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Affaire Lyhanna : ce qu’il faut retenir de l’audition de Gérald Darmanin et Laurent Nunez au Sénat

Affaire Lyhanna : ce qu’il faut retenir de l’audition de Gérald Darmanin et Laurent Nunez au Sénat

Afin de faire le point sur les défaillances qui ont conduit à l'affaire Lyhanna, le ministre de la Justice ainsi que le ministre de l’Intérieur étaient auditionnés par la commission des lois du Sénat ce mardi matin. « Défaillances graves », « fonctionnement des parquets », « dysfonctionnements », retrouvez les temps forts de cette audition.
Rédaction Public Sénat

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21 min

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Après avoir reçu pendant trois heures ce lundi matin les procureurs généraux, Gérald Darmanin est auditionné par les sénateurs, ce mardi à partir de 9h30. Il sera accompagné du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez. Sous pression, le garde des Sceaux a appelé lundi à la « mobilisation générale » afin de « faire la vérité » après les défaillances dans l’affaire Lyhanna, qui suscite toujours une vive émotion, partagée par des milliers de manifestants en soirée.

Depuis la découverte jeudi du corps de la collégienne de 11 ans dans le Gers et les révélations sur des plaintes pour viols sur mineures – certaines procédures ayant ensuite été classées – dont le suspect a fait l’objet, l’institution judiciaire est mise en cause de toutes parts.

S’il a écarté l’idée d’une démission, car « cette défaillance ne tenait pas aux instructions que le ministère a données », le ministre de la Justice a assuré que des sanctions seraient prises après des « défaillances extrêmement graves ». Une inspection – justice, gendarmerie et Education nationale – doit rendre ses conclusions sous 15 jours.

En ce qui concerne les réponses politiques, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis d’ « accélérer » l’examen au Parlement d’une proposition de loi globale et transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles, en réponse à l’affaire Lyhanna, et d’ « enrichir » le projet de loi sur la protection des enfants.

A 11h30, plusieurs ministres (Intérieur, Justice, Santé, Éducation nationale et Égalité) seront réunis à Matignon « afin d’examiner et arbitrer de nouvelles mesures concrètes permettant de mieux recueillir, entendre et protéger la parole des enfants et des victimes dans les affaires de viol et de harcèlement sexuel ».

 

11h35

L’audition est terminée. Les ministres de la justice et de l’Intérieur vont à Matignon pour une nouvelle réunion autour de Sébastien Lecornu sur les suites de l’affaire Lyhanna

11h32

Gérald Darmanin se dit « favorable » à la proposition de loi intégrale sur les violences faites aux femmes et aux enfants

Interrogé par la socialiste Corinne Narassiguin, Gérald Darmanin se dit « favorable », comme « depuis plus d’un an », à la proposition de loi intégrale sur les violences faites aux femmes et aux enfants. Un texte qui vise une approche globale du sujet. « Je suis heureux de voir que la charge est répartie sur autre chose que le ministère de la justice, c’est une très bonne chose », salue le garde des Sceaux, qui approuve aussi les 2 à 4 milliards de moyens supplémentaires prévus par le texte.

La proposition de loi doit encore être inscrite à l’ordre du jour au Parlement. Gérald Darmanin estime que « ce sera discuté » lors de la réunion interministérielle qui doit se tenir juste après cette audition.

11h25

« Tous les jours, des parquets poursuivent des sujets que je ne considère pas prioritaires », s’agace Gérald Darmanin

Le ministre de la Justice se dit « agacé » que ses consignes en matière de politique pénale ne soient pas toujours suivies d’effets. « Je constate tous les jours que des parquets poursuivent des sujets que je ne considère pas prioritaires, alors que je vois qu’il y a des stocks criminels en attente », alerte Gérald Darmanin. « Et donc, je le rappelle aux procureurs généraux », insiste-t-il, rappelant que sa circulaire de politique pénale générale donne priorité au narcotrafic et aux violences faites aux femmes et aux enfants.

Cela fait plusieurs jours que le garde des Sceaux souligne que cette circulaire parue en janvier 2025 n’a pas été appliquée dans l’affaire Lyhanna. « On manque de moyens pour tout traiter. Mais quand on n’a pas de moyens, on fait prioritaire. […] Je ne peux pas faire plus simple », tranche le ministre en réponse aux multiples interpellations des sénateurs quant aux moyens insuffisants de la Justice.

11h21

« Le ministre de la Justice ne peut rien faire », martèle Gérald Darmanin

Répondant au cas évoqué par Hussein Bourgi, Gérald Darmanin a reconnu que les faits rapportés semblaient révéler « des dysfonctionnements » et « une lenteur incompréhensible pour nos concitoyens ». Mais le garde des Sceaux a surtout insisté sur les limites de son action dans les dossiers individuels. « Le ministre de la Justice ne peut rien faire », a-t-il affirmé, rappelant que l’article 30 du Code de procédure pénale lui interdit d’adresser « aucune instruction au procureur dans les affaires individuelles ».
Le ministre a toutefois relancé le débat sur l’opportunité de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans certaines affaires. Rappelant que cette possibilité existait jusqu’en 2013, avant la réforme portée par Christiane Taubira, il a estimé qu’une réflexion politique pouvait être ouverte. « Si vous souhaitez que je puisse intervenir pour demander au procureur de poursuivre et de ne pas classer sans suite ce genre d’affaires », a-t-il lancé aux parlementaires, expliquant que, dans le cadre actuel, il ne peut qu’interroger les procureurs généraux sans imposer de décision dans un dossier précis.
Gérald Darmanin a également dénoncé les limites rencontrées dans la conduite de sa politique pénale. Évoquant une récente circulaire consacrée aux droits des victimes, il a indiqué que plusieurs organisations de magistrats l’avaient contestée devant le Conseil d’État. « On dénie le droit au ministre de la Justice d’expliquer qu’il faut répondre aux victimes », a-t-il regretté, estimant que les attentes des familles portent souvent d’abord sur l’obtention d’explications claires lorsque des décisions de classement sans suite sont prises.
Refusant l’idée d’être le « chef » des magistrats, comme l’avait suggéré le sénateur, le garde des Sceaux a rappelé qu’il ne nomme ni ne sanctionne les juges du siège et qu’il ne dispose pas de tous les leviers pour imposer ses orientations. « Aujourd’hui, le ministre de la Justice n’a pas tous les moyens pour appliquer la politique pénale », a-t-il conclu.
11h08

« Quand tout est prioritaire, rien ne l’est », s’insurge le sénateur socialiste, Hussein Bourgi

Le sénateur Hussein Bourgi a interrogé le garde des Sceaux sur la place accordée aux victimes dans la chaîne pénale, estimant que « les victimes, et les enfants en particulier, ne sont pas suffisamment écoutés et entendus ». Il a également mis en garde contre la multiplication des priorités pénales assignées aux magistrats. Évoquant la récente circulaire demandant de faire des infractions sexuelles commises sur les mineurs un traitement prioritaire, il a rapporté les inquiétudes de nombreux magistrats : « Tout est prioritaire. Le narcotrafic est prioritaire, les violences intrafamiliales sont prioritaires, les infractions à l’égard des mineurs sont prioritaires. »
« Quand tout est prioritaire, rien ne l’est », a poursuivi l’élu socialiste, estimant que les procureurs et les enquêteurs peinent à hiérarchiser leurs missions face à l’accumulation des injonctions. Selon lui, les magistrats sont prêts à répondre à ces exigences mais ont besoin « d’un cadre clair » et de moyens supplémentaires pour y parvenir.
Pour illustrer son propos, Hussein Bourgi a relaté le cas d’une fille de cinq ans dont la famille a dénoncé des agressions sexuelles présumées. Malgré une plainte, un examen médico-légal et une expertise psychologique évoquant des symptômes compatibles avec un traumatisme, la procédure aurait connu de longs délais de traitement. Le sénateur a notamment dénoncé l’audition tardive du suspect, intervenue un an après les faits signalés, puis le classement sans suite de l’affaire. Il a rapporté le désarroi de la famille, qui attend toujours les explications promises sur cette décision.
Plus largement, le sénateur a plaidé pour un renforcement durable des moyens de la justice. S’il a salué les hausses budgétaires accordées ces dernières années, il les juge insuffisantes au regard de décennies de sous-investissement. « C’est toujours une question de moyens », a-t-il insisté, appelant à soutenir davantage les magistrats et à défendre l’institution judiciaire face aux critiques croissantes dont elle fait l’objet.
10h37

« Dans l’affaire Lyhanna, ce n’est pas un manque de moyens », affirme Gérald Darmanin

Alors que le garde des Sceaux vient de demander aux magistrats de passer en revue les 70 000 plaintes connues pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie alerte sur la question des moyens. « Comment est-ce que les parquets vont pouvoir revoir les 70 000 procédures, […] alors qu’ il faut quand même traiter les autres ? », interroge-t-elle. « Vous avez eu en 2022 un rapport de l’inspection générale, qui a été fait à la demande de la CIIVISE (La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants). Il indique que le taux de classement sans suite de ce type d’affaires est entre 50 et 84 % et que 30 % des dossiers n’avaient connu qu’un seul acte d’investigation parce que les policiers eux-mêmes sont totalement débordés, saturés et n’ont pas la capacité de le faire », épingle l’élue. « Vous aviez depuis plusieurs années, à la Chancellerie, le constat que vous semblez découvrir aujourd’hui. »

Dans sa réponse, le ministre a renvoyé la sénatrice au bilan de François Hollande. Il a fait valoir l’augmentation du budget alloué à son ministère et le renforcement des effectifs des tribunaux depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. « En 2013, le budget du ministère de la Justice, c’était 7,7 milliards d’euros hormis les retraites. En 2017, à la fin du quinquennat, c’était 8,5 milliards d’euros, c’est-à-dire une augmentation inférieure à l’inflation », a-t-il pointé. « Entre 2017 et 2026, il a augmenté de 53 %, pour passer à 13 milliards d’euros. Il y avait 8 000 magistrats en 2013, et 8 000 en 2017, après 5 ans de pouvoir. […] Désormais nous avons quasiment 10 000 magistrats, soit 2 000 de plus depuis 7 ans », a encore énuméré Gérald Darmanin.

« Sur tout autre sujet, il manque incontestablement des moyens. Il manque des moyens médicaux, il manque des moyens psychologiques, il manque des moyens d’enquêteurs, il manque des magistrats, vous avez parfaitement raison. Mais dans l’affaire Lyhanna, expressis verbis, ce n’est pas le cas, c’est tout. On peut dire les deux sans être contraire à une certaine idée de la justice », a martelé le garde des Sceaux.

10h25

« Ce n’est pas les fichiers qui n’ont pas marché, c’est une interprétation de cela », estime Gérald Darmanin

Interrogé sur les éventuelles failles dans le suivi de l’homme mis en cause, Gérald Darmanin a défendu le fonctionnement des outils judiciaires et policiers. Le garde des Sceaux a rappelé que l’intéressé était déjà connu des services après deux plaintes, déposées en 2017 puis en 2020, toutes deux classées sans suite mais dûment enregistrées dans le TAJ et dans le logiciel Cassiopée. « Quand arrive la troisième plainte, le service était informé de son passé judiciaire », a-t-il assuré, soulignant que les enquêteurs comme les magistrats avaient accès à ces antécédents.
Le ministre a ensuite longuement insisté sur la distinction entre ces fichiers de signalement et le Fijais, le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Selon lui, l’homme mis en cause ne pouvait pas y figurer puisqu’il n’avait jamais été condamné ni mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire. Gérald Darmanin a rappelé que l’inscription dans ce fichier relève d’une décision judiciaire et non administrative. Il a également évoqué les fichiers utilisés dans le cadre de la lutte antiterroriste pour souligner la différence entre un système fondé sur une décision de justice et un système de renseignement reposant sur des signalements.
Le garde des Sceaux a ainsi ouvert une réflexion plus large sur l’opportunité de créer un fichier administratif recensant des personnes faisant l’objet de signalements pour violences sexuelles sur mineurs. Une telle évolution constituerait selon lui « une question démocratique » majeure, qui relèverait du Parlement et pourrait soulever des difficultés constitutionnelles. « Les fichiers S, ce ne sont pas des gens qui ont été condamnés pour terrorisme », a-t-il notamment rappelé pour illustrer les enjeux liés à l’inscription de personnes sur la base de soupçons plutôt que de décisions judiciaires.
Pour Gérald Darmanin, la difficulté rencontrée dans cette affaire est ailleurs : les informations existaient et étaient accessibles. « Ce n’est pas les fichiers qui n’ont pas marché, c’est une interprétation de cela », a-t-il conclu, estimant que l’accumulation des signalements et des éléments recueillis aurait dû conduire à une prise en compte plus rapide de la situation.
10h18

« La première fois que j’entends parler de cette affaire, c’est par une demande du parquet d’Auch d’alerte enlèvement »

La mission de l’inspection de la justice qui doit rendre ses conclusions sous 15 jours, a démarré sa mission vendredi. A partir de cette inspection, le ministre de la Justice pourrait prendre des sanctions après avis du Conseil supérieur de la magistrature. « Il n’y a pas de sanctions prédéfinies dans ma tête, mais manifestement, des défaillances ont eu lieu et ces enquêtes », a indiqué Gérald Darmanin devant les sénateurs.

« La première fois que je n’entends parler de cette affaire, c’est par une demande du parquet d’Auch d’alerte enlèvement de cet enfant », a-t-il par ailleurs expliqué. David Taupiac, député Liot du Gers, lui a ensuite fait part de l’inquiétude dans son département au sujet de la disparition de la fillette.

Le garde des Sceaux s’est donc tourné vers les procureurs généraux d’Auch et de Toulouse pour obtenir des informations. « J’ai eu d’innombrables fiches d’action publique à peu près toutes les 4 heures où j’ai appris un certain nombre de constats […] la loi organique permet au ministre de la Justice d’avoir les fiches d’action publique où je constate l’absence par exemple de communication téléphonique entre le parquet de Toulouse et le parquet d’Auch. Des fiches d’action publique que l’inspection prendra en compte dans son rapport. »

10h14

« Tous les trois mois, je réunis les procureurs généraux », assure Gérald Darmanin

En réponse aux interrogations de Muriel Jourda sur le pilotage de la politique pénale, Gérald Darmanin a détaillé les outils de suivi mis en place par la Chancellerie. « Tous les trois mois, je réunis les procureurs généraux » pour faire un point notamment sur « les violences sexuelles contre les femmes et les enfants », a-t-il expliqué. Le garde des Sceaux a indiqué suivre les taux de poursuites et s’être aperçu que ceux concernant les violences faites aux femmes et aux enfants « n’étaient pas à la hauteur » des priorités fixées. Il a également affirmé avoir demandé « 41 fiches d’action publique » sur des affaires de viols sur mineurs afin de vérifier qu’une enquête était bien ouverte et que les actes nécessaires avaient été engagés, tout en rappelant qu’il lui est « strictement impossible » d’intervenir directement auprès d’un procureur de la République sur un dossier précis.
10h12

« Qu’a-t-il été fait jusqu’à maintenant pour piloter cette politique pénale ? », demande Muriel Jourda

La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda a estimé ne pas avoir obtenu de réponse à sa question de fond. « Aujourd’hui, vous nous dites : nous allons traiter ces 70 000 dossiers », a-t-elle relevé, avant de s’interroger sur les actions déjà engagées. L’élue a demandé « ce qui avait été fait jusqu’à maintenant pour décliner la politique pénale » définie par la Chancellerie et s’assurer de son application sur le terrain. « C’était ça ma question », a-t-elle insisté, réclamant des précisions sur les dispositifs de pilotage et de suivi mis en œuvre avant l’annonce des nouvelles mesures.
10h07

« Est-ce qu’il y a des dossiers qui dorment dans les parquets ? », interroge Gérald Darmanin

Le ministre de la Justice revient sur la demande qu’il a formulée aux procureurs généraux : une revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici le 14 juillet. « Ils m’ont assuré que le cas de l’affaire Lyhanna […] était un fait exceptionnel. Je pense que cela vaut le coup de vérifier », affirme Gérald Darmanin.

Un recensement qui ne suppose pas « d’étudier 2000 plaintes par jour, comme je l’ai entendu dire », précise-t-il, mais de s’attaquer aux plaintes pour lesquelles aucun acte d’enquête n’a été lancé. « Est-ce qu’il y a des dossiers qui dorment dans les parquets ? », interroge le garde des Sceaux. Parmi ces plaintes, Gérald Darmanin veut donner la priorité aux crimes et aux cas où la victime est encore mineure à ce jour. « Pour qu’il n’y ait pas d’autres affaires Lyhanna », insiste-t-il.

Gérald Darmanin promet également aux sénateurs de « rendre public un état général » de cette mission adressée aux procureurs généraux, qui devraient être reçus un à un par le ministre entre le 14 juillet et le 31 juillet.

10h00

Gérald Darmanin évoque « une défaillance grave » et pointe « les questions que peut poser le fonctionnement même des parquets »

« Ce qui nous manque dans cette histoire, ce n’est pas une nouvelle loi, ce n’est pas des nouveaux moyens, ce n’est pas des problèmes numériques, c’est simplement, me semble-t-il, la priorisation des plaintes pour viol », a estimé le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Devant la commission des lois, le ministre de la Justice a évoqué une défaillance de procédure dans le traitement des plaintes déposées contre le suspect, estimant pour sa part ne pas avoir manqué à son devoir. Il a notamment rappelé qu’il avait pris depuis son arrivée au ministère plusieurs circulaires auprès de procureurs, l’une d’elles indiquant que « les violences physiques ou sexuelles doivent faire l’objet d’une vigilance particulière et d’un traitement prioritaire. » Quant au manque de moyens, le ministre a estimé que les quatre magistrats du tribunal d’Auch étaient « sans doute insuffisants », mais permettaient toutefois « de traiter les 180 dossiers de violences qui concernent les enfants de manière générale dans le département du Gers. »

« Dans le cas précis de Lyhanna, on aurait pu appliquer le principe même de la protection des enfants, de la saisie des téléphones portables, de la mise en cause de l’individu par une garde à vue qui était tout à fait prévue dans le cadre de la loi, puisque je rappelle que très rapidement, une plainte avait été déposée en Haute-Garonne », a-t-il déploré. « Le médecin a très rapidement fait le constat du viol sur cet enfant. L’expert demandé par le parquet constate psychologiquement que cet enfant n’a pas de troubles particuliers et qu’il faut évidemment la croire. Et par ailleurs, nous connaissons l’auteur qui est inscrit dans Cassiopée et dans le fichier des antécédents judiciaires à deux reprises puisque deux plaintes précédentes pour viol avaient été classées », a rappelé le ministre.

 

Gérald Darmanin évoque ainsi « une défaillance grave », il a également pointé « les questions que peut poser le fonctionnement même des parquets ». « Pourquoi envoie-t-on par voie postale un dossier alors même qu’Internet et les messageries numériques existent depuis les années 90 ? », a-t-il interrogé. « Pourquoi le bureau d’ordre met un mois entre l’ouverture du courrier et l’attribution au magistrat ? Et quand le magistrat obtient l’enquête, pourquoi met-il un mois et demi pour saisir la brigade de gendarmerie ? […] Pourquoi les actes d’enquête n’ont pas été faits plus rapidement ? », a encore épinglé le locataire de la place Vendôme. « L’inspection nous le dira. »

09h51

« Les dossiers doivent être suivis et traités à un bon niveau », insiste Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a défendu l’organisation mise en place pour le traitement des plaintes, notamment celles portant sur des violences sexuelles faites aux mineurs. « Il y a une hiérarchie à laquelle on demande régulièrement de faire ce qu’on appelle une revue des portefeuilles », a-t-il expliqué, rappelant l’existence de services spécialisés et la nécessité de vérifier que chaque dossier est suivi « à un bon niveau ». Le préfet de police a également insisté sur la capacité des services, en lien avec les parquets, à assurer un suivi de l’évolution de chaque plainte. Une « revue générale des 70 000 dossiers » est par ailleurs en cours afin de s’assurer qu’ils sont bien pris en compte, orientés vers le service compétent et que « les actes d’enquête indispensables » sont effectivement engagés.
09h45

Les atteintes sexuelles sur mineurs « sont des infractions traitées prioritairement », « 20 000 policiers et gendarmes sont formés », assure Laurent Nunez

Le ministre de l’Intérieur a démarré l’audition en rappelant que « les plaintes concernant les atteintes sexuelles aux mineurs », agressions et viols, « sont traitées dans le cadre des instructions du parquet ». « Ce sont des infractions qui sont traitées prioritairement », a-t-il rappelé. « Les parquets relaient les instructions du garde des Sceaux et chaque directeur général, qu’il s’agisse du directeur général de la police nationale, du directeur général de la gendarmerie nationale, mais aussi pour l’agglomération parisienne, le préfet de police », a-t-il développé.

Le ministre a également mis en avant le bilan des deux derniers quinquennats en matière de violences sexuelles sur mineurs, un contentieux multiplié par 2,5 fois depuis 2017. « Sur une année comme l’année 2025, les atteintes sexuelles aux mineurs, c’est 58 % de l’ensemble des atteintes sexuelles. Donc on est en flux courant chaque année aux alentours d’entre 60 000 et 70 000, et au-delà qui sont traités tous les ans ».

Le ministre a rappelé la montée en puissance ces 10 dernières années de « 400 salles Mélanie sur l’ensemble du territoire national. Des salles dans les gendarmeries et commissariats où est recueillie la parole des enfants « dans un contexte qui les rassure avec un mobilier adapté, avec évidemment des personnels qui sont formés à la conduite de ce type de procédure », a-t-il précisé sans oublier les « possibilités d’audition dans les unités d’accueil pédiatriques pour enfants en danger, les fameuses UAPED qui existent ».

Le suspect du meurtre de Lyhanna faisait déjà l’objet d’une plainte pour viol sur mineur déposé en août dernier à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) par la mère d’une fillette de 11 ans pour des faits de viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect, Jérôme Barella.

Après plusieurs actes d’enquête, dont des examens médico-légaux corroborant les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse s’était dessaisi au profit de celui d’Auch, territorialement compétent. Transmis par voie postale fin 2025, le dossier n’a été adressé à la gendarmerie de Lectoure (Gers) que le 9 janvier 2026.

« Lorsque l’affaire démarre à Toulouse, dans la Haute-Garonne, la petite victime est auditionnée selon ce processus, citée plus haut. « Il y a une audition qui va durer quatre heures, quatre heures d’audition qui va se dérouler justement dans une unité d’accueil pédiatrique pour l’enfant en danger avec un enquêteur formé, spécialisé, quatre heures d’audition », a indiqué Laurent Nunez.

20 000 policiers et gendarmes ont été formés spécifiquement pour recueillir la parole des enfants dans le cadre de ces violences sexuelles.

09h48

« Nous avons 20 000 policiers et gendarmes formés spécifiquement pour recueillir la parole des enfants dans le cadre des violences sexuelles »

Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur dans son propos liminaire précise le cadre de recueil de la parole des enfants.

09h32

L’audition des ministres va débuter à la commission des lois

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