Qui récupérera les clés de l’Élysée ? Pour espérer figurer sur les bulletins de vote, chaque candidat doit en effet réunir au moins 500 parrainages d’élus (maires, parlementaires, conseillers départementaux ou régionaux) parmi les quelque 42 000 élus habilités à les délivrer. Ces signatures doivent provenir d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, sans qu’un même territoire puisse en fournir plus d’un dixième. La collecte s’achèvera le vendredi 12 mars 2027 à 18 heures. À titre de comparaison, 12 candidats étaient en lice en 2022, et un record de 16 en 2002.
Emmanuel Macron ne pouvant briguer un troisième mandat consécutif, la question de sa succession accélère la recomposition des différents camps. C’est donc en ordre dispersé que les forces politiques ont mis le cap vers 2027 : certains partis se cherchent encore un candidat, tandis que d’autres, déjà déclarés ou dans les starting-blocks, forment une liste longue de prétendants.
Au centre, deux ex-Premiers ministres en concurrence
Faute de figure évidente pour prendre le relais du chef de l’État, ce sont deux anciens locataires de Matignon qui s’affrontent au centre. Édouard Philippe, maire du Havre et président d’Horizons, est candidat depuis septembre 2024 ; il cherche à rassembler une partie du centre et de la droite, tout en prenant ses distances avec l’héritage du macronisme. Gabriel Attal, ex-Premier ministre et secrétaire général de Renaissance, a quant à lui officialisé sa candidature le 22 mai 2026. Les deux hommes s’accordent sur la nécessité d’un rassemblement d’ici le début de l’année 2027, mais chacun reste persuadé de pouvoir s’imposer face à l’autre.
À droite, une primaire en pointillé
Bruno Retailleau a été désigné candidat par les adhérents Les Républicains le 19 avril 2026, avec 73,8 % des voix, une désignation qui n’a pourtant pas clos les débats internes. Le résultat de cette consultation interne faisait peu de doute, tant elle semblait taillée sur mesure. L’ex-ministre de l’Intérieur s’était officiellement lancé dans la course à l’Élysée le 12 février 2026, en tentant notamment de faire revenir au bercail les électeurs de droite partis vers le RN. Cette désignation n’a toutefois pas mis fin aux autres candidatures à droite.
David Lisnard, maire de Cannes, a ainsi quitté le parti le 31 mars pour se déclarer candidat le jour même avec son mouvement Nouvelle Énergie, plaidant pour une primaire ouverte à droite afin d’éviter la dispersion des voix. Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a confirmé le 27 août qu’il serait lui aussi candidat, sans l’être officiellement, mais refuse pour sa part toute primaire : « On ne va pas faire les mêmes erreurs à chaque fois », a-t-il lancé lors de l’université d’été du Medef.
À l’extrême droite, deux candidatures concurrentes
Marine Le Pen a annoncé sa candidature le 7 juillet 2026, quelques heures seulement après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, décision dont elle s’est depuis pourvue en cassation. Cette condamnation avait longtemps alimenté l’hypothèse d’une candidature de repli de Jordan Bardella ; la décision d’appel lui permet à ce stade de se présenter, même si la question reste politiquement sensible tant que la procédure judiciaire n’est pas définitivement close.
Éric Zemmour, président de Reconquête, a également confirmé son intention de concourir en 2027. Ce sera bien lui, et non l’eurodéputée Sarah Knafo, qui portera les couleurs du mouvement à la présidentielle. Candidat sorti de nulle part en 2022, il avait alors connu une percée éclaire dans les sondages à l’automne 2021. Il avait finalement terminé quatrième du premier tour, avec 7,07 % des voix.
À gauche, la France insoumise fait cavalier seul
C’est à gauche que la situation est la plus éclatée. Jean-Luc Mélenchon, pour La France insoumise, a annoncé le 3 mai 2026 sa quatrième candidature à l’élection suprême, après un troisième tour serré en 2022 : 21,95 % des voix, à seulement 1,2 point de Marine Le Pen et environ 420 000 voix d’écart.
Lors de son premier meeting de campagne, le 7 juin 2026 à Saint-Denis, le leader de LFI a défendu l’idée que son mouvement devait porter sa propre candidature et a appelé les autres forces de gauche à ne pas lui barrer la route. Les sondages de cette rentrée le placent en tout cas, selon les configurations de premier tour, en capacité de se hisser au second.
D’autres figures ont choisi de rester à l’écart de tout processus commun. Karim Bouamrane affiche son ambition sans détour : « En décembre, janvier, on verra que la personne qui sera la mieux placée dans les sondages pour rassembler les Français, ce sera ma personne. » François Ruffin, pour Debout !, maintient de son côté sa candidature, qu’il participe ou non à une primaire, tout comme l’ancienne ministre de l’Écologie Delphine Batho.
Le Parti communiste a quant à lui validé, dimanche 6 septembre, la candidature de son secrétaire national Fabien Roussel, approuvée à 72 % par les militants — une deuxième candidature consécutive pour le maire de Saint-Amand-les-Eaux.
Marine Tondelier a été désignée candidate des Écologistes dans la perspective d’une primaire de la gauche. Après l’abandon du projet de primaire unitaire, les militants écologistes ont validé en juillet le principe d’une candidature autonome de leur secrétaire nationale. Marine Tondelier continue toutefois de défendre des discussions avec les autres formations de gauche. Les Écologistes restent ainsi traversés par plusieurs options.
La voie de la primaire
Le reste de la gauche non insoumise a choisi, lui, la voie de la primaire. Le 9 juillet 2026, le Parti socialiste a validé le principe d’une primaire fermée, baptisée « Choisir 2027 », réservée aux adhérents du parti et des organisations se reconnaissant du « pôle socialiste ». Elle se tiendra les 9, 10, 16 et 17 octobre et réunira cinq candidats : Olivier Faure, secrétaire général du PS, l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, Emmanuel Maurel, animateur national de la Gauche républicaine et socialiste, et Ségolène Royal, déjà candidate en 2007. Le nom du vainqueur, chargé ensuite de construire un rassemblement plus large via un « programme commun » et un « contrat de gouvernement », sera connu à l’issue du second tour, le 17 octobre.
Les candidatures des « petites » formations
La présidentielle attire enfin, comme à chaque scrutin, un grand nombre de candidatures issues de formations plus modestes ou de sensibilités marginales : Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière, qui se présente pour la quatrième fois, Nicolas Dupont-Aignan pour Debout la France, également candidat pour la quatrième fois, Florian Philippot pour Les Patriotes, François Asselineau pour l’Union populaire républicaine, Clara Egger pour Solution démocratique, Antoine Mikolajczak pour Équinoxe, Anasse Kazib pour Révolution permanente, Selma Labib pour le NPA-Révolutionnaires, Juan Branco pour Les Ruches, Lydie Massard pour l’Union démocratique bretonne, sans oublier Benoît Mathieu et le chanteur Francis Lalanne.