Ukraine : « Je veux que les Etats-Unis comprennent clairement que Poutine leur ment », enjoint le président du Parlement ukrainien

Au micro de Public Sénat Ruslan Stefanchouk, le président du Parlement ukrainien, estime que seule « la suprématie technologique » permettra à Kiev de reprendre le dessus face à Moscou. Il invite également les Américains à refuser une éventuelle médiation du président russe entre l'Iran et Israël, option à laquelle Donald Trump semble donner du crédit.
Romain David

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« L’Ukraine ne va pas capituler ». Invité de Public Sénat, Ruslan Stefanchouk, président de la Rada, le Parlement ukrainien, a redit la détermination de son pays à l’emporter sur l’agresseur russe ce mercredi 18 juin. La veille, une nouvelle série de bombardements sur la capitale Kiev a fait une vingtaine de morts, éloignant un peu plus la perspective d’un cessez-le-feu réclamé par les Etats-Unis. « Nous voulons nous battre et survivre, c’est pour cela que nous nous tournons vers le monde entier pour pouvoir nous aider », a-t-il expliqué.

En début d’après-midi, ce responsable ukrainien a pu prononcer une allocution solennelle dans l’hémicycle du Sénat français. Face aux atermoiements de Donald Trump, il a appelé les Européens à faire front. À plus forte raison après un G7 qui s’est conclu sans déclaration commune sur le dossier ukrainien. « J’aimerais que nos partenaires défendent l’Ukraine avec autant d’acharnement que la Russie veut détruire l’Ukraine, que nos partenaires se battent sans demi-actions, sans semi-décisions, mais pleinement tous les jours », a-t-il déclaré, profitant du 85e anniversaire de l’appel du 18 juin pour dresser un parallèle entre l’invasion de 1940 et celle de l’Ukraine par la Russie.

« Nous ne pouvons pas rentrer dans une guerre d’usure contre la Russie »

« Aujourd’hui, j’ai dit clairement aux partenaires nos besoins. […] Nous avons besoin de la défense anti-aérienne pour protéger nos concitoyens, mais également d’armements pour pouvoir changer la tendance sur le champ de bataille et protéger nos sites énergétiques. Ce sont nos deux priorités », explique Ruslan Stefanchouk sur Public Sénat.

« Nous ne pouvons pas rentrer dans une guerre d’usure contre la Russie », ajoute le président de la Rada. « Nous sommes témoins d’un nouveau type de guerre, la guerre à haute technologie. La question financière est très importante mais la question technologique est encore plus importante », souligne-t-il. « Il nous faut une suprématie technologique pour l’emporter. »

« Poutine doit être châtié selon les règles du droit international »

Depuis vendredi 13 juin, les bombardements israéliens contre l’Iran et son programme nucléaire ont recentré l’attention des dirigeants occidentaux vers la situation au Moyen Orient. Allié du régime de Téhéran, Vladimir Poutine a proposé de jouer les médiateurs entre les deux pays. Donald Trump s’est dit « ouvert » à cette option à l’occasion d’un entretien avec la chaîne américaine ABC News.

Sur notre antenne, Ruslan Stefanchouk appelle à ne pas laisser le président russe instrumentaliser ce conflit pour se racheter une caution internationale. « Le tueur et l’assassin qu’est Poutine doit être châtié selon les règles du droit international », lâche-t-il. « La confiance envers Poutine est rompue, et je veux que les Etats-Unis comprennent clairement que Poutine leur ment », martèle le président de la Rada. « Il n’a jamais respecté, à aucun moment, les accords qu’il avait signés », conclut-il.

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