Taxation des plus riches : « Ceux qui sont plus à l’aise doivent faire plus d’efforts que les autres », relève Marc Fesneau

Sur le plateau de Public Sénat, le député du Loir-et-Cher Marc Fesneau se sent « très à l’aise » sur la question de la taxation des grandes entreprises et des plus fortunés, une demande portée par le MoDem depuis plusieurs années.
Camille Romano

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Enfin entendu et satisfait. Marc Fesneau, vice-président du MoDem et député du Loir-et-Cher fait partie de ceux qui ont accueilli chaleureusement l’annonce du Premier ministre d’une contribution fiscale exceptionnelle des grandes entreprises et des foyers les plus fortunés. « Je suis très à l’aise, j’aurai aimé être entendu il y a sept ans, parce que cela fait sept ans qu’on le dit », a résumé l’ancien ministre. C’est en effet une mesure que le MoDem porte depuis plusieurs années, brandissant une mesure de « justice fiscale ». Un terme qui a d’ailleurs été employé à plusieurs reprises par Michel Barnier au cours de sa déclaration de politique générale.

Pas de « chasse aux riches »

Dans un contexte budgétaire où le gouvernement a annoncé 60 milliards d’efforts sur les dépenses et recettes l’année prochaine, le député a estimé que « Dans cette situation-là, tout le monde va être appelé à faire des efforts », tout en insistant : « Ceux qui sont le plus à l’aise doivent faire plus d’efforts que les autres ». Pourtant, cette mesure n’est pas une « chasse aux riches », le centriste l’a martelé : « Je déteste cette idée, qui est idiote, parce qu’on a besoin de gens qui puissent investir, et après tout pour beaucoup d’entre eux, ils ont développé des activités. Donc ce n’est pas une chasse aux riches, cela permet aussi d’organiser la paix sociale. »

La mesure ne devrait concerner qu’un nombre très réduit de foyers : le ministre du Budget a annoncé ce jeudi matin que cette contribution exceptionnelle demandée aux « plus fortunés » ne devrait concerner que « 0,3 % des ménages ». Un ciblage avec lequel Marc Fesneau a semblé en accord : « Cela veut donc dire que l’on est sur une cible étroite », a-t-il balayé, renvoyant aux documents budgétaires précis pour répondre plus amplement. Il a ainsi salué une mesure « ciblée et temporaire », tout en mettant en garde sur des mesures temporaires : « On a vu beaucoup de temporaires qui se sont prolongés, des CDD qui deviennent des CDI fiscaux ».

« On ne peut pas vivre à crédit »

Marc Fesneau a également appelé à ce que le budget en préparation pour 2025 « tienne compte d’une réalité : c’est le déficit assez structurel et une dette qui s’accroît. » Sans pour autant qualifier cette trajectoire de « retour de l’austérité », Marc Fesneau a appelé à « tendre vers un équilibre ». « On ne peut pas vivre à crédit comme cela sans attaquer lourdement notre souveraineté. […] Ce n’est pas qu’une question de traités, c’est mieux de respecter les traités et les règles de la copropriété européenne, mais c’est mieux aussi de ne pas vivre à crédit, de ne pas dépenser en permanence plus qu’on a de moyens, et c’est une discipline que l’on a poussée au Mouvement Démocrate depuis longtemps. »

L’ancien ministre en a profité pour adresser une pique à ses collègues parlementaires, toujours en quête de plus de dépenses : « Reconnaissons qu’avec le plan de relance, on a donné des habitudes qui étaient « intéressantes » pour relancer la croissance… et personne à l’Assemblée nationale ne nous a critiqué pour cela. J’ai même plutôt entendu « encore un peu » et jamais personne ne dit « attention, sur la dette et le déficit, il va falloir être sérieux ». A chaque fois, j’ai vu comme ministre des gens qui nous disent « il n’y a pas assez ». »

Et les sénateurs, qui ont pourtant voté l’année passée 7 milliards d’économies, qui n’ont pas été prises en compte par le gouvernement ? L’ancien chargé des Relations avec le Parlement a gentiment balayé la proposition : « Il y avait une part de théorie dans l’affaire. Moi aussi, je suis élu, je peux faire semblant de faire des économies, parce que je sais que je n’aurai pas à les mettre en œuvre ». Des mots doux à l’égard de ses collègues qui promettent une discussion du budget haute en couleurs sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Partager cet article

Dans la même thématique

39166289029 (1)
7min

Parlementaire

Le Sénat approuve le projet de loi d’urgence agricole : le texte définitivement adopté par le Parlement

Le Parlement a définitivement adopté, après un dernier vote du Sénat ce mardi 21 juillet en fin de journée, le projet de loi d’urgence agricole. Ce texte permet notamment l’utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Une mesure défendue de longue date par la majorité sénatoriale de droite et du centre, mais qui a semé le trouble jusque dans les rangs du bloc central.

Le

Ceremony of the National Day of Remembrance of the Slave Trade, Slavery and their Abolitions
4min

Parlementaire

Projet de loi d’urgence agricole : comment les mesures sur les pesticides introduites par le Sénat menacent l’avenir du texte

Les mesures du Sénat sur le stockage de l’eau, et plus encore celles sur la réintroduction, à titre dérogatoire, de deux pesticides, menacent d’emporter l’ensemble du projet de loi d’urgence agricole. Alors que l’Assemblée doit s’exprimer une dernière fois sur ce texte en fin de journée, l’opposition de la gauche et les incertitudes du bloc central laissent planer l’ombre d’un rejet. Selon nos informations, l'exécutif, bien qu'en mesure d’amender le texte avant le vote, aurait choisi de laisser les députés trancher.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
8min

Parlementaire

 « Ingérences intérieures » : au Sénat, un rapport sur la désinformation crée la polémique

Présenté comme un rapport transpartisan pour mieux lutter contre les manipulations de l’information avant la présidentielle de 2027, le travail du Sénat sur les « zones grises de l’information » a déclenché une vive polémique. En cause : la notion d’« ingérences intérieures », employée par le centriste Laurent Lafon, et la proposition de créer un observatoire de la désinformation. Une controverse qui fracture jusqu’aux auteurs du rapport.

Le