President Donald Trump Announces 2026 World Cup Draw
President Donald Trump holds a photo of him with Russian President Vladimir Putin in Alaska after announcing the 2026 World Cup draw will be held at the Kennedy Center in December in the Oval Office of the White House in Washington, DC on Friday, August 22, 2025. The FIFA World Cup, coming to North America next summer will be the first World Cup with three host countries in the U.S., Canada and Mexico, and it will be the first to feature a 48-team field. Photo by Annabelle Gordon/UPI Photo via Newscom/upiphotosthree091536/UPI/Newscom/SIPA/2508221955

L’accord Trump-Poutine sur le diesel russe « entérine le lâchage de l’Ukraine par les Etats-Unis », affirme Romuald Sciora

Après l’accord signé samedi avec la Russie prévoyant l’importation de millions de tonnes de diesel russe, Donald Trump a appelé au départ de Volodymyr Zelensky de la présidence ukrainienne. Pour le chercheur Romuald Sciora, cet accord est davantage symbolique que stratégique. Il vise à nouer une alliance entre la Russie et les Etats-Unis.
Stephane Duguet

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Le président américain a décidé samedi de signer un accord avec la Russie pour importer du diesel produit en Russie aux Etats-Unis. Ainsi, la Russie pourrait envoyer 300 000 tonnes de diesel en octobre, 500 000 tonnes en novembre puis 1 million de tonnes en décembre d’après le vice-Premier ministre russe en chargé de l’énergie. Cet accord contrevient aux sanctions internationales en vigueur contre Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé « une décision faible » et a affirmé que cela représentera « de l’argent supplémentaire pour la guerre » contre Kiev. Analyse des raisons et des effets de cet accord signé entre Russes et Américains par Romuald Sciora, directeur de l’observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS.

Comment comprendre la décision de Donald Trump de signer un accord sur le diesel russe avec Vladimir Poutine ?

Cette décision n’a rien d’étonnant. Depuis le départ, Donald Trump déteste Volodymyr Zelensky. On a en mémoire la réception du président ukrainien à la Maison Blanche en février 2025. Sur ce qui motive cet accord, il y a déjà l’aspect électoral avec dans quelques semaines les élections de mi-mandat. Donald Trump devait donner une réponse à son électorat MAGA (Make America Great Again, ndlr) qui se détourne de ce président qui a lancé la guerre en Iran avec des conséquences directes sur le porte-monnaie de ses aficionados.

Mais concrètement, quels effets peuvent avoir ces millions de tonnes de diesel russe sur les prix à la pompe aux Etats-Unis ?

Une grande partie du diesel russe n’est pas destinée aux Etats-Unis mais au marché international. Il ne faut donc pas en attendre grand-chose de concret sur les prix la pompe, ça ne pourrait résoudre qu’une journée et demie de la problématique américaine sur le carburant. Cet accord est plutôt symbolique. Il a pour objectif de sceller un nouveau partenariat et à entériner le lâchage de l’Ukraine par les États-Unis.

Pourtant, après l’humiliation de Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche en février 2025 que vous évoquez, il y avait eu une forme de rapprochement entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Le président américain appelle désormais à l’élection d’un nouveau président en Ukraine, ça veut dire que ce n’était qu’un écran de fumée ?

Donald Trump n’a jamais fait de volte-face, il prend plaisir à humilier et voir au tapis Volodymyr Zelensky. Maintenant, il va mettre une grosse pression sur l’Ukraine et pousser Volodymyr Zelensky vers la sortie. Comme il faut un méchant dans l’histoire, Donald Trump explique que ce n’est pas la faute de la guerre en Iran si les prix du carburant montent aux Etats-Unis mais à cause de Volodymyr Zelensky. Et il fait passer la Russie pour la victime. L’accord sur le diesel russe doit se lire aussi au regard des choix de l’administration qui entoure Donald Trump. Il est entouré d’une droite cryptofasciste qui pense qu’il faut se débarrasser du système multilatéral et qu’il faut nouer des alliances. L’alliance entre Donald Trump et Vladimir Poutine est une alliance de circonstance.

Est-ce que cet accord est illégal comme le soulèvent plusieurs parlementaires américains dont des parlementaires Républicains ?

Techniquement, il est effectivement illégal parce qu’il y a des sanctions en vigueur contre la Russie. Mais ils peuvent en faire fi puisque le système multilatéral ne représente rien pour l’administration Trump. Les membres du Congrès ne pourront pas empêcher l’importation de barils sur le sol américain… Et concernant les parlementaires Républicains, c’est tout à leur honneur de s’y opposer, mais ils sont très peu. Il n’y a pas de fronde au sein du parti Républicain.

Qu’est-ce que cet accord va changer pour la suite de la guerre en Ukraine ?

Donald Trump a eu une petite formule en disant que Zelensky ‘devait faire gaffe’. Si on suit l’administration Trump, le diesel russe devient un intérêt national pour les Etats-Unis. Donc si Zelensky continue de frapper les raffineries qui le produisent, le président ukrainien serait accusé de s’attaquer à des intérêts d’ordre nationaux des États-Unis sur le sol russe. Est-ce que Donald Trump pourrait finir par considérer Volodymyr Zelensky comme un ennemi s’il frappe les intérêts américains en Russie ? C’est une question.

Ensuite sur le terrain opérationnel, les Etats-Unis vont stopper une grande partie de l’aide aux renseignements fournie à l’Ukraine. Mais Donald Trump ne va pas totalement lâcher l’Ukraine parce qu’il a pour objectif de se partager le territoire avec Vladimir Poutine. Il a encore besoin d’une Ukraine qui combat pour garder quelques atouts dans sa manche et négocier avec le président russe avec qui il joue un jeu de poker. Donald Trump veut mettre la main sur des secteurs stratégiques en se montrant comme le protecteur de l’Ukraine dite libre qui pourrait être dirigée par un président plus conciliant que Volodymyr Zelensky.

Les Européens condamnent la signature de cet accord commercial entre la Russie et les Etats-Unis. Emmanuel Macron dit aujourd’hui qu’il n’y a « aucune raison factuelle de changer notre position ». Que peuvent vraiment faire les Etats européens pour contrebalancer la décision américaine ?

Donald Trump se moque éperdument de ce que les européennes peuvent lui dire. Il y aura peut-être une réunion entre les dirigeants européens. On se souvient de la délégation de dirigeants européens venue à Washington en août 2025 après le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska. C’est bien, mais ça n’avait rien donné. Malheureusement, Emmanuel Macron comme les autres dirigeants européens peuvent faire toutes les déclarations qu’ils veulent, ça n’aura pas d’impact car l’Europe est trop faible.

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