Le duel entre deux finalistes n’est pas toujours de rigueur au second tour d’une élection. Ce dimanche 15 mars, les électeurs français seront appelés à voter pour le premier tour des élections municipales. Pour les villes qui n’auront pas de gagnant, un second tour se tiendra une semaine plus tard, le 22 mars, avec la possibilité d’avoir trois, quatre ou cinq candidats. Ce phénomène devrait être particulièrement marqué cette année ; comme nous vous l’expliquions dans cet article, la fragmentation politique, avec la forte poussée du Rassemblement national et de La France insoumise aux dernières législatives, laisse présager d’un nombre record de listes susceptibles de se qualifier.
Les règles du scrutin municipal ne sont pas celles de la présidentielle, où seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent participer au second tour. Dimanche, il s’agit d’un scrutin de liste, proportionnel, et à deux tours. Si aucune liste n’a rassemblé la majorité des suffrages exprimés dès le premier tour, toutes les listes ayant recueilli plus de 10 % des voix ont la possibilité de se maintenir au second.
On parle de triangulaire lorsque trois listes sont au second tour, de quadrangulaire pour quatre listes, de quinquangulaire pour cinq listes et même de sexangulaire pour les scénarios à six listes ! Ce dernier cas de figure est rarissime : il faut remonter à 2014, dans la petite commune tahitienne de Taiarapu-Est Faaone, où six listes sur sept avaient réussi à franchir la marche du premier tour pour seulement cinq sièges à pourvoir au conseil municipal !
Désistements et fusions de listes
Néanmoins, il est important de rappeler que le nombre de listes qualifiées à 20 heures, le soir du premier tour, ne correspond pas forcément au nombre de listes qui seront bel et bien présentes au second tour le dimanche suivant. En effet, le jeu des fusions de listes et des désistements, par exemple dans le cadre d’un « barrage républicain » contre l’extrême droite, entraîne bien souvent une réduction du nombre effectif de candidatures. Par ailleurs, les listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages au premier tour sont autorisées à fusionner avec les listes ayant fait plus de 10 %.
La date limite du dépôt de candidature pour le second tour est fixée le mardi 17 mars à 18 heures. Ce qui laisse aux forces politiques deux jours de négociations et de tractations. Il faudra donc attendre le milieu de semaine pour y voir plus clair sur la composition précise des seconds tours.
En 2020, on avait compté 785 triangulaires, 156 quadrangulaires et seulement 12 quinquangulaires. Mais rappelons que dans près de 85 % des cas, le premier tour avait suffi à élire les membres du conseil municipal. Ce qui devrait être encore le cas cette année, d’autant que dans 68 % des communes, une seule liste est candidate.