« On n’a jamais caché de pédophiles à la ville de Paris » : revivez l’audition d’Emmanuel Grégoire au Sénat sur le scandale du périscolaire

L'actuel maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a été auditionné ce mercredi 16 septembre par la commission d’enquête du Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire en France. Alors que les signalements ont explosé à Paris entre 2025 et 2026, l’édile est visé par des investigations pénales, notamment pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et non-dénonciation d’agression.
Emma Bador-Fritche

Temps de lecture :

20 min

Publié le

Mis à jour le

Après Anne Hidalgo et Patrick Bloche, entendus mardi 15 septembre au Sénat, c’est Emmanuel Grégoire qui était auditionné ce mercredi 16 septembre, dans le dossier des violences survenues dans le périscolaire parisien. Les 24 et 25 août, trois familles ont porté plainte contre Emmanuel Grégoire (qui fut adjoint aux ressources humaines de 2014 à 2017 puis premier adjoint de 2018 à 2024 avant de devenir maire), mais aussi contre sa prédécesseure Anne Hidalgo et son ancien premier adjoint, en charge de l’éducation, de la petite enfance et des familles. Les chefs d’accusation retenus sont la mise en danger délibérée de la vie d’autrui, la non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures, et la non-assistance à personne en danger.

  • Au cours de son audition, Emmanuel Grégoire est revenu sur les deux plans d’action déployés depuis son arrivée à la tête de la ville en mars. Il a reconnu l’insuffisance des dispositifs mis en œuvre ces dernières années, mais aussi un « manque de transparence » de la part de la ville de Paris, qui a pu plonger les parents de victimes dans le désarroi. Mais l’édile a aussi longuement insisté sur les limites du cadre juridique, qui borne les marges de manœuvre des municipalités sur ce type de dossier. Il appelle à « des modifications législatives et réglementaires urgentes. »
11h30

« Il faut renforcer et améliorer le contrôle d’honorabilité des intervenants extérieurs »

Emmanuel Grégoire reconnaît des failles dans le contrôle des intervenants extérieurs, il appelle à « renforcer et améliorer le contrôle d’honorabilité des intervenants extérieurs », affirme-t-il, précisant que les services n’ont actuellement accès qu’au fichier B3 et pas au B2. Il souhaite notamment mieux contrôler les animateurs et les situations qui échappent aujourd’hui aux dispositifs, notamment celles liées aux ateliers bleus.
Interrogé par Agnès Evren sur le risque de recruter ou de maintenir des animateurs en poste malgré la pénurie de personnel, Emmanuel Grégoire répond : « Oui, le risque existe. » Il assure toutefois que le processus de recrutement a été renforcé : fin des recrutements directs par téléphone, centralisation des recrutements au CASVP et double contrôle, par un professionnel de l’animation et un responsable RH. « Est-ce que c’est parfait : non », reconnaît-il, disant préférer « des animateurs tous diplômés dans une filière d’animation reconnue ».
Sur les effectifs, il évoque 10 497 vacataires, tout en soulignant que ce chiffre doit être relativisé en raison du turnover et du nombre d’heures effectuées. Selon le bilan social cité, 72,8 % des vacataires ont travaillé moins de 500 heures dans l’année. Emmanuel Grégoire rappelle enfin avoir alerté plusieurs ministres sur ces questions avant même les travaux de la commission. Il estime que des évolutions législatives pourraient contribuer à renforcer les dispositifs, tout en prévenant : « Tout ça ne réglera pas tout, mais nous avons considéré les garde-fous et les mesures préventives. »
11h27

« Il y a bien eu des sanctions disciplinaires pour des faits de non remontée de signalements », reconnait Emmanuel Grégoire

Alors qu’Emmanuel Grégoire se défendait de toute tentative d’étouffement d’affaires de scandales sexuels au sein de la ville de Pairs, le maire est revenu sur ces propos, alerté par ces équipes. « Il y a bien eu des sanctions disciplinaires sur de l’encadrement immédiat, pour des faits de non remontée de signalements », précisant qu’il s’agissait de Responsables Éducatives et Éducatifs Ville (REV).

Le maire de Paris tient a précisé qu’il ne veut pas, « à un seul moment donner le sentiment qu’il se « défausse » sur son administration. « Si je prends des décisions managériales comme maire, je les prends, mais je ne vais pas vous expliquer que je les ai prises parce que je considère que ce n’est pas ma faute ». « Parce qu’est ce qu’il va se passer si on n’y fait pas gaffe ? Plus personne ne voudra aller bosser dans le périscolaire. Plus personne voudra être directeur de CASPE (Circonscription des Affaires Scolaires et de la Petite Enfance) si on ne les protège pas totalement », met-il en garde.

Il a également appelé les parlementaires à faire évoluer la loi afin d’allonger la durée des suspensions administratives à 4 mois. Un durée renouvelable une seule fois et « qui nous met en insécurité ». On a une décision d’un tribunal administratif qui nous ordonne de réintégrer un vacataire suspendu. Je n’honorerai pas cette obligation, je compte sur le législateur pour éviter qu’il m’en soit fait le reproche un jour », a-t-il plaidé.

11h09

Le maire de Paris appelle à la création d’un « diplôme d’État d’animateur et d’encadrement du périscolaire »

Emmanuel Grégoire déplore l’image d’amateurisme qui est souvent associée au périscolaire, et par conséquent les insuffisances du cadre national de formation.

« On a tous en tête, sans doute, nos propres souvenirs d’enfance du périscolaire. Moi, j’ai beaucoup fréquenté le périscolaire quand j’étais gamin : l’étude, le centre de loisirs, les colos et tout ça… Et je le redis, il y a un petit côté ‘encadrer les enfants, c’est sympa, ce n’est pas compliqué, on fait ça un peu à l’ancienne’ », pointe l’élu.

« Le cadre juridique a considérablement évolué au cours des 40 dernières années, mais pas jusqu’au point de formaliser la normalisation d’une filière d’animation », regrette-t-il. « Cela fera partie des recommandations législatives et réglementaires que j’évoquerai, mais la question d’un diplôme d’État d’animateur et d’encadrement du périscolaire est aujourd’hui, je le crois, une nécessité absolue », martèle Emmanuel Grégoire.

« De mon point de vue, il ne doit pas s’appliquer qu’au périscolaire, mais à tous les lieux qui accueillent des mineurs », ajoute-t-il.

10h48

« Ce qu’il se passe à Paris est une avant-garde de ce qu’il se passera ailleurs. Les signalements vont exploser partout »

Max Brisson sénateur LR appelle à « construire une vraie filière du périscolaire » et interroge Emmanuel Grégoire sur les responsabilités dans les défaillances constatées. « Maintenant que vous avez pris la responsabilité de l’exécutif parisien, est-ce que votre souci est d’établir une chaîne de responsabilité ? », demande-t-il.
Emmanuel Grégoire reconnaît « un problème structurel », qu’il juge « sociétal, plus qu’éducatif ». Il dénonce une « omerta structurelle » autour des violences faites aux enfants et estime que Paris pourrait préfigurer une situation appelée à se reproduire ailleurs : « Ce qui se passe à Paris est une avant-garde de ce qui se passera ailleurs. Les signalements vont exploser partout. » Le maire de Paris attribue en partie l’explosion des signalements en 2025 et 2026 à une prise de conscience accrue, évoquant « le MeToo école », ainsi qu’à des formations qui « ne sont pas assez bien faites ». Agnès Evren (LR), rapporteure de la commission, tacle et rappelle de son côté que « c’est lié au fait que le rapport de 2015 n’a pas été suffisamment pris en compte ».
Pour Emmanuel Grégoire, l’enjeu est désormais d’agir au-delà de Paris : « Aucune raison pour que ce qu’il se passe à Paris ne se passe pas ailleurs. » Il appelle à renforcer les mesures de protection dans « tous les endroits qui accueillent des enfants ».
10h42

« Le cadre juridique qui s’impose à l’accueil collectif de mineurs (ACM) ne suffit pas »

L’audition d’Anne Hidalgo a révélé hier « qu’il y avait eu un changement de doctrine de l’administration en 2021 et qu’il n’y avait pas d’article 40 systématiquement transmis au procureur de Paris quand il y avait une plainte des familles », souligne la rapporteure Agnès Evren.

Selon l’actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire, une des conséquences du rapport de 2014, rendu en 2015, a été justement de « déclencher des articles 40 systématiquement en regard des infractions pénales ». Il justifie cela en rappelant que le secrétariat général a rappelé le 12 janvier 2016, par une note à l’administration, l’obligation de signalement au titre de l’article 40 : « ce qui veut dire que nous pouvons démontrer à la commission que non seulement on a rappelé la loi à l’ensemble de nos agents, mais qu’une procédure et une instruction administrative précises avaient été envoyées, le 12 janvier 2016 », conclut-il. Toutefois, si l’application de l’article 40 n’a pas été systématique, il se dit ne pas en avoir été informé. Il comprend cependant que, dans le cas où il y a une enquête judiciaire ouverte, l’article 40 n’ait pas été déclenché.

La rapporteure questionne ensuite l’actuel maire de Paris sur la formation des agents. Emmanuel Grégoire rappelle que le diplôme de référence qui est le BAFA et le BAFD pour les fonctions d’encadrement n’est pas obligatoire pour exercer. C’est pourquoi il a décidé que « 100 % des animateurs soient formés au BAFA ». « Je partage votre avis sur le fait que le cadre juridique qui s’impose à l’accueil collectif de mineurs […] ne suffit pas », déplore-t-il.

10h38

« On ne couvre pas de pédophiles à la ville de Paris »

Visé par des plaintes déposées par des collectifs de familles qui dénoncent une « omerta systémique » de la ville sur les violences dans le périscolaire, Emmanuel Grégoire a indiqué ne pas vouloir se défausser. A sa connaissance, il n’y a pas eu de procédures disciplinaires pour des manquements dans la mise en œuvre des recommandations du rapport d’inspection de 2015.

« Je vois bien la demande de responsabilité, y compris à l’occasion des procédures pénales qui ont été engagées contre moi. Des familles considèrent, et c’est leur droit le plus strict, je le respecte, que les responsabilités remontent plus haut », a-t-il observé devant les élus.

Il ajoute : « Jamais, au regard des informations qui ont été portées à ma connaissance, il y a pas eu de la part d’un seul agent, par extension j’y inclus le politique, de tentatives de dissimulation ou d’étouffement d’une affaire de violences sexuelles (…) « On ne couvre pas de pédophiles à la ville de Paris » (…) Et si d’aventure c’était le cas, je le rappelle. C’est une infraction pénale. La justice ira le vérifier et le dira », a-t-il martelé. Une référence aux propos de la maire du VIIème arrondissement de Paris, Rachida Dati, qui en 2021, avait accusé la mairie de Paris de couvrir des pédophiles lors d’une séance du Conseil.

10h17

Faut-il ficher les agents mis en cause, même après un classement sans suite ? « Les parents n’en ont rien à faire de savoir si c’est légal ou pas »

Emmanuel Grégoire insiste sur le dilemme juridique auquel fait face l’administration de la ville de Paris, écartelée entre le principe de précaution et la présomption d’innocence. Pour illustrer son propos, il évoque le cas « d’un agent mis en cause ».

« Il y a un classement sans suite. Il est à l’époque sous statut dit ‘de vacataire’. Il travaille dans la circonscription des affaires scolaires qui en charge du dixième arrondissement. Sans rien dire à personne, il réintègre la direction des affaires scolaires dans une autre circonscription. Il est procédé au contrôle de cet agent et, en l’occurrence, il ne bipe pas. Pourquoi ? Parce que comme il y a eu un classement sans suite, il n’est inscrit dans aucun des fichiers d’obligation légale de contrôle des personnes ayant vocation à encadrer des mineurs », explique l’élu.

Or, depuis décembre 2025, la mairie conserve une trace administrative de ces affaires classées sans suite. « C’est illégal », concède Emmanuel Grégoire « Mais c’est important parce que de fait, moi je vais vous dire, les parents de ces écoles n’en ont rien à faire de savoir si c’est légal ou pas. Ils nous disent vous êtes des nazes, vous êtes des nuls et ils ont raison. »

« Nous nous exposons à un risque qui est simple, qui est celui de contentieux au tribunal administratif », reconnaît le maire, qui évoque plusieurs procédures en cours sur les 195 suspensions d’agents décidées par la ville de Paris. « Ne pas réaffecter ces agents à l’encadrement d’enfants sera une règle qui devra continuer à être suivie », martèle Emmanuel Grégoire. « Mais il faut nous sécuriser juridiquement parce que nous aurons des agents qui iront au tribunal administratif en disant ‘j’ai été innocenté, je veux exercer mon métier, je veux revenir sur le terrain’ ».

« Quand ce sont des agents titulaires, nous pouvons les réaffecter à des missions différentes qui ne soient pas en encadrement direct d’enfants, mais je pense qu’il faut sécuriser ce point par des mesures législatives », ajoute-t-il.

10h07

« Ce n’est pas suffisant et pas satisfaisant (…) mais je ne peux pas laisser dire qu’il n’a été rien fait en la matière », insiste Emmanuel Grégoire 

Le président de la commission d’enquête, Laurent Lafon, met en cause la mise en œuvre du plan lancé en 2015. « Dix ans plus tard, la moitié des mesures avait été mise en place », souligne-t-il, demandant à Emmanuel Grégoire d’expliquer « ce qui a dysfonctionné dans l’administration parisienne ».
Interrogé sur la période suivant 2017, le maire de Paris rappelle qu’il n’était plus en charge des ressources humaines après cette date : « Vous confondez l’interpellation du maire adjoint aux RH et l’interpellation du maire actuel de Paris. » Il assure toutefois s’être « personnellement et énormément saisi de ce sujet ».
La rapporteure, Agnès Evren, revient ensuite sur les recommandations du rapport de 2015 et demande quelles directives concrètes avaient été données pour leur application.
Emmanuel Grégoire reconnaît des insuffisances en matière de formation : « Je ne vais pas vous dire que les animateurs étaient suffisamment formés, ce serait ridicule de ma part. » Mais il conteste l’idée que rien n’aurait été fait, citant 2 437 formations réalisées en 2018-2019 et de nombreux parcours proposés aux agents. « Ce n’est pas suffisant et pas satisfaisant », reconnaît-il, tout en ajoutant : « Je ne peux pas laisser dire qu’il n’a été rien fait en la matière. »
Le maire affirme enfin que, selon les éléments transmis dans le cadre du rapport demandé par la Ville, l’ensemble des recommandations du rapport de 2015 ont désormais été mises en œuvre.
09h55

« Il n’y a pas une minute où je n’éprouve pas un sentiment de culpabilité», affirme Emmanuel Grégoire

« Les excuses, les regrets n’apportent pas de solutions concrètes », déplore Agnès Evren, rapporteure de la commission. Elle poursuit ensuite sur une question faisant référence à Mme Hidalgo, qui affirmait dans son audition d’hier, le fait que « l’ensemble des institutions avaient failli » : « partagez-vous ce constat ? » déclare-t-elle à l’actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire. « Oui, je partage ce constat. Il y a des failles collectives, dans le dysfonctionnement, dans le manque de transparence, dans le manque rigueur d’application des procédure », affirme-t-il.

La rapporteure poursuit ensuite sur la part de responsabilité de la ville de Paris sur la question du recrutement et la formation des agents, qui est pourtant « la responsabilité à 100% de la ville de Paris », d’après elle.

Emmanuel Grégoire rétorque que la ville n’a pas manqué à ses obligations sur ce point : « La ville n’a jamais été prise pour défaut des obligations légales de recrutement que lui impose le législateur ». « Car dès la réforme de 2013, la ville de Paris a choisi de mettre l’ensemble de son périscolaire en statut d’accueil collectif de mineurs (ACM), ce qui a conduit à la signature d’un protocole d’accord avec le parquet », poursuit-il.

Toutefois, « on peut toujours faire mieux » et « il n’y a pas une minute où je n’éprouve pas un sentiment de culpabilité », regrette l’actuel maire de Paris. En matière juridique et règlementaire, « on aurait pu aller plus loin que ce qui nous a été demandé et je le regrette infiniment (…) J’en éprouve une responsabilité morale ».

09h46

Au 31 août 2026, 195 agents du périscolaire parisien ont été suspendus, « dont 74 pour violences sexuelles sur mineurs »

Emmanuel Grégoire a listé devant les sénateurs les principales mesures de son plan de refonte du périscolaire parisien.

Depuis juillet, la mairie de Paris a étendu le champ de contrôle du recrutement des nouveaux agents en contact avec les mineurs au fichier Le FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

De même, « le port du badge par les animateurs et l’affichage du trombinoscope ont été rendus obligatoires, ce qui nécessitera d’être sécurisé juridiquement », rappelle-t-il. Depuis son arrivée en question, la transmission des faits à la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale est systématique, « même en cas de redondance avec des plaintes déjà déposées et des enquêtes ouvertes par le parquet, a fortiori en cas de signalement pour violences sexuelles ».

« L’agent mis en cause n’est plus jamais mis en contact avec les enfants, quelle que soit l’issue des enquêtes menées. J’ai fait ce choix en responsabilité, mais je le dis, nous touchons là à une limite importante de l’action possible des villes, des maires en termes de légalité », appuie-t-il encore une fois.

Les résultats de son action se traduisent en chiffre : Fin mai, 132 suspensions d’agents du périscolaire, dont 52 pour violences sexuelles avaient eu lieu. « Au 31 août 2026, nous en sommes à 195 suspensions, dont 74 pour violences sexuelles sur mineurs ».

« Concernant les signalements au titre de l’article 40, nous sommes à 101 signalements pour violences sexuelles sur mineurs dans le périscolaire au 31 août 2026. Cette explosion du nombre de signalements traduit, je l’espère, je le crois, une libération de la parole, une culture du signalement, une meilleure efficacité des procédures et des remontées des cas », a ajouté le maire de Paris.

En ce qui concerne les évolutions législatives qu’Emmanuel Grégoire souhaite voir mises en place, comme Anne Hidalgo, il se dit favorable à la création « d’un fichier national des signalements qui permettraient de s’assurer que, dans le cas d’une enquête ouverte, tous les employeurs ayant vocation à accueillir des mineurs puissent avoir la trace ».

Il se dit aussi « convaincu qu’une réflexion nationale doit s’engager sur la professionnalisation de la filière animation à l’échelle globale, avec notamment la création d’un diplôme d’État, de l’animateur du périscolaire qui serait, je le crois, une réforme essentielle et utile ».

09h43

Emmanuel Grégoire dénonce des « impasses » juridiques et appelle « à des modifications législatives urgentes »

Après avoir reconnu l’insuffisance des dispositifs mis en place ces dernières années pour prévenir les violences sur les mineurs, mais aussi un « manque de transparence » de la ville de Paris, Emmanuel Grégoire évoque les « limites d’ordre légal » qui contraignent les marges de manœuvre de la municipalité. « Même volontariste, l’action de la ville s’est tout simplement heurtée à un cadre juridique existant qui est quand même très difficile », explique le maire qui évoque « une aporie juridique ».

Il cite, pêle-mêle : « L’absence jusqu’à une date récente d’un fichier centralisé des signalements, quelle que soit l’issue des enquêtes », un partage d’informations insuffisant avec le Parquet et « l’injonction à garder le silence, faite parfois par les services d’enquête ». Par ailleurs, « la présomption d’innocence nous a conduits par le passé à réintégrer un animateur quand la matérialité des faits n’avait pas été prouvée. […] Cela a longtemps été la pratique de la ville, ce n’est plus possible depuis fin 2025 », indique Emmanuel Grégoire.

« Toutes ces impasses font que l’application du droit a eu pour effet, et je le regrette infiniment, de ne pas suffisamment protéger nos enfants. Elles appellent à mon sens des modifications législatives et réglementaires urgentes », enjoint l’édile.

Emmanuel Grégoire a rappelé que depuis son élection, deux plans ont été présentés, en avril et en juillet dernier, « le premier d’urgence, le deuxième de refonte du périscolaire parisien ». « Les mesures annoncées ou pérennisées visent à mettre les bouchées doubles sur la formation de nos agents, très au-delà des obligations légales », fait valoir l’élu.

Il évoque la contractualisation de 2 000 vacataires en 3 ans, la création de 35 postes d’éducatrices et éducateurs de jeunes enfants maternels, ou encore « la création au cours des années qui viennent, au sein de chaque école, d’un poste de directeur du périscolaire. »

09h39

Emmanuel Grégoire présente ses « plus profonds regrets » concernant les violences sexuelles survenus dans le périscolaire parisien

L’actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire, s’exprime devant la commission d’enquête sénatoriale sur les violences sexuelles survenues dans le périscolaire. « Ce temps d’échange devant la représentation nationale est un moment important pour nos concitoyens, les victimes, les familles et les enfants », déclare-t-il pour commencer son propos liminaire, avant d’assurer se présenter « avec gravité et urgence ».
Entre novembre 2025 et fin août 2026, 235 enquêtes ont été ouvertes pour des violences faites aux mineurs dans le périscolaire parisien. Emmanuel Grégoire présente ses « plus profonds regrets » pour les faits survenus dans le périscolaire, reconnaissant « le désarroi, la colère, l’inquiétude » et une « confiance entamée ». Le maire assure son « soutien » aux enfants victimes et affirme sa « détermination totale à aider la justice à la manifestation de la vérité ». Il promet également que la Ville « est décidée à tout faire pour que ces situations ne se reproduisent jamais ».
Élu maire de Paris en mars 2026, Emmanuel Grégoire rappelle que la Ville travaille sur la question des violences sexuelles dans le périscolaire depuis 2015. Il estime que Paris a été « proactive sur le sujet », tout en appelant à reconnaître « avec humilité ce qui a mal fonctionné ». À la suite du rapport de l’Inspection générale de la mairie de Paris, qui formule 50 propositions de prévention pour prévenir les risques d’infractions sexuelles commises par des agents municipaux, il annonce un plan d’action autour de trois axes : renforcer les contrôles lors du recrutement, former les agents à la détection des actes et améliorer le partage d’informations avec la justice.
Le maire reconnaît toutefois des dysfonctionnements : « L’étude des cas a posteriori montre que la remontée d’information n’a pas toujours fonctionné. » Il ajoute : « Il faut avoir l’humilité de reconnaître que la Ville a pu manquer de transparence », notamment parce que les réunions publiques « n’étaient pas systématiques ». Enfin, Emmanuel Grégoire affirme que la doctrine de la Ville est désormais claire : « Nous communiquons avec les familles et restituons les rapports généraux. »
9h30

L’audition débute

Partager cet article

Dans la même thématique

« On n’a jamais caché de pédophiles à la ville de Paris » : revivez l’audition d’Emmanuel Grégoire au Sénat sur le scandale du périscolaire
8min

Parlementaire

 « Plus démocratique que les mortiers » : Édouard Geffray défend sa réponse à la crise des lycées

Auditionné au Sénat mardi 14 octobre, au lendemain du cinquième acte de la mobilisation lycéenne, Édouard Geffray a défendu les premières réponses du gouvernement aux revendications des élèves. Remplacement des enseignants absents, évolution de la démocratie lycéenne, amélioration de Parcoursup : le ministre a détaillé ses mesures, tandis que plusieurs sénateurs ont interrogé la capacité de l’exécutif à répondre durablement aux difficultés des établissements.

Le

« On n’a jamais caché de pédophiles à la ville de Paris » : revivez l’audition d’Emmanuel Grégoire au Sénat sur le scandale du périscolaire
3min

Parlementaire

Le Sénat rend hommage à François Patriat : « C’était une personnalité un peu hors du commun », salue Gérard Larcher

Les sénateurs ont rendu un dernier hommage, ce mardi 13 octobre, à François Patriat, chef de file des macronistes du Sénat, décédé accidentellement au cœur de l’été. Plusieurs ministres étaient au banc pour écouter le double éloge funèbre prononcé par Gérard Larcher, le président du Sénat, et le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le

« On n’a jamais caché de pédophiles à la ville de Paris » : revivez l’audition d’Emmanuel Grégoire au Sénat sur le scandale du périscolaire
8min

Parlementaire

Autonomie de la Corse : « Ni un saut dans le vide, ni un grand soir », Françoise Gatel tente de rassurer un Sénat sceptique sur la réforme constitutionnelle

À quelques jours du début de l’examen au Sénat du projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, a été auditionnée par la commission des lois. L’autonomisation de l’île de Beauté n’est « pas une manière pour l’État de s’effacer », a-t-elle répété face à des élus qui craignent une rupture de l’unité de la République.

Le

La sélection de la rédaction

Anne-Hidalgo-Senat
21min

Politique

« C’est un échec collectif » : revivez les temps forts de l’audition d' Anne Hidalgo devant la commission d’enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire

L'ex-maire PS de Paris Anne Hidalgo a été auditionnée ce mardi 15 septembre pendant plus de deux heures par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France. Elle a notamment été interrogée sur les suites données à un rapport de l'inspection générale de la mairie de Paris, qui avait dressé dès 2015 un diagnostic sur les risques d'infractions sexuelles commises par des agents municipaux et formulé une série de recommandations pour les prévenir.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le