Politique
Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, est revenu sur sa suspension de LR après avoir intégré le gouvernement. Une suspension qu’il interprète comme une exclusion.
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Par Henri Clavier
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« Des millions de Français font face à une crise sans précédent. On n’est pas là pour se faire plaisir, on est là pour résoudre la crise », explique le ministre du logement, Vincent Jeanbrun qui défendra prochainement un projet de loi sur le sujet au Parlement. En pleine crise du logement, le texte cherche à stimuler la construction de logements, Sébastien Lecornu avait fixé un objectif de construction de 2 millions de logements supplémentaires d’ici à 2030.
Au-delà de la construction de nouveaux logements, la rénovation sera au centre de propositions avec notamment une réforme de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU). Surtout, comme annoncé par le premier ministre, le projet de loi permettra de relouer les logements classés F et G au diagnostic de performance énergétique. « Ce sont des millions de nos concitoyens qui peuvent se retrouver sans logement. Il y a un enjeu majeur, c’est de réaliser réellement la transformation de ces logements », défend le ministre.
Cette disposition acte un tournant majeur pour près de 700 000 logements considérés comme des passoires thermiques. En effet, les logements classés G sont déjà concernés par l’interdiction à échéance du bail et à partir de 2028 pour les logements classés F. L’ancien maire de L’Haÿ-les-Roses se défend de tout renoncement et assure que « l’objectif c’est qu’à terme les logements soient rénovés » et que le gouvernement va « travailler les garde-fous avec les parlementaires ». Par ailleurs, « le juge pourra sanctionner soit en actant une réduction de loyer soit en ordonnant les travaux » si le propriétaire ne respecte pas ses engagements de rénovation du logement classé F ou G explique Vincent Jeanbrun.
Par ailleurs, le ministre s’est réjoui d’une tendance à l’augmentation de la construction de logements. « C’est une tendance, mais qui reste évidemment faible et ce qui se passe au Moyen-Orient peut avoir des conséquences importantes », tempère Vincent Jeanbrun. Enfin, si l’ancien maire défend le renforcement du pouvoir de décision des élus locaux en matière de logement, ce dernier précise que le projet de loi ne contient pas de disposition sur l’objectif de Zéro artificialisation nette. « Dans ce périmètre du projet de loi, on ne touche pas au ZAN. On reconstruit plutôt la ville sur la ville pour éviter d’aller consommer des terres agricoles ou des paysages naturels », affirme Vincent Jeanbrun qui confirme néanmoins son intérêt pour étudier la proposition de loi sénatoriale sur la remise en cause de cet objectif.
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