La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).
Les dirigeants danois et groenlandais sont à l’Élysée ce mercredi, pour remercier Emmanuel Macron de son soutien au Grand Nord. L’occasion pour le chef d’État français d’exhorter l’Union européenne et l’OTAN à renforcer leurs engagements en matière de défense.
Après des jours de menaces croissantes d’annexion du Groenland, le président américain Donald Trump a finalement annoncé mercredi soir « avoir conçu » avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, « le cadre d’un futur accord » concernant le territoire autonome danois. Si les termes de ce document demeurent pour le moment très flous, le républicain semble avoir abandonné l’idée d’utiliser la force pour récupérer la région. Mais l’Alliance atlantique ressort de l’épisode une nouvelle fois affaiblie.
Depuis le Forum économique mondial de Davos, le président américain écarte un éventuel usage de la force pour prendre le contrôle du Groenland, tout en réclamant l’ouverture de nouvelles négociations. Donald Trump accuse aussi l’Europe et l’OTAN de ne pas être « reconnaissants » des États-Unis.
Menaces d’annexion du Groenland, pression sur l’Ukraine, remise en cause du droit international, la séquence diplomatique ouverte par Donald Trump à Davos ébranle profondément les Européens. Au micro de Public Sénat, le sénateur Les Indépendants, Claude Malhuret livre une analyse sévère de la méthode et de la stratégie du président américain, qu’il juge dangereuses pour la stabilité mondiale.
Lors des questions au gouvernement au Sénat, ce 21 janvier, le ministre de l’Économie et des Finances s'est dit favorable à une réplique de la France et de l'Union européenne, si les États-Unis mettaient à exécution leur menace de nouvelles surtaxes douanières.
Pour Cédric Perrin, le président (LR) de la commission sénatoriale des affaires étrangères, les tentatives d’apaisement resteront sans effet sur le président américain et ses velléités d’annexion du Groenland. Cet élu invite les Européens à faire front et à utiliser leur arsenal anti-coercition pour faire pression sur Washington.
Depuis Davos, le président de la République dénonce une concurrence « de plus en plus ardue » des États-Unis qui cherchent « à affaiblir l’Europe », alors que Donald Trump a agité la menace de nouveaux droits de douane contre tout pays qui apporterait son soutien au Groënland.
Dans la nuit de lundi à mardi, Donald Trump a menacé d’imposer une nouvelle surtaxe de 200% sur les vins et champagnes exportés par la France aux États-Unis. En cause ? Le refus de Paris de rejoindre son « Conseil de la paix », l’organe concurrent à l’ONU imaginé par le président américain. « La France s'honore d'être dans la tradition gaullienne d'affirmer face à un pays ami qu'il ne doit pas se comporter comme il le fait », assure ce mardi le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin.
Un débat sans vote s’est tenu au Sénat, après l’intervention américaine au Venezuela, mais aussi les menaces d’annexion pesant sur le Groenland. Scandalisés par la brutalité de la politique étrangère de Donald Trump, inquiets par la dégradation rapide du lien transatlantique, plusieurs sénateurs pressent la France et l’Europe d’accélérer l’autonomie stratégique.
Donald Trump continue de répéter son souhait d’annexer le Groenland. Face aux contestations européennes de telles velléités, le président américain a menacé de nouveaux droits de douane huit pays du Vieux continent, dont la France. En riposte, Emmanuel Macron a demandé « l'activation de l'instrument anti-coercition » de l’Union européenne. En quoi consiste une telle mesure ? Quelles sont les autres options envisagées ? Décryptage.
La tension est montée d’un cran mercredi entre Danois et Américains autour du dossier du Groenland qui ne sont pas parvenus à un accord sur le contrôle de ce territoire autonome du Danemark, jugé indispensable à la « sécurité » des Etats-Unis par Donald Trump. Dans ce contexte, la France a envoyé une quinzaine de militaires sur place pour participer à l’exercice européen « Opération Endurance Arctique ». Pour Mikaa Blugeon-Mered, spécialiste du Groenland à l’Université du Québec à Trois-Rivières, à l’École de guerre et à l’IFP School, l’envoi de troupes européennes peut stopper « la logique d’humiliation et de dénigrement » de Donald Trump.