Un contexte fragilisé par les municipales. Portés par la vague verte de 2020, les Écologistes avaient alors nettement progressé au Sénat. Six ans plus tard, le contexte a changé : lors des municipales de mars dernier, le parti a essuyé deux défaites majeures, à Bordeaux et à Strasbourg, et perdu la présidence de la métropole de Lyon. Des revers survenus précisément dans des départements concernés par ce renouvellement sénatorial, où la moitié des sièges était remise en jeu. Pour limiter la casse, le parti avait fait le choix stratégique de privilégier des alliances locales avec le Parti socialiste et le PCF, afin de préserver son poids électoral et de sécuriser son groupe parlementaire, le GEST.
Des réélections attendues
Le renouvellement de septembre s’accompagne traditionnellement d’un renouvellement des présidences de groupe. Chez les Écologistes, la sénatrice des Français établis hors de France Mélanie Vogel, candidate sans adversaire à la présidence du groupe pour succéder à Guillaume Gontard, est réélue dans son chez les Français établis hors de France. Guy Benarroche (Bouches-du-Rhône), Thomas Dossus (Rhône) et Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) conservent eux aussi leur siège sans difficulté.
Le Rhône, terrain de toutes les fractures
C’est dans le Rhône que la partie s’est jouée de la façon la plus disputée, et la plus révélatrice des tensions à gauche. La sénatrice sortante Raymonde Poncet Monge ne se représentait pas. La liste d’union écologistes-socialistes, menée par le sortant Thomas Dossus, n’a obtenu qu’un seul siège, celui de sa tête de liste. La socialiste Hélène Geoffroy, placée en deuxième position, n’est donc pas élue.
Ce résultat serré doit beaucoup à la candidature dissidente de l’écologiste Bruno Bernard, ancien président de la métropole de Lyon, qui a fait le pari (manqué) d’une liste séparée. Faute d’accord avec les socialistes et les écologistes, La France insoumise avait de son côté présenté sa propre liste, menée par Gabriel Amard. Contre les pronostics, l’Insoumis a été élu, faisant du Rhône le théâtre d’une double défaite stratégique pour les Écologistes ; celle de leur allié socialiste, et celle de leur ancien allié de circonstance, l’Insoumis, devenu concurrent victorieux.
Deux sièges perdus, en Alsace et en Gironde
En dehors du Rhône, le groupe subit deux autres revers. Dans le Bas-Rhin, le sénateur Jacques Fernique, entré au Sénat en 2020, n’est pas réélu. En Gironde, Romain Dostes, tête de liste écologiste chargé de succéder à la sénatrice sortante Monique de Marco, échoue également. Au total, le groupe Écologiste passe de 16 à 14 sénateurs.
Une compensation inattendue : l’arrivée de Marc Péré
Le groupe enregistre toutefois une bonne nouvelle en Haute-Garonne, avec l’élection de Marc Péré sur une liste d’union soutenue à la fois par EELV, La France insoumise et Génération.s. « On a aussi des gains, notamment en Haute-Garonne, avec Marc Péré », a souligné le président du groupe écologiste au Sénat, Guillaume Gontard, qui indique que le nouvel élu siègera bien au sein du groupe.
Reste la question du nouveau sénateur insoumis Gabriel Amard. Son élection dans le Rhône, à la tête d’une liste concurrente de celle des Écologistes, ne s’est pas traduite par un rapprochement immédiat avec le GEST. Interrogée sur une éventuelle candidature du nouvel élu insoumis à rejoindre le groupe, Mélanie Vogel a tenu à temporiser : « Il ne nous a pas fait de demande pour siéger dans notre groupe à ce stade. Cela dépendra de notre discussion de groupe. »