« Un profiteur de guerre » C’est par ces mots que le sénateur écologiste a qualifié le groupe TotalEnergies au micro de Public Sénat, quelques minutes seulement après que le Premier ministre a mis en garde les élus contre « le Total bashing ». Le géant pétrolier est sous le feu des critiques, affichant des bénéfices en très forte hausse sur le premier trimestre, conséquence de la guerre au Moyen-Orient et de la flambée des prix des carburants.
« On a aujourd’hui un incroyable transfert de richesses des automobilistes et des Français vers TotalEnergies et ses actionnaires », a dénoncé Yannick Jadot. « 5 milliards de bénéfices au premier trimestre, c’est un record. On était sur la même chose au début de 2022 (lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, ndlr). »
Durant la séance de questions d’actualités au gouvernement, ce mercredi 29 avril, Sébastien Lecornu a appelé TotalEnergies à « redistribuer d’une manière ou d’une autre » ses profits exceptionnels, notamment en modifiant sa politique commerciale. TotalEnergies redistribue déjà ses « profits » aux consommateurs à travers le plafonnement du prix des carburants que la compagnie dit vouloir poursuivre, a aussitôt fait savoir la multinationale auprès de l’AFP, en réponse aux propos du Premier ministre.
« En plafonnant les prix à la pompe, ils redistribuent des pacotilles aux Français, pour donner des milliards et des milliards à leurs actionnaires », fustige Yannick Jadot.
Elargir les mécanismes de soutien
« J’entends le Premier ministre dire ‘il faudrait trouver une solution’, mais ça ne me convient pas, y compris qu’il donne la main à TotalEnergies pour tenter de faire un petit effort », poursuit le sénateur. Il reproche notamment au gouvernement de concentrer les aides « sur des filières qui sont très structurées, et qui potentiellement, il faut le dire, peuvent bloquer le pays. » « On pense aux transporteurs, on pense aux agriculteurs, mais moi je pense aussi à l’infirmière libérale qui, dans le Lot-et-Garonne, fait 100-150 kilomètres par jour parce que ce sont des déserts médicaux », alerte-t-il.
Il appelle ainsi l’exécutif à élargir le nombre de bénéficiaires du chèque énergie (4,5 millions de personnes cette année, ndlr) et à revoir ses montants à la hausse. « Il faut donner la priorité, non pas à tout le monde, mais aux Françaises et aux Français les plus en difficulté », enjoint encore l’élu.