Comme chaque versant de la dépense publique, les collectivités locales contribuent à l’effort dans le budget 2026. Sans la mobilisation du Sénat, la note aurait pu être plus douloureuse. Alors que l’État freine à nouveau la dépense pour compenser les surcoûts dus à la crise du Moyen Orient, les élus locaux redoutent de passer une nouvelle fois de passer à la caisse et de composer dans un cadre plus contraint. Le sujet monte au sein des associations d’élus, et parmi les parlementaires suivant de près ces questions.
« Je devine et je comprends que le gouvernement pourrait vouloir leur réserver un mauvais sort. Donc j’invite le gouvernement à être extrêmement prudent et à ne pas vouloir déclarer une guerre aux collectivités territoriales », prévient le rapporteur général de la commission des finances, Jean-François Husson, dans un entretien sur notre antenne.
« Elles ont déjà donné, on sait qu’il y a un effort collectif à conduire, on le fait, mais j’alerte officiellement le gouvernement sur le risque qu’il prendrait à vouloir jouer un combat inutile avec les collectivités locales. Si on veut se retrousser les manches et se rassembler pour construire des efforts, ce n’est pas en attaquant frontalement les collectivités locales », poursuit-il.
« On ne pourra pas vivre d’expédients qui sont finalement des paravents »
Le sénateur de Meurthe-et-Moselle se montre par ailleurs inquiet des arbitrages faits par le gouvernement pour rester dans l’épure du budget 2026. Deux milliards d’économies sur la Sécurité sociale au travers du gel du barème des allègements généraux de cotisations patronales, et quatre de gels et d’annulations sur le budget de l’État. « Sur les dépenses sociales, ce ne sont pas des économies, ce sont deux milliards d’impôts supplémentaires que vont supporter les entreprises », alerte Jean-François Husson. Côté dépenses de l’État, « ce ne sont pas que des crédits de paiement de l’année, ce sont des autorisations d’engagement. En clair, une partie seulement de ces 4 milliards vont commencer à être mis en œuvre en 2026. Donc le compte n’y est pas », ajoute-t-il.
Favorable comme d’autres au dépôt d’un projet de loi de finances rectificative, le sénateur lorrain prévient qu’on ne « pourra pas vivre d’expédients qui sont finalement des paravents ». Or, le bon respect de la trajectoire prévue pour 2026 est capital pour préparer au mieux le budget 2027, dont l’examen s’annonce complexe en raison des échéances électorales. « Sinon, je crains un débat de projet de loi de finances 2027 qui sera vraiment mission impossible », redoute le sénateur.