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DIRECT – Violences sexuelles dans le périscolaire : Emmanuel Grégoire présente ses « plus profonds regrets »

DIRECT – Violences sexuelles dans le périscolaire : Emmanuel Grégoire présente ses « plus profonds regrets »

L'actuel maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, est convoqué ce mercredi 16 septembre au Sénat qui enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire en France, alors que des investigations pénales visent l'édile parisien. La veille, mardi 15 septembre, c'est l'ancien premier adjoint chargé de l'éducation Patrick Bloche et l'ex-maire socialiste de Paris Anne Hidalgo qui avaient été auditionnés.
Emma Bador-Fritche

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Après Anne Hidalgo et Patrick Bloche, entendus mardi 15 septembre au Sénat, c’est au tour d’Emmanuel Grégoire d’être auditionné ce mercredi 16 septembre dans le dossier des violences survenues dans le périscolaire parisien. Les animateurs ne sont désormais plus les seuls visés. Les 24 et 25 août, trois familles avaient porté plainte contre l’ex-maire socialiste de Paris, ainsi que contre son ancien premier adjoint, en charge de l’éducation, de la petite enfance et des familles d’octobre 2017 à mars 2026, pour non-assistance à personne en danger, notamment à l’égard de mineurs de moins de 15 ans. La plainte met en cause plusieurs cadres, actuels et anciens, de la mairie de Paris, mais également Anne Hidalgo, Patrick Bloche et l’actuel maire Emmanuel Grégoire (qui fut adjoint aux ressources humaines de 2014 à 2017 puis premier adjoint de 2018 à 2024). Les chefs d’accusation retenus sont la mise en danger délibérée de la vie d’autrui, la non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures, et la non-assistance à personne en danger.

Emmanuel Grégoire avait lui-même révélé, en novembre 2025, avoir été victime de violences sexuelles durant son enfance, pendant plusieurs mois.

L’audition sera à suivre dès 9h30, en direct sur Public Sénat ainsi que sur ses réseaux sociaux.

09h46

Au 31 août 2026, 195 agents du périscolaire parisien ont été suspendus, « dont 74 pour violences sexuelles sur mineurs »

Emmanuel Grégoire a listé devant les sénateurs les principales mesures de son plan de refonte du périscolaire parisien.

Depuis juillet, la mairie de Paris a étendu le champ de contrôle du recrutement des nouveaux agents en contact avec les mineurs au fichier Le FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

De même, « le port du badge par les animateurs et l’affichage du trombinoscope ont été rendus obligatoires, ce qui nécessitera d’être sécurisé juridiquement », rappelle-t-il. Depuis son arrivée en question, la transmission des faits à la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale est systématique, « même en cas de redondance avec des plaintes déjà déposées et des enquêtes ouvertes par le parquet, a fortiori en cas de signalement pour violences sexuelles ».

« L’agent mis en cause n’est plus jamais mis en contact avec les enfants, quelle que soit l’issue des enquêtes menées. J’ai fait ce choix en responsabilité, mais je le dis, nous touchons là à une limite importante de l’action possible des villes, des maires en termes de légalité », appuie-t-il encore une fois.

Les résultats de son action se traduisent en chiffre : Fin mai, 132 suspensions d’agents du périscolaire, dont 52 pour violences sexuelles avaient eu lieu. « Au 31 août 2026, nous en sommes à 195 suspensions, dont 74 pour violences sexuelles sur mineurs ».

« Concernant les signalements au titre de l’article 40, nous sommes à 101 signalements pour violences sexuelles sur mineurs dans le périscolaire au 31 août 2026. Cette explosion du nombre de signalements traduit, je l’espère, je le crois, une libération de la parole, une culture du signalement, une meilleure efficacité des procédures et des remontées des cas », a ajouté le maire de Paris.

En ce qui concerne les évolutions législatives qu’Emmanuel Grégoire souhaite voir mises en place, comme Anne Hidalgo, il se dit favorable à la création « d’un fichier national des signalements qui permettraient de s’assurer que, dans le cas d’une enquête ouverte, tous les employeurs ayant vocation à accueillir des mineurs puissent avoir la trace ».

Il se dit aussi « convaincu qu’une réflexion nationale doit s’engager sur la professionnalisation de la filière animation à l’échelle globale, avec notamment la création d’un diplôme d’État, de l’animateur du périscolaire qui serait, je le crois, une réforme essentielle et utile ».

09h43

Emmanuel Grégoire dénonce des « impasses » juridiques et appelle « à des modifications législatives urgentes »

Après avoir reconnu l’insuffisance des dispositifs mis en place ces dernières années pour prévenir les violences sur les mineurs, mais aussi un « manque de transparence » de la ville de Paris, Emmanuel Grégoire évoque les « limites d’ordre légal » qui contraignent les marges de manœuvre de la municipalité. « Même volontariste, l’action de la ville s’est tout simplement heurtée à un cadre juridique existant qui est quand même très difficile », explique le maire qui évoque « une aporie juridique ».

Il cite, pêle-mêle : « L’absence jusqu’à une date récente d’un fichier centralisé des signalements, quelle que soit l’issue des enquêtes », un partage d’informations insuffisant avec le Parquet et « l’injonction à garder le silence, faite parfois par les services d’enquête ». Par ailleurs, « la présomption d’innocence nous a conduits par le passé à réintégrer un animateur quand la matérialité des faits n’avait pas été prouvée. […] Cela a longtemps été la pratique de la ville, ce n’est plus possible depuis fin 2025 », indique Emmanuel Grégoire.

« Toutes ces impasses font que l’application du droit a eu pour effet, et je le regrette infiniment, de ne pas suffisamment protéger nos enfants. Elles appellent à mon sens des modifications législatives et réglementaires urgentes », enjoint l’édile.

Emmanuel Grégoire a rappelé que depuis son élection, deux plans ont été présentés, en avril et en juillet dernier, « le premier d’urgence, le deuxième de refonte du périscolaire parisien ». « Les mesures annoncées ou pérennisées visent à mettre les bouchées doubles sur la formation de nos agents, très au-delà des obligations légales », fait valoir l’élu.

Il évoque la contractualisation de 2 000 vacataires en 3 ans, la création de 35 postes d’éducatrices et éducateurs de jeunes enfants maternels, ou encore « la création au cours des années qui viennent, au sein de chaque école, d’un poste de directeur du périscolaire. »

09h39

Emmanuel Grégoire présente ses « plus profonds regrets » concernant les violences sexuelles survenus dans le périscolaire parisien

L’actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire, s’exprime devant la commission d’enquête sénatoriale sur les violences sexuelles survenues dans le périscolaire. « Ce temps d’échange devant la représentation nationale est un moment important pour nos concitoyens, les victimes, les familles et les enfants », déclare-t-il pour commencer son propos liminaire, avant d’assurer se présenter « avec gravité et urgence ».
Entre novembre 2025 et fin août 2026, 235 enquêtes ont été ouvertes pour des violences faites aux mineurs dans le périscolaire parisien. Emmanuel Grégoire présente ses « plus profonds regrets » pour les faits survenus dans le périscolaire, reconnaissant « le désarroi, la colère, l’inquiétude » et une « confiance entamée ». Le maire assure son « soutien » aux enfants victimes et affirme sa « détermination totale à aider la justice à la manifestation de la vérité ». Il promet également que la Ville « est décidée à tout faire pour que ces situations ne se reproduisent jamais ».
Élu maire de Paris en mars 2026, Emmanuel Grégoire rappelle que la Ville travaille sur la question des violences sexuelles dans le périscolaire depuis 2015. Il estime que Paris a été « proactive sur le sujet », tout en appelant à reconnaître « avec humilité ce qui a mal fonctionné ». À la suite du rapport de l’Inspection générale de la mairie de Paris, qui formule 50 propositions de prévention pour prévenir les risques d’infractions sexuelles commises par des agents municipaux, il annonce un plan d’action autour de trois axes : renforcer les contrôles lors du recrutement, former les agents à la détection des actes et améliorer le partage d’informations avec la justice.
Le maire reconnaît toutefois des dysfonctionnements : « L’étude des cas a posteriori montre que la remontée d’information n’a pas toujours fonctionné. » Il ajoute : « Il faut avoir l’humilité de reconnaître que la Ville a pu manquer de transparence », notamment parce que les réunions publiques « n’étaient pas systématiques ». Enfin, Emmanuel Grégoire affirme que la doctrine de la Ville est désormais claire : « Nous communiquons avec les familles et restituons les rapports généraux. »
9h30

L’audition débute

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Le projet de loi, qui prévoit des missions élargies – en particulier de compétence judiciaire – pour les polices municipales, mais aussi tout un axe sur la formation et la déontologie, est allé depuis de report en report. Un texte qui devait initialement aboutir avant les municipales Au tout début de l’année, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez espérait encore une adoption rapide de ce texte consensuel « peut-être même avant les élections municipales », de mars. L’histoire a eu raison du pronostic de l’ancien préfet. Le gouvernement a ensuite donné rendez-vous en juin pour l’examen. Nouvelle complication. Peu avant la coupure du cœur de l’été, fin juillet, le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous confiait au journal Ouest France que le projet de loi sur les polices municipales serait le premier texte pour la session extraordinaire de septembre. Encore raté. À l’approche de la reprise de la session ordinaire, le 1er octobre, l’impatience se fait ressentir chez les élus locaux et les parlementaires. L’inquiétude aussi. La plus grande partie du calendrier parlementaire d’ici la fin de l’année va être occupée les traditionnels débats budgétaires, et campagne présidentielle oblige, les travaux en hémicycle seront interrompus à la fin du mois de février. Ce mercredi 9 septembre, une dizaine d’association d’élus dénonce dans un communiqué commun « l’énième report de l’examen du projet de loi ». Les maires et présidents d’intercommunalités demandent à l’État de « clarifier, dès à présent et concrètement, ses intentions afin de garantir au plus vite l’inscription de ce projet de loi à l’ordre du jour ». « Je suis très en colère contre le gouvernement » « Je suis très en colère contre le gouvernement. On a effectué notre travail, consolidé le texte de manière transpartisane, en acceptant des amendements de tout le monde. Et aujourd’hui, on a un gouvernement qui n’est pas capable de l’inscrire, c’est une honte », réagit la sénatrice (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, co-rapporteure du projet de loi. Hors séquence budgétaire qui occupera en séance les députés à partir du 12 octobre, les places dans l’agenda seront chères. Le gouvernement dispose encore de huit semaines à sa main avant le couperet de la fin février. Or beaucoup de textes sont sur la table pour les travaux de cet automne et de cet hiver : la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera le premier texte inscrit par le gouvernement à la reprise, mais aussi le projet de loi sur le logement ou encore le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé, tous deux adoptés par le Sénat, ou encore un texte sur les ingérences étrangères annoncé par le Premier ministre. Et c’est sans compter le récent projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté par le gouvernement. La liste n’est pas exhaustive. « J’ai cru comprendre qu’il serait difficile d’inscrire le texte sur les polices municipales avant le budget. Ils espèrent trouver du temps législatif après le budget, mais les promesses n’engagent que ceux qui croient », s’inquiète Christophe Marion, co-rapporteur (Renaissance) du projet de loi à l’Assemblée nationale. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges » Joint par Public Sénat, le ministère des Relations avec le Parlement précise que « les arbitrages sont en cours concernant l’inscription des textes pour la session ». Le député du Loir-et-Cher et son collègue co-rapporteur Éric Pauget (LR) annoncent solliciter un rendez-vous à Matignon pour obtenir des assurances sur l’inscription du texte. « Ce qui vient d’arriver à Carcassonne renforce l’idée que le contrôle des polices municipales est nécessaire », insiste-t-il. Hier, le parquet a annoncé la suspension mercredi de quatre policiers municipaux de Carcassonne après la diffusion d’une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes. Même volonté de se rappeler aux bons souvenirs de Matignon au Sénat. « Je vais voir avec Gérard Larcher pour que l’on mette la pression sur le gouvernement », prévient Jacqueline Eustache Brinio. Outre les contraintes d’agenda, avec l’empilement de projets de loi, le député Christophe Marion a une autre interprétation de ces retards à répétition. « On a passé des textes régaliens en fin de session parlementaire, je pense à RIPOST. Les socialistes ont voté contre. » Or, les socialistes sur le projet de loi sur les polices municipales ont annoncé en commission leur volonté de « rééquilibrer » le texte. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges, qui puissent radicaliser des positions ou rendre difficile d’émergence d’un consensus », poursuit le député.  En cas de reprise de débats, il faudrait également compter sur une commission mixte paritaire si le texte est adopté à l’Assemblée nationale. Seule une issue favorable pourrait permettre au texte de pouvoir aboutir dans les temps. « On peut trouver un terrain d’entente », assurent les rapporteurs. « J’attend du gouvernement qu’il aille au bout de la démarche. On a créé de l’espoir avec ce texte, je trouverai ça effrayant de ne pas être à la hauteur des attentes des élus et des policiers », insiste Jacqueline Eustache Brinio. Sans garantie sur ce texte attendu, le traditionnel congrès des maires début novembre pourrait s’ouvrir dans un concert de protestations.
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