Grenoble: Olivier Faure JDE Les Ecologistes 2026
Credit:ISA HARSIN

Sénatoriales : l’accord national PS-Ecologistes menacé par les tensions en Seine-Maritime

Socialistes et Ecologistes ont topé sur un accord national pour les sénatoriales à venir en septembre prochain. Mais les Verts menacent de tout envoyer valser, face aux réticences de la fédération PS de Seine-Maritime. Cette dernière préférerait s’extraire de l’accord et ne pas céder la deuxième place de la liste à l’écologiste Bénédicte Martin. La situation est suspendue au conseil fédéral socialiste, prévu ce soir.
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La campagne présidentielle masque une autre campagne, moins bruyante, celle des sénatoriales. La moitié du Palais du Luxembourg se renouvelle le 27 septembre prochain. Et ce n’est pas parce que ce scrutin est moins médiatisé qu’il est plus calme.

L’accord national PS-Ecologistes est rejeté par le PS de Seine-Maritime

A gauche, il y a de l’eau dans le gaz entre socialistes et écologistes. Les deux partis ont d’abord topé sur un accord national, pour faire liste commune dans plusieurs circonscriptions. Mais en Seine-Maritime, l’accord passe mal. La fédé de Seine-Maritime a vu rouge et aimerait bien jouer sa propre partition, au risque de remettre en cause tout l’accord… Un cacique du Parti socialiste, au fait des tensions, résume le sac de nœuds. « Pour l’instant, la position des socialistes locaux, c’est : ‘pas d’accord avec les Verts, et on espère faire passer deux sénateurs PS’. Mais ce n’est pas la position du bureau national du PS qui a acté un accord avec les Verts pour occuper la deuxième position de la liste en Seine-Maritime. Il y a une divergence lourde entre le national et le local », décrypte ce chapeau à plumes, qui explique ce blocage par des divergences de fond. « Il y a des politiques publiques, notamment en matière de nucléaire, que soutient Nicolas Mayer Rossignol, qui sont moins compatibles avec les écologistes », avance-t-il.

Les socialistes espèrent en réalité « récupérer le siège » qu’ils avaient. Car avant le précédent scrutin, la Seine-Maritime comptait deux sénateurs PS. Mais lors des sénatoriales 2020, « le deuxième siège a été perdu à six voix près », se rappelle un historique du groupe, au profit de la droite.

« Ils ont une seule chose à faire, c’est respecter l’accord dans un département pour une place »

Le blocage est très mal passé côté écologiste. « Ils ont une seule chose à faire, c’est respecter l’accord dans un département pour une place », s’agace une cadre du parti auprès de Public Sénat. Les Verts menacent de tout envoyer valser et de laisser l’échelon local décider.

Le deal conclu dans le Rhône pourrait en faire les frais. L’accord national prévoit une tête de liste des Ecologistes, le sénateur Thomas Dossus, un proche de Marine Tondelier, et une deuxième place socialiste, réservée à l’ancienne maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy. Or, la candidature de cette figure de l’aile sociale-démocrate du PS est contestée par les Jeunes socialistes du Rhône, ainsi que par les antennes locales de Génération. s, l’Après et Debout !, elles aussi membres de la liste. « Si l’accord national n’est pas respecté, toutes les options seront ouvertes localement, dans le Rhône comme ailleurs, et le niveau local décidera », met en garde l’écologiste citée plus haut. Au risque de gagner moins de sièges pour les deux partis, au profit de la France Insoumise, en position de gagner un siège. les Deux-Sèvres, en 2020, « Les Verts nous avaient fait perdre un siège », rappelle un membre du Parti à la rose. La candidate socialiste avait alors face à elle un candidat Europe écologie-Les Verts.

Un sénateur socialiste estime lui que « les torts sont partagés » : « On sent aussi chez les écolos des accords variables, très divers… En Haute Garonne, ils vont faire alliance avec une tête de liste très proche de LFI. Nous, nous avons une liste avec les Radicaux », illustre ce membre du PS, qui y voit une concurrence peu amicale.

Un conseil fédéral du PS de Seine-Maritime se réunit ce mercredi soir pour trancher

Les choses devraient se clarifier dans les heures à venir. En Seine-Maritime, « le conseil fédéral se réunit ce soir », confie un socialiste, afin de trancher sa position finale. Dans quel sens va tourner le vent ? « La décision du bureau national l’emporte pour moi. Et je sais que Nicolas Mayer Rossignol, en réunissant son conseil fédéral, va prendre en considération tout cela. Chacun sait en Seine-Maritime qu’il peut y avoir des conséquences », estime un socialiste sous couvert d’anonymat.

Reste à voir si les menaces des écolos de faire sauter l’accord auront leur effet. « Je sais qu’il y a ces menaces de représailles. Mais les représailles, c’est un fusil à un coup. Mais il y a parfois d’autres échéances derrière, il faut faire attention. Il y a les législatives, les départementales, les régionales », lâche un responsable du PS… A bon entendeur.

 

Modification du 02/09 : rectification concernant l’élection de 2020 dans les Deux-Sèvres

Mathilde Nutarelli et François Vignal

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