C’est la nouvelle présidente du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires. Mélanie Vogel, sénatrice Les Ecologistes représentant les Français établis hors de France, a été élue, ce mardi, à la tête du groupe écologiste du Sénat. Une élection sans suspense. Elle était la seule candidate. Mélanie Vogel succède ainsi au sénateur de l’Isère, Guillaume Gontard, qui occupait la fonction depuis 2020.
Se décrivant sur le site du parti comme « féministe, lesbienne et anti-raciste », elle se dit « pragmatique et donc radicale ». Membre des écologistes depuis 2010, elle a travaillé plusieurs années au Parlement européen. « Des années à travailler dans l’ombre sur le fond des dossiers, à négocier des compromis, construire des majorités, à arracher quelques victoires », avance Mélanie Vogel.
Combat pour l’inscription dans la Constitution du droit à l’IVG
C’est au Sénat qu’elle prend la lumière, depuis sa première élection en 2021. Réélue sénatrice dimanche, à l’occasion des sénatoriales, Mélanie Vogel est déjà une figure bien connue du groupe écolo. Celle qui n’hésite pas à ferrailler contre la droite s’est fait connaître notamment pour son combat pour l’inscription dans la Constitution du droit à l’IVG. Lors de l’adoption du texte, elle avait salué un « message magnifique » à « toutes les femmes du monde ». En 2022, elle avait déjà porté une proposition de loi sur le sujet.
Outre le droit des femmes, le groupe sera bien sûr présent sur d’autres sujets. « C’est au Sénat que se préparent les reculs environnementaux et que se construisent les alliances pour détricoter nos libertés publiques, l’état de droit, le droit de l’environnement. Cela va être un des chantiers majeurs pour le pays », pointait en juillet dernier Mélanie Vogel.
« Cordon sanitaire » contre le nouveau groupe RN
Mais avec l’arrivée du premier groupe RN de l’histoire du Sénat, les écologistes entendent mener pied à pied la bataille face au parti d’extrême droite. Lundi matin, au lendemain du scrutin, elle a défendu sur notre antenne la mise en place d’un cordon sanitaire au Sénat contre le Rassemblement national.
« Un cordon sanitaire, ça veut dire qu’on ne vote pas pour les vice-présidences, pour les amendements, qu’on ne consigne pas de textes avec le RN, qu’on ne siège pas dans leurs commissions d’enquête », avance Mélanie Vogel.
Le groupe refuse l’arrivée du sénateur LFI, Gabriel Amard, mais accepte Marc Péré
Un combat mené avec quelques troupes en moins. Avec a priori 14 membres, le groupe perd deux sénateurs. La conséquence des municipales et des défaites à Bordeaux et Strasbourg notamment.
Comme publicsenat.fr l’évoquait lundi, le groupe a refusé d’accueillir le nouveau sénateur LFI, Gabriel Amard, qui demandait à l’intégrer, à la différence de Marc Péré, soutenu par Les Ecologistes et LFI, mais divers gauche. S’il s’était engagé à rejoindre le groupe en cas d’élection, selon l’accord conclu pour les sénatoriales (voir ici le document), Marc Péré va pourtant être politiquement rattaché à LFI pour le financement et fera partie de l’intergroupe LFI, qui rassemble tous les parlementaires insoumis avec Jean-Luc Mélenchon.
« Marc Péré fait partie du groupe logiquement, puisqu’il est issu d’une liste soutenue par les écolos. Par contre, pas de consensus dans le groupe pour Gabriel Amard. Et notre groupe a toujours fonctionné au consensus », soutient l’un de ses membres. La volonté de garder la cohérence du groupe a pesé. Mais la présidentielle n’a peut-être pas facilité les choses.
Où ira le sénateur Grégory Blanc ?
A noter que le sénateur Grégory Blanc, ex-écolo qui a rejoint Place Publique, n’était pas à la réunion de groupe ce matin, alors qu’il en est membre depuis 3 ans. Avec Bernard Jomier, l’autre sénateur Place Publique, jusqu’ici membre du groupe PS, ils n’ont pas encore arrêté leur décision sur le groupe dans lequel ils iront. Cela pourra être le groupe écologiste, comme le RDSE ou le groupe PS. La période post-sénatoriales, c’est aussi celle du mercato.