Les atteintes sexuelles sur mineurs « sont des infractions traitées prioritairement », « 20 000 policiers et gendarmes sont formés », assure Laurent Nunez
Le ministre de l’Intérieur a démarré l’audition en rappelant que « les plaintes concernant les atteintes sexuelles aux mineurs », agressions et viols, « sont traitées dans le cadre des instructions du parquet ». « Ce sont des infractions qui sont traitées prioritairement », a-t-il rappelé. « Les parquets relaient les instructions du garde des Sceaux et chaque directeur général, qu’il s’agisse du directeur général de la police nationale, du directeur général de la gendarmerie nationale, mais aussi pour l’agglomération parisienne, le préfet de police », a-t-il développé.
Le ministre a également mis en avant le bilan des deux derniers quinquennats en matière de violences sexuelles sur mineurs, un contentieux multiplié par 2,5 fois depuis 2017. « Sur une année comme l’année 2025, les atteintes sexuelles aux mineurs, c’est 58 % de l’ensemble des atteintes sexuelles. Donc on est en flux courant chaque année aux alentours d’entre 60 000 et 70 000, et au-delà qui sont traités tous les ans ».
Le ministre a rappelé la montée en puissance ces 10 dernières années de « 400 salles Mélanie sur l’ensemble du territoire national. Des salles dans les gendarmeries et commissariats où est recueillie la parole des enfants « dans un contexte qui les rassure avec un mobilier adapté, avec évidemment des personnels qui sont formés à la conduite de ce type de procédure », a-t-il précisé sans oublier les « possibilités d’audition dans les unités d’accueil pédiatriques pour enfants en danger, les fameuses UAPED qui existent ».
Le suspect du meurtre de Lyhanna faisait déjà l’objet d’une plainte pour viol sur mineur déposé en août dernier à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) par la mère d’une fillette de 11 ans pour des faits de viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect, Jérôme Barella.
Après plusieurs actes d’enquête, dont des examens médico-légaux corroborant les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse s’était dessaisi au profit de celui d’Auch, territorialement compétent. Transmis par voie postale fin 2025, le dossier n’a été adressé à la gendarmerie de Lectoure (Gers) que le 9 janvier 2026.
« Lorsque l’affaire démarre à Toulouse, dans la Haute-Garonne, la petite victime est auditionnée selon ce processus, citée plus haut. « Il y a une audition qui va durer quatre heures, quatre heures d’audition qui va se dérouler justement dans une unité d’accueil pédiatrique pour l’enfant en danger avec un enquêteur formé, spécialisé, quatre heures d’audition », a indiqué Laurent Nunez.
20 000 policiers et gendarmes ont été formés spécifiquement pour recueillir la parole des enfants dans le cadre de ces violences sexuelles.