Le CNR s’est ouvert à huis clos ce jeudi, en l’absence notable des partis d’opposition, qui sèchent l’instance voulue par Emmanuel Macron. Elle vise à « bâtir du consensus ». « Les absents ont toujours tort », rétorque le chef de l’Etat. « La politique de la chaise vide n’a jamais été une politique pour la CFDT », soutient son numéro 1, Laurent Berger, présent. Mais si la démarche n’est « pas loyale », « on en tirera les conclusions »…
« Le Parlement […] est une grande part de la solution au nœud politique », a soutenu la première ministre en clôture des journées parlementaires Renaissance. Elle a rappelé la nécessité de « trouver une voie », par le compromis avec les oppositions, « alors que la mer n’a sans doute jamais été aussi forte ».
Malgré l’absence notable des oppositions et d’une partie des syndicats, Emmanuel Macron lance jeudi le Conseil national de la refondation pour mettre en musique la « nouvelle méthode », promise depuis sa réélection. A l’Elysée, on répond que « la politique de la chaise vide » ne fait pas « avancer les dossiers ».
Les journées parlementaires des députés et sénateurs Renaissance se font à l’aune de « la nouvelle méthode » prônée par Emmanuel Macron. « Notre responsabilité, c’est de faire vivre ce dialogue et de réussir à aller chercher des compromis », soutient Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Mais le budget s’annonce difficile et « le gouvernement aura recours sans doute à plusieurs reprises au 49.3 », prédit François Patriat, patron des sénateurs macronistes.
L’ancien premier ministre défend « une autre gauche » sur une ligne sociale-démocrate qui ne serait pas « sous la domination de Jean-Luc Mélenchon ». A la direction du PS, on y voit « un combat d’arrière-garde » et de la « rancœur ». Le sénateur Patrick Kanner souligne cependant que le PS a « besoin » de parler au centre gauche, pour espérer revenir au pouvoir.
Le président du groupe LR du Sénat, candidat à la présidence du parti, entend « rassembler sans se renier ». De « l’identité française » aux « champs nouveaux », comme l’écologie, il entend relever le parti en abordant tous les sujets. Avec Eric Ciotti, le match est lancé. Il confirme le glissement à droite des LR.
La rentrée des jeunes LR se transforme en tour de chauffe pour les candidats à la présidence du parti. Bruno Retailleau vient contester le statut de favori à Eric Ciotti, dont certains craignent la ligne trop clivante. Ce dernier plaide pour désigner très vite le candidat pour 2027. Pour lui, « c’est Laurent Wauquiez », et pointe un manque de « clarté » de ses concurrents. Aurélien Pradié entend jouer le troisième homme.
Avant même d’être lancé, le Conseil national de la refondation risque-t-il d’être déjà mort-né ? Le refus des oppositions de gauche et de droite d’y participer, craignant un contournement du Parlement, met à mal l’ambition d’Emmanuel Macron de mettre en musique sa nouvelle méthode. « Le jour où on les consulte, ils ne veulent pas participer », s’étonne François Patriat, patron des sénateurs macronistes.
Les parlementaires examineront cet automne les textes sur l’assurance chômage, le développement des énergies renouvelables et la sécurité, a expliqué la première ministre à l’issue d’un séminaire gouvernemental. L’année 2023 s’annonce également déjà chargée.
Après avoir mûri sa réflexion cet été, Bruno Retailleau pourrait bien se lancer rapidement dans la course à la présidence des LR. Pour espérer battre Eric Ciotti, il pourra compter sur l’appui des sénateurs de son groupe, qui insistent sur sa capacité de rassemblement. « Il a incontestablement un côté non clivant, non sectaire », salue Roger Karoutchi, qui lui apporte son soutien.
La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du Giec, est invitée ce mercredi au séminaire gouvernemental pour « sensibiliser » les ministres à la question du réchauffement climatique. « Un gros coup de com’. Mais il va revenir totalement en boomerang », selon Guillaume Gontard, à la tête du groupe écologiste du Sénat.
Le lancement du Conseil national de la refondation, le 8 septembre, se fera sans le président LR du Sénat. Il dénonce « une forme de contournement du Parlement » et un manque « clarté ». Une démarche appuyée par le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, pour qui Emmanuel Macron « gagne du temps et amuse la galerie ».