OFFICE FRANCAIS DE LA BIODIVERSITE
Ce 31 janvier, les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) sont en grève, pour dénoncer les attaques du monde agricole et politique.

« On a l’impression d’être jetés en pâture » : en grève, les agents de l’OFB dénoncent les attaques dont ils font l’objet

Ce 31 janvier, près de 90 % des agents de l’Office français de la biodiversité sont en grève, pour réclamer le soutien des pouvoirs publics. Depuis le début de la crise agricole, la police de l’environnement est pointée du doigt pour ses contrôles dans les exploitations.
Rose-Amélie Bécel

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Ce 31 janvier, presque tous les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) sont en grève, pour dénoncer les attaques dont ils font l’objet depuis le début de la crise agricole et réclamer le soutien du gouvernement. « Nous sommes en attente des chiffres, mais au moins 90 % des agents sont mobilisés », affirme Véronique Caraco-Giordano, secrétaire générale du syndicat national de l’environnement-FSU.

Les agents demandent des excuses du Premier ministre

« C’est un sentiment d’exaspération qui s’empare des agents. On a l’impression d’être jetés en pâture, y compris par le Premier ministre », dénonce la syndicaliste, elle-même agente de la police de l’environnement. Le 14 janvier, lors de sa déclaration de politique générale, François Bayrou avait en effet rallumé les braises de la contestation en qualifiant d’« humiliation » et de « faute » certaines inspections d’agents de l’OFB dans les fermes.

Concrètement, les syndicats de la police de l’environnement demandent d’abord au Premier ministre de transmettre un courrier à tous les agents de l’OFB, pour leur exprimer « son soutien ferme » et revenir sur ses propos tenus à l’Assemblée nationale mi-janvier.

Il y a une semaine, les syndicats de l’OFB étaient reçus à Matignon, pour une rencontre avec le directeur de cabinet adjoint du Premier ministre. « On n’a même pas eu d’excuses, il ne s’est rien passé. On nous demande des efforts, sans qu’il n’y ait jamais la moindre remise en question en face », témoigne Véronique Caraco-Giordano, affirmant que ce rendez-vous a « exacerbé la colère des agents ».

Coupes budgétaires et réduction des effectifs

Autre revendication de l’OFB : la protection des personnels et des locaux « contre toute agression ou attaque ». Dernière polémique en date, les propos rapportés par Le Monde, au cours d’une réunion de campagne du secrétaire général de la Coordination rurale Christian Convers. « Une voiture de l’OFB qui entre dans une exploitation sera brûlée sur place », avait-il assuré devant une quarantaine de militants du syndicat agricole. Des propos que la ministre de la Transition écologique a condamnés « avec la plus grande fermeté ».

« Je n’accepte pas qu’on mette des cibles dans le dos d’agents publics », avait déjà dénoncé Agnès Pannier-Runacher devant les sénateurs, lors de l’examen du volet écologie du budget, ce 20 janvier. Dans le projet de loi de finances, l’OFB n’est d’ailleurs pas épargné par les coupes budgétaires. Les syndicats dénoncent ainsi une baisse de leur dotation de 28 millions d’euros, ainsi qu’une réduction des effectifs de 25 équivalents temps plein.

Au Sénat, Les Républicains avaient également porté un amendement pour réduire le budget de l’agence de 15 millions d’euros supplémentaires. Christine Lavarde, rapporteure spéciale du volet écologie du budget, a finalement décidé de le retirer lors de l’examen du texte dans l’hémicycle, estimant qu’il était déjà satisfait par les coupes budgétaires proposées par le gouvernement.

Port d’arme « discret » et « contrôles pédagogiques »

Parmi les principaux irritants dans les relations entre la police de l’environnement et les agriculteurs, on retrouve aussi la question du port de l’arme à feu. Pour tenter d’apaiser les tensions, en décembre dernier, le ministère de l’Agriculture a précisé dans une circulaire les conditions de contrôle des exploitations. Celle-ci demande aux agents de « mettre en place, de manière immédiate, le port d’arme discret ».

Une demande qui ne passe pas auprès des agents. « Les policiers de l’environnement sont ceux qui ont le plus affaire à un public armé, notamment les chasseurs et les braconniers. La dissimulation de l’arme est une fausse solution, parce que tout agent est dans tous les cas obligé de signaler qu’il porte une arme à la personne qu’il contrôle. Ne rien dire risquerait d’envenimer certains contrôles, c’est contre-productif », affirme Véronique Caraco-Giordano.

De son côté, le Sénat entend également davantage encadrer les contrôles des agriculteurs. Dans un rapport, le sénateur Les Républicains Jean Bacci recommande ainsi l’instauration de « contrôles pédagogiques sans verbalisation » dans les fermes, pour des interventions « moins inquisitoriales et traumatisantes ». Une recommandation reprise dans la proposition de loi des sénateurs Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (Union centriste), adoptée par la chambre haute le 28 janvier. Le texte, qui doit rapidement être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, demande aux agents de privilégier les procédures administratives, plutôt que judiciaires, en cas d’infraction ayant causé « un faible préjudice environnemental ».

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