Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.
Rédaction Public Sénat

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Y aura-t-il une réponse législative à la crise inédite ouverte chez Grasset ? Le limogeage d’Olivier Nora, son président historique, annoncé mardi 14 avril, a entraîné le départ de plus de 200 auteurs du groupe, qui y voient le signe d’une reprise en main idéologique de son actionnaire Vincent Bolloré. L’information a suscité la stupeur de tout le secteur de l’édition, qui s’inquiète pour son indépendance. La sénatrice Sylvie Robert a proposé dans la foulée la création d’une clause de conscience pour les auteurs confrontés à un tel changement de ligne éditoriale.

Devant le « silence » du gouvernement, la sénatrice est revenue à la charge ce mercredi à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement. « Il ne s’agit pas de transposer (la clause de conscience) qui prévaut pour les journalistes, mais bien de l’adapter au secteur de l’édition », a-t-elle précisé dans l’hémicycle, manifestant la volonté de « protéger les auteurs dès lors qu’un changement d’actionnaire compromet manifestement leurs intérêts matériels et moraux ».

« Il faut étudier ces pistes »

La réaction de la ministre de la Culture, qui n’avait pas répondu à cette proposition, était attendue. Catherine Pégard a ouvert la porte à cette possibilité, jugeant « légitime de s’interroger sur la rupture du lien entre les auteurs et leurs maisons d’édition quand la politique éditoriale est brutalement modifiée ».

Qu’il s’agisse d’une clause de conscience ou d’une clause de cession, et « sans présumer des conclusions juridiques apportées à ces propositions », il faut « continuer à étudier ces pistes », a assuré la ministre. Sans s’engager sur un calendrier précis, elle s’est faite plus franche qu’Emmanuel Macron, qui estimait, au Festival du livre le 17 avril, « que c’est quelque chose qui doit se réfléchir ».

« Je prends vos propos comme l’idée que vous soutenez cette forme de clause de conscience », s’est félicitée Sylvie Robert, qui a pris attache avec des députés de gauche et du centre sur cette question. « Nous allons vous faire des propositions et j’espère vraiment que le gouvernement soutiendra ces propositions », a-t-elle conclu. Le 18 avril, 308 auteurs et acteurs du monde de l’édition, emmenés par Emmanuel Carrère, Virginie Despentes et Leïla Slimani ont appuyé cette mesure dans La Tribune Dimanche.

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