« Son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat » et sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », selon le quotidien Libération, qui cite l’arrêté ministériel.
« En déployant ses narratifs », la chroniqueuse de plusieurs radios et chaînes de télévisions dans le giron de Vincent Bolloré « s’inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » dans le but « de déstabiliser l’ordre public » en France, est-il ajouté.
Elle « contribue à la diffusion d’un discours de désinformation et de déstabilisation », « visant à manipuler l’opinion publique », « à saper la confiance des citoyens européens et en particulier des citoyens français en leurs institutions », selon l’arrêté ministériel cité par Libération. Ailleurs en Europe, Xenia Fedorova est interdite de territoire en Allemagne, a précisé à l’AFP une source proche du dossier.
Une vive polémique avait été déclenchée fin mai après la révélation de la prolongation en 2024 pour 10 ans du titre de séjour de la Russe âgée de 45 ans et un article du journal Le Monde qui lui prêtait une influence grandissante sur le milliardaire conservateur. « Il y a des titres qui sont renouvelés de plein droit pour des étrangers qui sont en situation régulière depuis plusieurs années et qui remplissent des conditions. Il s’en délivre tous les jours », avait alors indiqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, assurant qu’il n’y avait eu aucune « intervention » du gouvernement pour cette prolongation. Par ailleurs, la sénatrice Laurence Rossignol (PS) avait interpellé le gouvernement, s’inquiétant de la participation de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à un repas avec Xenia Fedorova. « Ce n’est pas une affaire anecdotique », avait alors taclé la sénatrice.
Ancienne patronne de la chaîne russe RT en France, interdite dans l’UE depuis mars 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Xenia Fedorova défend régulièrement les positions du Kremlin dans les médias dans le giron de Vincent Bolloré. Elle intervient notamment sur CNews et Europe 1 et signe une chronique dans l’hebdomadaire le JDNews. Les groupes Canal + et Lagardère ont d’ailleurs rapidement publié un communiqué pour défendre leur chroniqueuse. « La liberté d’expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus. Elle se défend précisément lorsqu’elles dérangent ou suscitent la contradiction, dès lors qu’elles s’inscrivent dans le débat démocratique, comme c’est le cas dans l’ensemble de nos médias », écrivent-ils.
Le gouvernement français et le président de la République, Emmanuel Macron, ont qualifié Xenia Fedorova de « propagandiste » du Kremlin. Des eurodéputés ont demandé à l’Union européenne de prendre des sanctions à son égard.
(Avec AFP)