« On a tiré les leçons de 2026, on essaye de construire un budget équitable », assure Françoise Gatel, la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Alors que les débats ont débuté hier soir dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le gouvernement vise un retour à un déficit public de 5 % du PIB en 2027 et plus de 50 milliards d’euros d’économies.
Une ponction prévue pour 14 000 collectivités
Logiquement, le budget des collectivités territoriales fait partie des dépenses concernées pour atteindre l’objectif de réduction du déficit. « Nous allons permettre aux collectivités de bénéficier d’une augmentation de recettes naturelles au niveau de l’inflation et ensuite on va demander une contribution progressive » pour 14 000 collectivités, explique Françoise Gatel. Concrètement, cette ponction sur le budget des collectivités territoriales devrait rapporter, selon le gouvernement, 2,5 milliards d’euros. Pour l’heure, 40 % des communes et 60 % des départements sont concernés, les départements d’outre mer et régions ne sont pas touchés par le dispositif.
A noter que si la contribution repose sur les mêmes principes que le Dilico, mis en place l’année dernière pour les mêmes raisons, son champ d’application devrait être plus large. Pour calculer le montant de la contribution, le gouvernement prévoit de s’appuyer d’une part sur le potentiel financier par habitant et d’autre part sur le niveau de revenu des habitants de la collectivité. Par ailleurs, d’autres efforts sont demandés aux collectivités pour atteindre un total de 5,4 milliards d’euros d’économies.
« Nous ne sommes pas dans le temps de l’argent facile »
Malgré le rejet des associations d’élus locaux de ces coupes budgétaires, Françoise Gatel défend ses choix. « Je fais une fixation sur une situation qui est celle de la nation », assure la ministre. « Nous ne sommes pas dans le temps de l’argent facile, il nous faut définir des dépenses prioritaires et lisser les choses. Il y a des dépenses sur lesquelles il faut encourager les mutualisations », martèle la ministre.
En dépit des objectifs de réduction du déficit public, la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation rejette catégoriquement les pistes proposées par le RN. Notamment celle concernant la suppression des intercommunalités, qui selon ces derniers, pourrait rapporter 8 milliards d’euros. « La proposition du RN n’est pas sérieuse. C’est trop réducteur pour être pertinent », balaye Françoise Gatel.