Le Sénat adopte le projet de loi d’urgence agricole largement remanié par la droite et les centristes

Voté par le Sénat dans la nuit de jeudi à vendredi, le projet de loi d’urgence agricole réintroduit le recours à certains pesticides et assouplit les conditions de stockage de l'eau à usage agricole. Autant de modifications qui ont crispé la gauche et menacent désormais l'adoption définitive du texte.
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Un mois tout pile après l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté en première lecture, dans la nuit de jeudi à vendredi, le projet de loi d’urgence agricole. Approuvé par 219 voix contre 111, ce texte a été présenté comme une réponse à la grogne des agriculteurs cet hiver. Il a toutefois été largement remanié sous l’impulsion de la droite et des centristes, largement majoritaires au Séant, parfois contre l’avis du gouvernement et au grand dam de la gauche.

« Le Sénat a adopté plus de 220 amendements pour revenir et enrichir les ambitions initiales du texte et apporter des solutions concrètes aux agriculteurs », s’est félicité la chambre haute dans un communiqué

Le projet de loi, qui doit désormais faire l’objet d’une commission mixte paritaire entre les députés et sénateurs le 16 juillet, en vue d’une adoption définitive avant la fin du mois, recoupe des sujets aussi large que la souveraineté alimentaire, la concurrence déloyale, la préservation du foncier agricole ou encore la restauration collective.

Mais certains volets, concernant notamment la réintégration de deux pesticides interdits, le renforcement des capacités de stockage en eau à des fins agricoles ou le durcissement de la lutte contre la prédation du loup, ont provoqué l’ire des écologistes et des associations environnementales. D’aucuns craignent à présent que ces mesures n’hypothèquent l’avenir du texte.

Concernant les dérogations sur certains produits phytosanitaires, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait averti en séance : « Cette question est tellement virulente qu’elle pourrait emporter le texte tout entier. »

(Avec AFP)

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