« Nous regardons les sondages, mais nous n’en faisons pas une fixette », tempère Naïma Moutchou, ministre des Outre-Mer et soutien d’Édouard Philippe dans la course à la présidentielle. Il faut dire que quand ils étaient meilleurs pour l’ancien Premier ministre, dans le sillage de sa victoire au Havre, les parlementaires Horizons observaient la même prudence.
Alors qu’Édouard Philippe progressait de 4 points entre novembre 2025 et mars 2026 pour atteindre 21 % des intentions de vote au premier tour, son entourage avait notamment confié à Public Sénat : « Je l’ai trouvé extrêmement serein et calme par rapport aux sondages. C’est un homme aguerri de tous ces sujets-là. Les sondages, ça va, ça vient. C’est un peu aléatoire. Je ne l’ai pas du tout trouvé dans le triomphalisme d’être en tête dans les sondages de second tour. »
« Plusieurs candidats, ça s’est déjà vu »
Une prudence qui paraît rétrospectivement clairvoyante, puisque trois mois plus tard, le candidat d’Horizons est retombé à son niveau précédent (17 %) et ses soutiens temporisent. « Ce qui nous intéresse c’est le projet et d’aller de l’avant. Nous allons tenir un grand meeting le 5 juillet. Les sondages sont assez secondaires pour nous », défend notamment Naïma Moutchou. Alors que les sondeurs voient dans cette chute les conséquences de l’ouverture d’une information judiciaire par le Parquet national financier, la ministre estime qu’Édouard Philippe est « très serein sur le sujet », « réfute la totalité des accusations dans cette affaire » et espère pouvoir « très rapidement s’expliquer devant la justice. »
Horizons défend ainsi une campagne de terrain de son candidat, actuellement en déplacement à Kiev et qui tiendra un meeting à l’Adidas Arena à Paris le dimanche 5 juillet prochain. « Ce qui nous importe c’est de dire quel est le projet d’Édouard Philippe, et quelle est sa méthode. Les Français lui reconnaissent une forme de cohérence », veut croire Naïma Moutchou, alors que plusieurs candidats (Gabriel Attal, Bruno Retailleau) se positionnent sur l’espace politique du « bloc central. »
« Plusieurs candidats, ça s’est déjà vu, chacun se projette sur 2027 avec sa propre stratégie », estime la ministre des Outre-mer. « Dans une perspective de rassemblement de la droite et du centre, s’il n’y a qu’un candidat à la fin, ça sera Édouard Philippe », veut-elle croire. « Il a un ancrage territorial, un parti, une équipe et une vraie réflexion. Cela fait quelques atouts, tout de même. »