« Ce n’est pas à Total de fixer les prix du carburant dans notre pays », dénonce Cécile Cukierman

Au micro de Public Sénat, la sénatrice communiste appelle « à un blocage des prix » à la pompe, financé par une taxation des superprofits enregistrés par les grands groupes pétroliers depuis le début de la crise au Moyen-Orient.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement entend maintenir le cap sur sa politique de ciblage des dispositifs d’aide. Si le Premier ministre a fait savoir que l’exécutif aller prochainement « changer d’échelle » sur les mécanismes mis en œuvre à l’attention de certains secteurs et des travailleurs précaires, il n’est, pour l’heure, pas question de renouer avec le « quoi qu’il en coûte » dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. Une posture dénoncée par les oppositions de gauche, alors que le conflit au Moyen-Orient menace désormais de s’enkyster.

« Il ne faut pas sectionner la population », enjoint Cécile Cukierman, la présidente du groupe communiste au Sénat. « Il n’y a pas ceux qui peuvent avoir des aides, ceux qui n’en ont pas, ceux qui rouleraient trop, ceux qui ne rouleraient pas assez… Il y a aujourd’hui des Françaises et des Français qui, dans leur diversité, quel que soit leur lieu d’habitation, souffrent quotidiennement de cette hausse des prix des carburants depuis maintenant un peu plus de deux mois. »

Au micro de Public Sénat, l’élue appelle « à un blocage des prix ». « Et pour financer ce blocage, nous avons besoin de revenir sur les deux mois de superprofits que viennent de réaliser les grands groupes énergétiques », explique la sénatrice.

« Nous leur avons laissé faire la pluie et le beau temps »

TotalEnergies est la cible de nombreuses critiques après avoir annoncé des bénéfices record au premier trimestre 2026. De son côté, le Premier ministre se dit ouvert à un débat sur la redistribution, mais reste opposé à un alourdissement de la fiscalité des grandes entreprises.

« Ce n’est pas à Total de fixer les prix du carburant dans notre pays », martèle Cécile Cukierman. « Nous leur avons laissé faire depuis deux mois la pluie et le beau temps, y compris en les remerciant de plafonner à 2 euros le prix du litre de carburant, alors que c’est déjà bien plus que ce que nous payons au mois de février », pointe-t-elle.

Elle reproche également au pétrolier d’agiter « la menace d’une pénurie » pour justifier sa politique commerciale. « Je crois qu’à un moment donné, un gouvernement, c’est-à-dire des acteurs politiques, doit prendre les rênes de cette question-là. »

Partager cet article

Dans la même thématique

« Ce n’est pas à Total de fixer les prix du carburant dans notre pays », dénonce Cécile Cukierman
4min

Économie

Accord Etats-Unis / Iran : « Ça va se répercuter à la pompe très vite », promet le ministre Serge Papin, après la nouvelle décrue sur le marché du pétrole

Invité de Public Sénat, le ministre chargé des PME estime que l’on est « en train de tourner la page » d’un « épisode de crise », après la signature mercredi soir du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran. Il se dit optimiste pour la croissance française. « On sent que la reprise est en route », affirme-t-il.

Le

« Ce n’est pas à Total de fixer les prix du carburant dans notre pays », dénonce Cécile Cukierman
2min

Économie

Travail le 1er mai : « Les interventions de Gabriel Attal ont fait qu’un texte qui devait être débattu a disparu », regrette Annick Billon (UC), autrice de la proposition de loi

La proposition de loi d’Annick Billon (UC) et Hervé Marseille (UC) avait été adoptée au Sénat en juillet 2025. Mais face à l’obstruction parlementaire et la mobilisation des syndicats, le gouvernement a renoncé à convoquer la commission mixte paritaire, et a mis sur la table un projet de loi plus restreint adopté hier par le Sénat. La sénatrice centriste regrette que Gabriel Attal ait fait de son texte « un totem politique. »

Le

Accord Iran-États-Unis : « Le marché pétrolier mondial ne va pas retrouver son état normal avant plusieurs mois, au minimum »
9min

Économie

Accord Iran-États-Unis : « Le marché pétrolier mondial ne va pas retrouver son état normal avant plusieurs mois, au minimum »

En une semaine, les cours du baril de brut ont reculé de plus de 15 %, la perspective d’un accord entre Téhéran et Washington ayant fait passer le baril de Brent, coté à Londres, sous les 80 dollars pour la première fois depuis mars. À court et moyen terme, plusieurs éléments pourraient limiter la poursuite de la baisse et le retour à la normale, avertissent des spécialistes.

Le