Face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement entend maintenir le cap sur sa politique de ciblage des dispositifs d’aide. Si le Premier ministre a fait savoir que l’exécutif aller prochainement « changer d’échelle » sur les mécanismes mis en œuvre à l’attention de certains secteurs et des travailleurs précaires, il n’est, pour l’heure, pas question de renouer avec le « quoi qu’il en coûte » dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. Une posture dénoncée par les oppositions de gauche, alors que le conflit au Moyen-Orient menace désormais de s’enkyster.
« Il ne faut pas sectionner la population », enjoint Cécile Cukierman, la présidente du groupe communiste au Sénat. « Il n’y a pas ceux qui peuvent avoir des aides, ceux qui n’en ont pas, ceux qui rouleraient trop, ceux qui ne rouleraient pas assez… Il y a aujourd’hui des Françaises et des Français qui, dans leur diversité, quel que soit leur lieu d’habitation, souffrent quotidiennement de cette hausse des prix des carburants depuis maintenant un peu plus de deux mois. »
Au micro de Public Sénat, l’élue appelle « à un blocage des prix ». « Et pour financer ce blocage, nous avons besoin de revenir sur les deux mois de superprofits que viennent de réaliser les grands groupes énergétiques », explique la sénatrice.
« Nous leur avons laissé faire la pluie et le beau temps »
TotalEnergies est la cible de nombreuses critiques après avoir annoncé des bénéfices record au premier trimestre 2026. De son côté, le Premier ministre se dit ouvert à un débat sur la redistribution, mais reste opposé à un alourdissement de la fiscalité des grandes entreprises.
« Ce n’est pas à Total de fixer les prix du carburant dans notre pays », martèle Cécile Cukierman. « Nous leur avons laissé faire depuis deux mois la pluie et le beau temps, y compris en les remerciant de plafonner à 2 euros le prix du litre de carburant, alors que c’est déjà bien plus que ce que nous payons au mois de février », pointe-t-elle.
Elle reproche également au pétrolier d’agiter « la menace d’une pénurie » pour justifier sa politique commerciale. « Je crois qu’à un moment donné, un gouvernement, c’est-à-dire des acteurs politiques, doit prendre les rênes de cette question-là. »