Guerre en Iran : le fils d’Ali Khamenei désigné comme nouveau Guide suprême est « un signe de faiblesse », considère le géopolitologue Frédéric Encel

Ce dimanche 8 mars, Mojtaba Khamenei, le fils du défunt ayatollah Ali Khamenei, a été choisi par l’Assemblée des experts, pour être le nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran. Une nomination qui prouve l’affaiblissement du régime des mollahs selon le géopolitologue Frédéric Encel, invité dans l’émission Bonjour chez vous. Le spécialiste revient également sur la situation libanaise où le Hezbollah pourrait disparaître militairement.
Guillaume Cros

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Huit jours après la mort de son père Ali, Mojtaba Khamenei devient le Guide suprême de la République islamique d’Iran. L’Assemblée générale des experts, un collège de 88 membres appartenant au clergé chiite, s’est réunie ce dimanche 8 mars pour élire un successeur à Ali Khamenei, tué dans des frappes israélo-américaines le 28 février. Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans et déjà influent au sein du régime, a été élu. Israël l’a déjà qualifié de « cible ».

« Un signe de faiblesse » du régime iranien pour le géopolitologue Frédéric Encel. Invité dans l’émission Bonjour chez vous ce lundi 9 mars, il perçoit cette transmission du pouvoir père-fils comme un « échec » pour un Etat se revendiquant être une république. Mojtaba Khamenei, qui poursuit la ligne belliqueuse de son père, accède à la tête d’un pays en guerre et dépourvu de soutien militaire. « Téhéran a pris la décision suicidaire de frapper ses pays arabes voisins. Israël peut éliminer Mojtaba Khamenei sans craindre une réaction de pays arabes et sunnites », observe Frédéric Encel.

« Le régime des mollahs peut encore durer des mois »

L’Iran se trouve dans une gouvernance « décomposée » à la suite des assassinats de l’ayatollah Khomeini et de son bras droit. Frédéric Encel affirme que la série de frappes iraniennes en direction des pays du Golfe n’a pas pu être une décision consensuelle au regard des frappes quotidiennes ciblant les pontes du régime. Pour autant, la désignation imprévue d’un nouveau Guide suprême n’est pas synonyme de la chute définitive des mollahs. « Le régime peut encore durer des mois, avance le géopolitologue. Son basculement n’est possible que grâce à une participation substantielle de l’armée régulière aux côtés de la population. »

Les frappes aériennes américaines peuvent-elles mettre un terme au régime des mollahs ? Selon Frédéric Encel, ce n’est pas « leur but de guerre ». « Donald Trump privilégie l’éradication des capacités militaires iraniennes de nuisance régionale et la fin du programme nucléaire », ajoute-t-il. Dès le début des bombardements, le président américain enjoint la population iranienne à se soulever contre le pouvoir en place. Pour quel successeur ? Le fils du Shah d’Iran, Reza Pahlavi, à en croire Frédéric Encel. « Il représente l’alternative la plus crédible, car il est l’une des personnalités d’opposition les plus connues. Il a toujours proposé la démocratie, l’ouverture et l’égalité hommes-femmes », déclare-t-il dans l’émission Bonjour chez vous.

La branche militaire du Hezbollah durement affaiblie 

L’allié historique du régime des mollahs, le Hezbollah libanais est lui aussi en passe d’être anéanti militairement. Largement affecté depuis l’assassinat de leur chef Hassan Nasrallah et l’explosion des bipeurs en 2024, le groupe islamiste chiite serait dans l’ « impossibilité de se réarmer » pour le géopolitologue. 

« Au Liban, la mer est contrôlée par les Etats-Unis et Israël, l’espace aérien par Israël et sur la terre, il y a au nord la Turquie qui est opposée au Hezbollah et au sud Israël. » Une preuve du déclin accru du Hezbollah, le président libanais, l’Assemblée nationale et le mouvement chiite Amal ont réclamé conjointement la démilitarisation du Hezbollah. 

Un nouvel embrasement au Liban dans lequel Emmanuel Macron peut « tenter de jouer la carte de la diplomatie ». Frédéric Encel juge que la France n’a aucun impact sur le conflit iranien, mais reste une voix non négligeable auprès des Etats-Unis. Elle est également alliée historique du Liban et plus récemment des Emirats arabes unis. Le président français se rend aujourd’hui à Chypre, frappé la semaine dernière, pour « témoigner sa solidarité ».

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