French Olympic Delegation Returns with the Olympic Flag in Albertville
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La ville de Lyon préférée à Nice pour les JO 2030 : « Compte tenu des choix faits par le maire de Nice, ça ne pouvait pas fonctionner », constatent les sénateurs

Après plusieurs semaines d’hésitations, le COJOP a choisi la ville de Lyon, au détriment de Nice, pour accueillir les épreuves sur glace des Jeux olympiques d’hiver de 2030. Le maire de Nice, Éric Ciotti, s’opposait à l’utilisation du stade de l’OGC Nice pour les épreuves et dénonce une « décision politique » tandis que les sénateurs reconnaissent l’impossibilité d’organiser les épreuves à Nice dans ces conditions.
Henri Clavier

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« Cette décision est politique. Elle est le résultat de manœuvres, de pressions et d’intérêts qui ont prévalu sur l’intérêt des Niçois » a déclaré le maire de Nice Éric Ciotti, vendredi 29 mai, après la décision du Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (Cojop) d’organiser les épreuves de sports de glace à Lyon plutôt qu’à Nice. Alors que la ville azuréenne devait accueillir les épreuves sur glace ainsi que la cérémonie de clôture au sein du stade de football de l’OGC Nice, l’élection municipale a totalement rebattu les cartes. C’est d’ailleurs depuis le stade de l’Allianz Riviera, où il assistait au match de barrage de l’OGC Nice, et accompagné de Jean-Pierre Rivère son adjoint et ancien président du club, qu’Éric Ciotti a pris la parole.

Lors de la campagne qui l’opposait à son meilleur rival et ancien maire de Nice, Christian Estrosi, Éric Ciotti avait promis de s’opposer au projet. D’abord parce que l’organisation aurait privé l’OGC Nice de 3 à 6 matchs dans son enceinte et ensuite car le projet aurait coûté 80 millions d’euros pour aménager le stade.

Règlement de compte entre Éric Ciotti et Renaud Muselier

Rapidement, l’édile de Nice a accusé le président de la région Provence Alpes Côte d’Azur d’avoir « voulu tuer l’OGC Nice » ou encore de s’être « vendu pour que les JO soient à Lyon ». Jordan Bardella lui a rapidement emboîté le pas de son allié en s’interrogeant sur X si la décision du Cojop n’était pas une « sanction politique » contre Éric Ciotti. Progressivement, la polémique a enflé provoquant plusieurs départs au sein de la majorité de Renaud Muselier au Conseil régional. Trois élus régionaux, également maires, ont ainsi quitté la majorité en mettant en cause la gestion du dossier par le candidat aux élections sénatoriales.

Pour Renaud Muselier, ces départs s’expliquent davantage par les menaces exercées par l’équipe d’Éric Ciotti sur les élus en question que par la perte de l’organisation des épreuves sur glace par la ville de Nice. « Monsieur Ciotti a gémi, il est parti pour expliquer qu’il était victime d’un complot. Donc il est allé pleurer chez Monsieur Bardella qui s’en est mêlé tout de suite pour essayer d’aller mettre en difficulté ma majorité », a expliqué le président de région à l’occasion d’une conférence de presse ce lundi 1er juin. « Je refuse que l’on banalise ce qui vient de se produire », continue l’élu qui ne cache pas son amertume.

A gauche, où l’on se réjouit de ce revirement, certains élus considèrent que cette décision est logique. « Éric Ciotti a fait des choix contre le sport dès son arrivée à la tête de la ville, on est dans une logique de victimisation de l’extrême droite », commente le sénateur écologiste du Rhône, Thomas Dossus.

« Les solutions alternatives recherchées se sont révélées insatisfaisantes

Face à cette querelle, la ministre des Sports, Marina Ferrari, a tenu à assurer que la décision n’avait rien de politique. « Oui, la décision aurait été exactement la même, je tiens absolument à redire qu’il n’y a pas de politisation du dossier, nous sommes en train d’organiser des Jeux olympiques d’hiver, ça implique la Nation toute entière », a déclaré la ministre sur TF1 ce lundi.

Depuis son élection, Éric Ciotti a proposé plusieurs alternatives à l’Allianz Riviera notamment la rénovation de l’actuelle patinoire ou l’utilisation du palais des Expositions. Cependant, une telle formule ne permettait pas d’accueillir les épreuves de hockey sur glace masculin obligeant alors à trouver un autre site pour ces épreuves. Une formule qui n’a pas retenu les faveurs du Cojop dans la mesure où cela aurait obligé à organiser les épreuves de glace sur deux sites distincts. « Les analyses techniques, temporelles et financières menées ont mis en évidence les limites de ces options, notamment au regard de leur coût très élevé et de leur impact », explique le Cojop dans un communiqué où l’on peut également lire que « les solutions alternatives recherchées se sont révélées insatisfaisantes ».

Pour Cyril Pellevat, sénateur de Haute-Savoie (Les Indépendants) et membre du groupe d’études sur les pratiques sportives et les grands événements sportifs du Sénat, cette décision n’a rien de surprenant. « En l’état actuel des choses et compte tenu des choix faits par le maire de Nice, ça ne pouvait pas fonctionner. Manifestement, les alternatives proposées n’étaient pas satisfaisantes », explique le sénateur. Par ailleurs, la solution soutenue par Éric Ciotti aurait pu conduire à l’organisation du tournoi de hockey sur glace masculin à Paris, une ligne rouge pour les organisateurs puisque « l’un des points importants était que les épreuves restent sur le territoire des Alpes », rappelle le sénateur de Haute-Savoie.

Lyon, « une décision plus rationnelle » ?

Autant d’éléments qui ont poussé le Cojop à choisir Lyon plutôt que Nice. A Lyon, des infrastructures déjà existantes comme la LDLC Arena, la Halle Tony Garnier et le Palais des sports de Gerland accueilleront les différentes épreuves sur glace. « L’enjeu c’était d’éviter trop d’infrastructures nouvelles pour ces JO, la deuxième patinoire nous paraissait absurde. Je pense que c’est simplement une décision plus rationnelle, dans la perspective de JO plus sobres c’est une bonne nouvelle », explique Thomas Dossus qui évoque notamment la construction d’une nouvelle patinoire à Nice initialement prévue.

Alors que la capitale des Gaules pourrait également récupérer la cérémonie de clôture et l’un des villages olympiques, des tensions pourraient apparaître entre la mairie écologiste et la métropole tenue par la droite et le centre. La présidente de la métropole de Lyon a déjà refusé l’un des sites proposés par la mairie pour construire le village olympique. « C’est là où il faut qu’on arrive à jouer la concorde, j’espère que la métropole ne va pas tomber dans les travers politiciens », estime Thomas Dossus. Un optimisme partagé par Cyril Pellevat qui considère que ce changement de site ne devrait pas ralentir l’organisation des Jeux Olympiques. « Il reste encore 4 ans, donc finalement c’est pas plus mal que ça arrive maintenant », commente le sénateur qui assure que « la carte des sites devrait bien être dévoilée fin juin ».

 

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