« J’ai toute confiance dans les sénateurs centristes et LR pour nous soutenir sur certains textes », affirme, optimiste, le sénateur RN Joshua Hochart, élu depuis 2023. Au lendemain des élections sénatoriales 2026 et l’arrivée d’un groupe RN au Sénat, la place du parti de Marine Le Pen au sein du Palais du Luxembourg divise leurs opposants. Dimanche 27 au soir, le président du Sénat, Gérard Larcher a réagi espérant que « le Sénat reste cette assemblée du débat apaisé de la raison, de la réflexion, une assemblée de la responsabilité indépendante ».
« Nous continuerons à être fidèles à notre histoire et à notre culture »
Face à cette situation historique, les positions fluctuent au sein des groupes déjà installés au Palais du Luxembourg. Au sein de la majorité sénatoriale, quelques divergences apparaissent sur l’attitude à adopter face aux sénateurs RN. « Nous sommes attentifs et attachés au respect de l’état de droit, de la Constitution, du Conseil constitutionnel », affirme Isabelle Florennes (Union centriste) qui assure qu’elle accordera « une vigilance particulière » aux textes déposés par le RN.
Au sein du groupe LR, la question fait débat alors que le RN enregistre des gains importants dans plusieurs bastions historiques de LR, notamment dans le Sud-Est. « Il n’y a pas de porosité », prévient cependant le patron du groupe Mathieu Darnaud. « Nous continuerons à être fidèles à notre histoire et à notre culture. Je ne cours pas après Madame Le Pen », assure Max Brisson, porte-parole du groupe LR au Sénat. Faut-il pour autant s’attendre à voir des sénateurs LR voter des textes ou des amendements proposés par des sénateurs RN ? Les prochaines semaines devraient donner une idée de réponse mais la séparation pourrait ne pas être aussi nette qu’à gauche. « Il n’y a pas de cordon sanitaire dans la démocratie. La démocratie s’est exprimée pendant les élections municipales. Aujourd’hui, la conséquence de ces élections c’est la création d’un nouveau groupe », déclarait hier Sophie Primas (LR).
Mélanie Vogel appelle à la formation d’un cordon sanitaire
A gauche, les groupes appellent à un véritable cordon sanitaire avec l’extrême-droite. « Un cordon sanitaire ça veut dire qu’on ne vote pas pour les vice-présidences, pour les amendements, qu’on ne consigne pas de textes avec le RN, qu’on ne siège pas dans leurs commissions d’enquête », énumère la sénatrice écologiste Mélanie Vogel. Pour cette dernière, l’arrivée du RN illustre la droitisation de LR et de son candidat pour l’élection présidentielle. « Au fond, c’est une recomposition à l’intérieur du bloc de droite. Ce que perdent les Républicains, le RN le gagne. Je pense que c’est une conséquence d’une stratégie d’une certaine partie de la droite », juge l’élue écologiste.
Un positionnement partagé par le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, qui assure « rentrer dans une forme de résistance ». Malgré les doutes exprimés par ses collègues de gauche, le patron des sénateurs socialistes veut faire confiance à ses collègues de droite. « Je fais confiance à mes collègues LR et centristes pour ne pas se fourvoyer avec le RN », déclare Patrick Kanner.