Medecin Generaliste nouvelle grille tarifaire
Crédit : SYSPEO/SIPA/2311221729

Maladie de Charcot : un texte au Sénat pour mieux prendre en charge les personnes atteintes

La proposition de loi, déposée par la droite sénatoriale, souhaite instaurer « une procédure dérogatoire devant la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) », ainsi que « l’ouverture de la prestation de compensation du handicap à toutes les personnes atteintes, quel que soit leur âge ». Objectif ? « Faciliter et améliorer l’accès aux aides des personnes atteintes de la maladie ».
Alexis Graillot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Elle constitue une angoisse pour bon nombre de personnes, tant son espérance de vie après diagnostic, est limitée. La « maladie de Charcot », ou en ses termes scientifiques, la sclérose latérale amyotrophique (SLA), est « une maladie neurodégénérative rare due à une dégénérescence progressive des motoneurones ». Maladie particulièrement invalidante, « les activités simples de la vie quotidienne deviennent progressivement difficiles ou impossibles ».

Le texte, largement adopté en commission, souhaite « améliorer la prise en charge sociale des maladies évolutives graves telles que la SLA » et « faciliter l’accès aux aides et aux accompagnements ».

Des « multiples handicaps »

Il faut dire que si la « maladie de Charcot » reste relativement « rare », elle n’est pas non plus résiduelle. « 1700 nouveaux cas » sont ainsi diagnostiqués tous les ans, soit « 4 à 5 nouveaux cas par jour ». En France, ce serait environ 7000 personnes qui seraient atteintes de la maladie, avec une répartition relativement inégalitaire. Ainsi, ce sont 56 % d’hommes et 44 % de femmes touchées par le mal, avec une espérance de vie relativement faible : après diagnostic, celle-ci est en moyenne de 2 ans, seulement 20 % des personnes atteintes ayant une espérance de vie supérieure à 5 ans.

Les symptômes de la maladie génèrent un véritable handicap au quotidien : « La SLA se caractérise par un affaiblissement progressif des muscles des jambes et des bras, des muscles respiratoires ainsi que des muscles de la déglutition et de la parole », explique le rapport, qui précise que « de multiples formes de handicap apparaissent ainsi au fil de l’évolution de la maladie ».

De nombreux freins à la prise en charge

Pour autant, la prise en charge de la maladie n’est guère aisée, en raison du caractère relativement personnel du développement des symptômes : « La chronologie et le rythme de progression de l’atteinte motrice sont spécifiques à chaque patient, ce qui empêche toute anticipation des besoins de compensation du handicap », expliquent les sénateurs, phénomène qui entraîne « des procédures en décalage avec la temporalité de la maladie ». « Qu’il s’agisse de l’ouverture des droits ou de leur actualisation, les délais de traitement des demandes apparaissent, de manière générale, difficilement compatibles avec une maladie aussi rapidement évolutive ». En effet, les chiffres de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ne sont guère rassurants, les personnes atteintes devant attendre en moyenne 6 mois avant de voir leur demande de PCH (prestation de compensation du handicap) traitée. Et ce en dépit, des procédures d’urgence qui existent, dont les sénateurs précisent qu’elles restent « très inégalement appliquées ».

Autre frein majeur : l’âge. En effet, le versement de la PCH est limité de manière générale pour les personnes ayant moins de 60 ans, hormis celles dont le diagnostic a été posé avant cet âge fatidique. Au-delà de 60 ans, c’est l’allocation d’autonomie personnalisée (APA) qui prend le relais, mais cette dernière « couvre difficilement les nombreuses aides techniques dont ce dernier a besoin ». Problème : 79 % des patients touchés par la « maladie de Charcot » ont 60 ans et plus.

« Faciliter et améliorer l’accès aux aides »

Pour répondre à ces difficultés, la proposition de loi institue « une procédure dérogatoire devant la MDPH », qui permettra d’accélérer la prise en charge des patients, notamment en permettant aux dossiers des personnes atteintes, d’« être traités en partenariat avec les centres de référence maladies rares chargés du suivi des personnes concernées ».

En outre, au regard de la moindre prise en charge de la maladie en cas de diagnostic après l’âge de 60 ans, le texte propose d’« introduire une exception à la barrière d’âge de 60 ans pour le bénéfice de la PCH ». « La différence de traitement entre les personnes dont la maladie est diagnostiquée avant 60 ans et celles dont la maladie se déclare après cet âge a des répercussions directes sur les conditions de vie des patients et sur leurs choix thérapeutiques », précise le texte, qui souhaite ainsi « la suppression de cette iniquité ».

La proposition de loi sera débattue ce lundi 10 juin dans la chambre haute, et devrait sans nul doute, aboutir à un large consensus transpartisan.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Maladie de Charcot : un texte au Sénat pour mieux prendre en charge les personnes atteintes
4min

Santé

Cancers : le péril jeune

Le nombre de nouveaux cas de cancer d’apparition précoce dans le monde a bondi de près de 80% en moins de 30 ans. En France, la tendance est la même. Alors comment expliquer ce phénomène ? Que fait-on pour endiguer l’explosion de cancers chez les moins de 50 ans ? Au Sénat, la sénatrice centriste du Calvados Sonia de la Provôté a rédigé une proposition de loi pour créer un registre national des cancers. Inexistant jusqu’à présent en France, ce nouveau registre national va permettre de recenser de manière exhaustive les cas de cancers, d’améliorer le dépistage et la prise en charge des patients.

Le

2025 51st Berlin Marathon, Berlin, Berlin, Germany – 21 Sep 2025
6min

Santé

Science dans le sport : l’essor des technologies au service des athlètes

L’imbrication de la science dans les pratiques sportives, en particulier de haut niveau, tend à s’accentuer pour optimiser la performance des athlètes. L’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques recommande d’approfondir ces investissements technologiques, tout en alertant sur le risque d’externalités néfastes, entre inégalités sociales et impacts sur la santé des sportifs.

Le

Antiacide GAVISCON
6min

Santé

Doublement du plafond des franchises médicales et baisse des remboursements de la Sécu : qui est concerné et que vont payer les assurés ?

La ministre de la Santé annonce une série de mesures pour contenir les dépenses de l’Assurance maladie, notamment la hausse du plafond annuel des franchises médicales et la baisse du taux de remboursement de certains médicaments. Matignon fait valoir des mesures ciblées, qui pour certaines devraient être absorbées par les complémentaires santé. Explications.

Le

France Heat Wave Hot Hospitals
3min

Santé

5 764 morts en excès constatés pendant la canicule de juin : « Une intensité qui dépasse celle d’août 2003 », selon Santé publique France

Du 17 juin au 2 juillet dernier, la France a connu un épisode caniculaire exceptionnel. Santé publique France a publié aujourd’hui « les décès en excès » enregistrés durant cette période, même si l’agence précise que ce bond de la mortalité « toutes causes » ne peut pas encore être imputé avec certitude à la chaleur.

Le