Une première depuis 2022. Le lundi 9 mars, le prix du baril de pétrole a augmenté de 30 % et s’est approché brièvement des 120 dollars, déboussolant les marchés du monde entier. L’origine de ces perturbations est liée à la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, pays côtier, depuis le début du conflit avec les Etats-Unis et Israël. Le régime des mollahs porte un coup de très forte résonance pour l’économie mondiale. En France, Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, a tenu à clarifier, et surtout à rassurer, la population sur l’embrasement des prix à la pompe.
« Le gouvernement est à l’action depuis le déclenchement de la crise. Il y a un suivi effectué par le ministère de l’Economie tous les jours », déclare-t-il le mardi 10 mars dans l’émission Bonjour chez vous. Hier, Roland Lescure, ministre de l’Economie, a tenu une réunion extraordinaire avec les ministres des Finances du G7 pour instaurer une stratégie commune. « On a envoyé des signaux d’apaisement sur les marchés. Il faut dire à la spéculation de se calmer et que les prix à la pompe vont redescendre », rapporte Sébastien Martin, annonçant qu’une nouvelle réunion est programmée aujourd’hui.
« Ne pas réagir de manière épidermique »
Dans la nuit du lundi 9 mars au mardi 10 mars, Donald Trump a promis une guerre « quasiment » finie avec l’Iran, rassurant ainsi les marchés. Le G7 s’est indiqué prêt à utiliser ses réserves stratégiques de pétrole en cas de crise pérenne. Des annonces qui ont provoqué un effet d’apaisement sur les prix à la pompe. Aujourd’hui, le prix du baril est descendu sous le seuil des 100 dollars par baril. « Il n’y a pas de risque de pénurie, répète Sébastien Martin. La France a des stocks d’approvisionnement pour quatre mois sur l’ensemble du territoire. Ces stocks peuvent être utilisés, mais ce n’est pas encore d’actualité. »
Avec ces déclarations, le ministre délégué chargé de l’Industrie cherche à ôter les inquiétudes des particuliers, mais également des professionnels. Car le détroit d’Ormuz permet en outre le transit des matières premières tels que les engrais, indispensables pour les agriculteurs, et des composants nécessaires pour la fabrication de pièces industrielles. Pour l’heure, Sébastien Martin remercie le « calme » dont font preuve les filières industrielles et projette de les « approvisionner » si la crise devait perdurer. « Il faut regarder les choses sereinement. S’il y a des mesures ciblées à prendre dans l’avenir c’est ok, mais il ne faut pas réagir de manière épidermique », commente-t-il.
La libération espérée du détroit d’Ormuz
L’ancien député LR revient sur les contrôles exceptionnels dans les stations-services ordonnés hier par Sébastien Lecornu. L’objectif de ce plan gouvernemental étant d’éviter des « hausses abusives des prix à la pompe ». Sébastien Martin se montre rassurant : « Il n’y a rien à signaler et les distributeurs jouent le jeu. Si on remarque des brebis galeuses, il faudra les punir ». Ce matin, le ministre du Commerce, Serge Papin, a lui indiqué qu’environ 6 % des stations-services contrôlées seront sanctionnées.
Malgré ces messages d’accalmie, « libérer le détroit d’Ormuz le plus vite sera le mieux », rappelle Sébastien Martin. Épicentre de ces bouleversements financiers, il doit « être sécurisé par les partenaires européens, le G7 et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ». Cependant, le ministre tempère sur les manœuvres militaires à déployer, soutenant qu’on ne « sécurise pas le détroit en 24 heures » et qu’une « forme de coalition avec les autres pays est une bonne solution ».