Loi de programmation militaire : « Je suis satisfait que beaucoup de sénateurs n’aient pas cédé à la pression considérable que leur a mise Matignon pour changer d’avis », déclare Cédric Perrin

C’est un coup de théâtre qui s’est produit hier soir dans l’hémicycle du Sénat alors que les sénateurs ont rejeté l’article 2 de la loi de programmation militaire qui prévoyait une rallonge de 36 milliards d’euros pour la défense entre 2024 et 2030. Néanmoins, la droite sénatoriale et une partie du centre réclament un effort supplémentaire pour atteindre 50 milliards d’euros.
Henri Clavier

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Une rallonge rejetée par le gouvernement soucieux de préserver les finances publiques. « La France est en procédure de déficit excessif », a expliqué la ministre des Armées dans l’hémicycle, « l’effort doit être soutenable pour l’ensemble des politiques publiques ». 

Une rallonge insuffisante pour le groupe LR 

Si le choix de LR de ne pas voter la rallonge de 36 milliards d’euros a pu surprendre, le président de la commission défense et affaires étrangères du Sénat, Cédric Perrin (LR), défend ce choix. « Je suis satisfait que beaucoup de sénateurs n’aient pas cédé à la pression considérable que leur a mise Matignon pour changer d’avis », explique Cédric Perrin. 

Pour ce dernier, il s’agit de voter une trajectoire de dépense cohérente par rapport aux risques existants. « Nous voulons aujourd’hui que les promesses faites par le gouvernement à l’Otan l’année dernière qui consistent à dire qu’on veut aller à 3,5 % du PIB en 2030 soient tenues », insiste le président de la commission. Par ailleurs, le président de la commission a annoncé l’organisation d’une conférence de presse ce mercredi 3 juin à 15h30. 

« Bruno Retailleau n’a pas été plus actif que les autres » 

Actif dans l’hémicycle, le président de LR et candidat à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau, assume un « choix politique » pour « être crédible en Europe » face à « l’ensauvagement du monde » et le « désengagement américain ». « Bruno Retailleau n’a pas été plus actif que les autres », assure Cédric Perrin qui défend la ligne de son groupe. 

Un scénario pourrait cependant encore permettre de réintégrer la rallonge budgétaire de 36 milliards dans le texte avant la commission mixte paritaire : demander une seconde délibération. Une demande qui est de droit pour le gouvernement mais qui peut également être formulée par la commission saisie au fond, sous réserve de son acceptation par le Sénat. “C’est au gouvernement de décider s’il veut une deuxième délibération, faute de quoi c’est l’article 2 de l’Assemblée nationale qui sera étudié en commission mixte paritaire”, résume Cédric Perrin.

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