Rave-party dans le Cher : « Il faut un système beaucoup plus répressif en France », affirme la sénatrice centriste Isabelle Florennes

Invitée de la matinale de Public Sénat, Isabelle Florennes a détaillé les propositions sénatoriales pour « mieux réprimer » les rave-parties, alors qu’une nouvelle fête a réuni des dizaines de milliers de personnes dans le Cher ce week-end. Peines de prison, usage de drones, accès aux messageries cryptées… autant de mesures reprises par le gouvernement dans son projet de loi dit « Ripost », dont la sénatrice centriste se félicite.
Christian Mouly

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La fête n’a pas été du goût de tout le monde. Tout le week-end, entre 17 000 et 40 000 personnes, selon les estimations, se sont réunies dans un champ près de Bourges (Cher) pour une rave-party géante. Le lieu n’a pas été choisi au hasard à en croire les organisateurs : il s’agit du département de naissance du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, qui s’est rendu sur place dimanche. « Il a bien fait de s’y rendre, il engage un bras de fer avec les organisateurs et les participants », salue la sénatrice Isabelle Florennes, ce lundi 4 mai, dans la matinale de Public Sénat.

Le ministre y a affiché sa fermeté et a promis des « verbalisations systémiques ». Lui et les sénateurs partagent une même conviction : le cadre légal actuel n’est pas suffisant pour faire face aux rave-parties, ces rassemblements illégaux dans des lieux désaffectés ou en plein air. « C’est incompréhensible pour les riverains, pour les habitants de ces communes et pour les agriculteurs qui voient leur champ piétiné, de voir que l’Etat est impuissant à faire respecter la législation », souffle Isabelle Florennes, corapporteure de la mission d’information transpartisane, qui a formulé ses propositions dans un rapport voté à l’unanimité en commission des lois après quatre mois de travaux.

« Nous donnons un maximum d’outils aux policiers »

Face à ces fêtes spontanées, organisées à l’abri des regards policiers via des plateformes cryptées, le cap affiché est clair : « il faut un système beaucoup plus répressif en France d’ici la fin de l’année », poursuit la sénatrice, également porte-parole du MoDem. Les sénateurs proposent notamment un usage élargi des drones et de la vidéosurveillance, et, en amont de l’événement, un accès aux messageries cryptées. « Nous donnons un maximum d’outils aux policiers pour faire ce repérage », résume Isabelle Florennes.

Ces préconisations, le gouvernement les a reprises en bonne partie dans son projet de loi « Ripost », débattu dès mercredi en commission au Sénat et examiné le 18 mai dans l’hémicycle. Enième illustration qu’en matière de sécurité, l’exécutif et la chambre haute se retrouvent sur l’essentiel. « Nous avons été percutés par le projet de loi du gouvernement, mais tant mieux, parce qu’il ne faut plus attendre. […] Le gouvernement nous rejoint », se félicite Isabelle Florennes.

« Effet dissuasif »

Le sujet connaît une effervescence parlementaire puisqu’une proposition de loi de la députée Horizons Lætitia Saint-Paul est également sur les rails. « La loi Ripost est le bon véhicule », tranche Isabelle Florennes.

Comme souhaité au Sénat, le projet de loi gouvernemental prévoit de punir de deux ans de prison et 30 000 amendes l’organisation d’une rave-party, qui devient ainsi un délit et non plus une contravention. Un délit de participation serait aussi créé, avec une amende forfaitaire portée à 300 euros et une inscription au casier judiciaire.

Des « sanctions nécessaires pour avoir un effet dissuasif », assure la sénatrice, qui dit prendre exemple sur le durcissement législatif à l’œuvre en Italie et en Espagne. Un renforcement de la répression et des moyens de surveillance que le projet de loi prévoit aussi d’appliquer aux rodéos urbains.

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