Le Sénat a observé une minute de silence ce mercredi après-midi, en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans enlevée le 31 mai et retrouvée morte dans le Gers cinq jours plus tard. « Une lumière atroce est ainsi jetée sur la violence qui s’exerce aujourd’hui un peu partout et particulièrement contre les enfants », a commenté le président du Sénat Gérard Larcher, en ouverture de la séance hebdomadaire de questions d’actualité au gouvernement. L’élu a évoqué « des violences récurrentes ».
Cette affaire a soulevé une vague d’indignation inédite à travers le pays, dans la mesure où le principal suspect était déjà visé par plusieurs plaintes pour viol, sans jamais avoir fait l’objet d’investigations particulières. Aujourd’hui de nombreuses voix s’élèvent, notamment à gauche de l’échiquier politique, pour réclamer la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin.
« Il faut déterminer le rôle des hommes et des femmes et celui des structures »
« Je suis conscient du travail que nous aurons à mener afin que de tels faits ne se reproduisent pas », a expliqué Gérard Larcher, mais « nous ne pouvons pas faire face à ce drame par la précipitation ». « Il faut prendre le temps de déterminer ce que Pierre Vidal-Naquet appelait ‘l’enchaînement tragique des causes et des effets’. Il faut déterminer le rôle des hommes et des femmes et celui des structures. Nul ne peut se dérober à ses responsabilités », a expliqué le deuxième personnage de l’Etat. Un peu plus tôt dans la journée, la commission des lois du Sénat a annoncé se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par cette affaire.
« Le Sénat mettra en œuvre les moyens de contrôle nécessaires pour permettre ce diagnostic », assure Gérard Larcher. « Nous en tirerons toutes les conséquences. » Le ministre de la Justice s’est notamment engagé à communiquer au Parlement un bilan sur l’état de traitement des « 70 000 plaintes impliquant des enfants » qui sont aujourd’hui connues. « Ce chiffre fait frémir », a commenté Gérard Larcher.