CORSICA : Great National Debate, last meeting
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Menaces du FLNC : le texte sur l’autonomie de la Corse plus compromis que jamais

Le FLNC a vivement exprimé son rejet du projet d’autonomie de la Corse et menacé les « envahisseurs » non-corses. En parallèle, le texte qui doit arriver le 21 octobre au Sénat suscite des tensions et pourrait ne pas aboutir.
Henri Clavier

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 Alors que le projet d’autonomie de la Corse est étudié au parlement, le groupuscule clandestin indépendantiste Front de libération nationale corse – Union des Combattants (FLNC-UC) l’a vivement rejeté ainsi que tous ses soutiens, menaçant également les « envahisseurs » non-corses sur l’île.

Cet avertissement formulé lors d’une conférence de presse clandestine révélée mercredi soir par Corse-Matin, qui a été le seul média à y participer, a donné lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire, pour, notamment, « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme » par le parquet national antiterroriste (PNAT).

Devant une large affiche FLNC, une quinzaine d’individus cagoulés et armés de fusils et pistolets-mitrailleurs, dans un lieu tenu secret et à une date non spécifiée, ont qualifié le processus qui vise à donner une autonomie à la Corse dans la République et qui a été approuvé le 23 juin par l’Assemblée nationale, de « mascarade ».

« Statut d’autonomie »

Ils estiment que le projet de loi constitutionnelle, qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre, « aboutit à la négation de l’existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ». Le FLNC rejette également les différents soutiens du texte issus des partis nationalistes, autonomistes et indépendantistes.

Pour rappel, le projet de loi constitutionnel sur l’autonomie de la Corse a été annoncé par Emmanuel Macron en mars 2022 après l’assassinat d’Yvan Colonna et les troubles que cela a déclenché en Corse. Dans sa version actuelle, le texte prévoit un « statut d’autonomie » pour la Corse prenant en compte ses « spécificités », notamment « ses caractéristiques d’île méditerranéenne, au relief montagneux » et « sa communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse ».

Concrètement, ce nouveau statut doit permettre d’adapter les lois et les règlements en fonction des spécificités corses. Par ailleurs, la collectivité de Corse disposera également de compétences législatives en matière de développement économique, de tourisme ou encore de transport. Le champ de compétences législatives accordé à la Corse n’est cependant pas encore fixé et devra être tranché par une future loi organique.

Un sujet sensible au Sénat

En l’état le texte, sans que cela soit lié aux contestations du FLNC, pourrait ne pas aboutir. En effet, la majorité sénatoriale est en partie hostile au texte qui a déjà causé beaucoup de remous au sein du palais du Luxembourg. En mars 2025, la commission des lois avait enterré le rapport de Lauriane Josende sur l’avenir institutionnel de la Corse. Ce rapport présentait notamment des doutes sur la notion de « communauté ». Un avis du Conseil d’Etat rendu le 17 juillet 2025 recommandait également de supprimer ce terme du projet de loi.

À quelques mois des élections sénatoriales, Gérard Larcher a expressément demandé au gouvernement de ne pas faire démarrer le parcours législatif de la réforme par la chambre haute. La Haute-Corse et la Corse du sud sont deux départements renouvelables. Rejeté par un large pan de la majorité sénatoriale, le texte pourrait toutefois susciter des divergences au sein des groupes. En cas d’adoption par le Sénat, le texte devra encore obtenir l’aval de 3/5e des parlementaires pour modifier la Constitution.

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