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Durringer : «Sarkozy est un affectif, il n’est pas tiède, c’est un personnage très intéressant»

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César Armand
Le 12.05.2011 à 12:55

Invité du 22h, le réalisateur de La Conquête, le film retraçant le parcours de Nicolas Sarkozy de 2002 à 2007, pense aussi que le Président va sans doute aller le voir, contrairement à ce qu’il a pu déclarer.

Cette semaine, dans une interview accordée à l’hebdomadaire Télérama, le chef de l’Etat, a en effet, déclaré qu’il « ne verrait pas le film pour protéger sa santé mentale » « Le narcissisme n’est jamais la bonne solution, et trop de narcissisme rend fou », a-t-il ajouté.

Xavier Durringer, interrogé justement sur cet entretien, s’est dit « extrêmement surpris ». « C’étaient des mots très forts. Il parle du narcissisme, il préfère faire une psychanalyse plutôt que d’aller le voir. Il veut protéger Carla. Sa peur est plus sur la vie privée, l’intimité, l’histoire avec Cécilia plutôt que l’histoire politique. On a l’impression en effet qu’il assume complètement son intimité politique, mais que l’intimité avec Cécilia, ça lui pose des problèmes », croit savoir le réalisateur. 

Puis, il est diffusé un court extrait où le spectateur voit le candidat de l’UMP gronder son équipe de campagne.  C’est donc un film sur les coulisses du pouvoir ? « Ce n’est pas un film politique, c’est un film sur la politique, sur la conquête du pouvoir par un homme en 5 ans », insiste-t-il.

Que pense, par ailleurs, le réalisateur de Nicolas Sarkozy ? « C’est un personnage complexe. Ce qui s’est passé dans cette campagne, on n’aurait jamais pu l’écrire comme une fiction pure.Un homme va prendre le pouvoir, sa femme le quitte au moment où il accède à l’investiture de l’UMP, et puis cette femme va partir, va revenir, ne va pas voter, et divorcer quelques mois après. On n’aurait jamais pu écrire une histoire pareille. C’est une histoire romanesque, très forte. Ce n’est pas un film manichéen. C’est un personnage affectif, émotionnel, pas tiède, très intéressant en somme. Dans ce storytelling  permanent, il joue avec sa propre vie. », raconte Xavier Durringer.

Toujours dans Télérama, le Président de la République, qui a reçu l’acteur Denis Podalydès qui l’incarne à l’écran, dit l’avoir trouvé « fragile ». Pourquoi ce choix s’est-il imposé ? « On n’est pas dans la caricature. Il fallait trouver la nervosité intérieure, et l’incarnation. On n’allait pas faire des mouvements d’épaules qui auraient été un peu faciles, mais on a préféré cette instabilité », explique le metteur en scène.

Présent également sur le plateau, Michel Taubman, l’auteur du « Roman vrai de DSK » juge que le Directeur général du FMI et le chef de l’Etat sont « très différents », mais concède que « leur rapport décomplexé à l’argent, c’est vrai, est le même ». « Ce sont des personnalités assez transparentes. C’est le propre de leur génération politique. Dans la vie de DSK (…) tout ce qu’il a fait, dans le meilleur et le moins bon, est transparent, y compris ses aventures et ses mésaventures avec les femmes… », estime le journaliste d’Arte.