Plus de cent auteurs quittent Grasset : « Cela n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’édition française », affirme Pierre Ouzoulias

Derrière le limogeage de l'éditeur de Grasset Olivier Nora suite à des désaccords avec son actionnaire Vincent Bolloré, « il y a une forme de mise au pas idéologique », dénonce le sénateur Pierre Ouzoulias au micro de Public Sénat. De cet épisode, le communiste retient les « risques démocratiques considérables » de la concentration du secteur de l’édition.
Rédaction Public Sénat

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Ils sont déjà 140 à avoir annoncé leur départ de Grasset. Le mouvement de solidarité des auteurs de la maison d’édition s’intensifie après le renvoi, mardi, d’Olivier Nora, son PDG depuis vingt-six ans. Virginie Despentes, Frédéric Beigbeder, Vanessa Springora et consorts pointent dans un courrier l’« atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la maison. Ils visent explicitement le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, qui contrôle Hachette (maison mère de Grasset) depuis 2023.

Une initiative collective saluée par le sénateur Pierre Ouzoulias. « Cela n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’édition française que plus de 100 auteurs partent collectivement d’une maison d’édition », note le communiste, interrogé par Public Sénat jeudi 16 avril. Les désaccords d’Olivier Nora avec son actionnaire milliardaire, notamment sur la publication du prochain livre de Boualem Sansal, nouvel arrivant chez Grasset, semblent avoir précipité sa chute. Hachette n’a toujours pas réagi à la tribune des auteurs.

« Une forme de mise au pas idéologique »

De quoi attester l’idée d’un licenciement aux motivations très politiques. « Ils [les auteurs] estiment qu’il y a une forme de mise au pas idéologique, ce qui est la réalité », estime Pierre Ouzoulias. La gauche sénatoriale dénonce régulièrement l’emprise croissante de Vincent Bolloré sur les secteurs des médias et de l’édition.

« Cela montre bien que la concentration dans le domaine des médias, mais aussi de l’édition littéraire, a des risques démocratiques considérables, poursuit-il. On ne peut pas donner tous les moyens de l’édition française à une même personne, en l’occurrence Vincent Bolloré. » Ce dernier n’a pas traîné pour trouver un successeur à Olivier Nora. Le jour même de son éviction, Jean Christophe Thiery, proche du milliardaire et PDG de Louis Hachette Group, était annoncé.

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