ZFE : « Il y a effectivement un problème de justice sociale », reconnaît la sénatrice écologiste Mélanie Vogel

Les députés ont adopté en commission un amendement qui supprime les zones limitant la circulation des véhicules les plus polluants, une mesure qui doit encore être débattue en séance, à partir du 8 avril. Au micro de Parlement Hebdo, sur Public Sénat et LCP, la sénatrice écologiste Mélanie Vogel défend la finalité sanitaire du dispositif, mais reconnait aussi qu’il peut être générateur d’inégalités sociales dans certaines agglomérations.
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Les députés ont eu la main lourde en commission, jeudi, à l’occasion de l’examen du projet de loi simplification. Sur la base d’amendements déposés par la droite et le Rassemblement national, ils ont supprimé les Zones à faibles émissions (ZFE). Depuis le 1er janvier 2025, les métropoles de plus de 150 000 habitants, qui ne respectent pas certains seuils d’émission de particules fines, ont l’obligation de mettre en place des zones au sein desquelles la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte. Une quarantaine de territoires sont concernés à travers l’Hexagone, mais la mise en œuvre du dispositif suscite une importante grogne chez les élus, en particulier dans les villes où il n’existe pas de solution alternative à la voiture individuelle.

Si la suppression des ZFE n’est pas encore validée à ce stade – la mesure sera rediscutée en séance à partir du 8 avril, avant que le texte ne fasse l’objet d’une commission mixte paritaire, voire d’une seconde lecture devant le Parlement –, de nombreux élus écologistes dénoncent un recul. « Les écologistes ne sont pas anti-voitures, ils sont anti-pollution », a voulu recadrer ce vendredi, au micro de l’émission Parlement Hebdo sur Public Sénat et LCP, la sénatrice écologiste Mélanie Vogel.

« Les ZFE ont été mises en place parce que la France a été condamnée pour non-respect de la directive qualité de l’air, du fait d’une pollution trop importante aux particules fines dans les grandes métropoles principalement due aux voitures, thermiques mais pas seulement. Les ZFE ont répondu à ça », a voulu rappeler l’élue.

Face à elle, le député RN Alexandre Sabatou, également invité de « Parlement Hebdo », épingle des « zones à forte exclusion ». « Améliorer la qualité de l’air, mais à quel prix ? Il est hors de question que je ségrègue une partie des Français », lâche-t-il. « On empêche des personnes qui vivent à la campagne de se rendre dans les villes. Mais qu’est qu’il y a dans les villes ? L’activité culturelle, les théâtres, les restaurants, les bons postes… », énumère le député.

Trouver des alternatives à la voiture

« L’objectif de santé publique, les écologistes le partagent, mais pas le fait que ce soit fait sans être intelligent du point de vue de la redistribution, de la justice sociale, des investissements dans les transports en commun et les autres alternatives », a expliqué Mélanie Vogel.

« Il y a effectivement un problème de justice sociale, si on ne fait aucun investissement dans les alternatives », pointe-t-elle. Ainsi, elle reconnaît que « les personnes les plus vulnérables, qui vivent en périphérie et qui ont souvent les voitures les plus vieilles […], se retrouvent pénalisées. » « Par contre, là où cela se fait, pas sans accroc mais de manière plus fluide, ce sont dans les villes qui ont mis en place des politiques de transports publics. »

« J’ai des gens dans ma circonscription, le 10 du mois ils ont du mal à remplir leur frigo. Allez leur expliquer qu’ils vont devoir mettre 100 euros [dans les transports en commun] pour se rendre en ville », s’est agacé Alexandre Sabatou. « Ils payent déjà beaucoup plus de 100 euros avec leur essence », lui a rétorqué Mélanie Vogel.

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