage de la ministre. Cette décision intervient dans la foulée de l’adoption définitive par le Parlement du controversé projet de loi d’urgence agricole.
Depuis plusieurs jours la rumeur sur une éventuelle démission allait bon train. Les choses se sont accélérées après le vote mouvementé de l’Assemblée nationale, dans la nuit de lundi à mardi, le gouvernement ayant finalement renoncé, comme le réclamaient certains élus du bloc central, à présenter des amendements de suppression des dispositions relatives à la réautorisation de certains pesticides interdits. L’ancienne présidente de WWF France ne faisait guère mystère de son opposition à ces dérogations, introduites par la majorité sénatoriale de droite et du centre. Le parcours législatif du texte s’est achevé ce mardi en fin d’après-midi, après un dernier vote du Sénat.
Un peu plus tôt, Monique Barbut a été reçue à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Elle a par ailleurs annulé un point presse prévu dans la journée sur les feux de forêt. « Qu’on démissionne sur un arbitrage gouvernemental qu’on perd, on peut en débattre, qu’on démissionne sur un vote au Parlement qui ne va pas dans notre sens, c’est, à mon avis, un peu plus complexe », avait commenté dans la matinée, au micro de France 2, Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, refusant alors de confirmer le départ de la ministre.
Une ministre isolée
Notons que ces dernières semaines, Monique Barbut a été l’une des cibles privilégiées des oppositions. À de nombreuses reprises, lors des séances de questions d’actualité à l’Assemblée et au Sénat, elle s’est vue reprocher le manque d’envergure de la politique climatique et environnementale du gouvernement ces dernières années, notamment la baisse des moyens alloués au Fonds vert, alors que la France enchaîne les vagues de chaleur record depuis la fin mai.
Fin juin, sur la question de la climatisation, la ministre s’était dite « horrifiée » par l’idée d’une généralisation, telle que défendue par certains partis politiques comme le Rassemblement national, alors que la France est l’un des pays d’Europe les moins équipés en la matière. « Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter à une culture de ne pas exister ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien », avait-elle taclé.