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Illustration Fermeture de commerce.
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Économie

Hausse des défaillances d’entreprises : « Ce mur des faillites est annoncé depuis longtemps », analyse Eric Heyer 

En juillet 2024, d’après les données de la Banque de France, le nombre de défaillances d’entreprises en cumulé sur l’année a dépassé les 63 000. Le cabinet Altares calcule que ce chiffre est au-dessus de la moyenne entre 2000 et 2010, en hausse de 23 %. La tendance la plus forte est observée chez les petites et moyennes entreprises de 50 à 99 salariés : les défaillances augmentent deux fois plus vite. Une situation dont s’est inquiété le président du Medef, Patrick Martin, lundi matin dans une interview au Figaro. Comment comprendre cette situation économique ? Analyse d’Éric Heyer, directeur du département Analyse et prévision de l’OFCE. Que pensez-vous de ces chiffres, faut-il s’en alerter ? Oui et non, il ne faut pas les surinterpréter. Globalement, il était attendu que les défaillances repartent très fort, c’était dans notre scénario. En effet, il y a eu très peu de défaillances d’entreprises pendant la crise covid, c’est ce que l’on appelle la « zombification » de l’économie : on a distribué des prêts garantis par l’Etat (PGE) à tout le monde, massivement. En faisant cela, on a sauvé des entreprises qui auraient dû faire faillite. Ce qui a fait que pendant les quatre ans entre aujourd’hui et la crise, on a eu très peu de défaillances d’entreprises : on en a compté 28 000 en 2020, alors que l’activité s’établissait à -8. Les défaillances d’entreprises, cela dépend aussi de la conjoncture. Durant les quatre ans avant 2019, la croissance était autour d’1,5 et on avait 60 000 défaillances d’entreprises par an. Même aujourd’hui, avec une croissance qui tourne aux alentours de 1, le chiffre des défaillances n’est pas alarmant. On est quasiment dans la situation précovid. Par ailleurs, il est normal que les entreprises les plus petites soient celles qui fassent faillite. Avant de déposer le bilan, on dégraisse, on se sépare de salariés, on réduit la voilure. Il aurait été intéressant de savoir combien de salariés comptaient ces entreprises il y a deux ans. Dans ce chiffre d’aujourd’hui, il y faut donc voir le rattrapage des entreprises qui n’ont pas fait faillite pendant la crise et la croissance qui est molle. Cela arrive maintenant, parce que c’est en ce moment que l’on rembourse les PGE. Ce mur des faillites est annoncé depuis longtemps, mais le gouvernement repoussait le moment de les rembourser. Ils devaient initialement l’être en mars 2021, cela a été décalé en mars 2022, puis après la présidentielle. On cumule ainsi le remboursement des PGE, la hausse des taux d’intérêt, et une croissance faible, notamment sectorielle. Je dirais que ces défaillances vont continuer, parce que le rattrapage n’est pas terminé et parce qu’on ne voit arriver aucune amélioration de la croissance, du point de vue de la construction. On aurait évidemment préféré que ce rattrapage arrive dans un moment où l’activité va bien. Patrick Martin, président du Medef, a dit dans Le Figaro : « La France a battu en juillet le record historique de faillites, avec 5 800 cessations de paiements. Cela n’était jamais arrivé dans l’histoire. Dans certains secteurs, comme le bâtiment, c’est un massacre ! » Êtes-vous d’accord avec lui ? Il faut être plus nuancé, parce que cet épisode fait suite à des records à la baisse dans les défaillances d’entreprises. Pendant la période covid, on aurait dû trier les entreprises à sauver. On n’a pas fait comme cela, parce qu’il y avait une urgence et que c’était très compliqué. On a sauvé tout le monde, mais on savait que c’était une mauvaise allocation de l’argent public. A l’OFCE, on disait qu’il fallait faire attention aux années à venir. Qu’est-ce que ces défaillances signifient pour l’emploi en France ? C’est la question à se poser. Globalement, pendant la période de la crise covid, on a créé de l’emploi par rapport à la croissance. Cela s’est traduit par une baisse de la productivité. Une des raisons à ce phénomène est qu’on a sauvé des entreprises qui n’avaient pas d’activité. Mais quand ces entreprises vont disparaître, des emplois seront également perdus, c’est la face négative de la pièce. La face positive est que la productivité va repartir à la hausse. Aujourd’hui, on entre dans une phase où l’on va retrouver des gains de productivité, le salarié va être gagnant, car son salaire va augmenter. On peut ainsi espérer relancer la croissance par la demande des ménages, qui pourront consommer davantage. Le problème est que ces gains de productivité ont lieu dans un contexte de croissance molle. Le chômage va repartir à la hausse, ce qui risque de susciter un comportement prudent des ménages, c’est-à-dire la hausse de leur épargne, ce qui ralentira la croissance. Il y a un deuxième bémol : ce qui était prévu dans le budget pour 2025 avant la dissolution, c’est une forte austérité budgétaire. Si elle était appliquée, ce qui aurait été gagné d’un côté avec les gains de productivité aurait été perdu de l’autre avec la politique austéritaire, donc le cercle vertueux ne se serait pas enclenché. Quelle est votre analyse sur les perspectives économiques du pays, à la lumière du contexte politique incertain ? Il ne faut pas la surinterpréter. Il est vrai que l’incertitude n’est pas bonne pour l’économie. Dans ce cas, les acteurs économiques sont beaucoup plus prudents : les entreprises font moins d’investissements et d’embauches et les ménages consomment moins et épargnent plus. Mais dans la période, il faut d’abord voir que les investissements étrangers sont peu sensibles à la situation. Les risques que pouvaient constituer pour eux Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont été écartés, il y a même eu un effet positif des JO, et ces acteurs sont habitués à des incertitudes, dans d’autres pays. En interne, en revanche, les ménages peuvent être un peu plus prudents. Mais j’ai l’impression qu’il ne s’est rien passé sur leur moral. Le chiffre sur la confiance des ménages sorti aujourd’hui, en légère hausse, le prouve.

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French Territory of  New Caledonia. Noumea . Riots
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Territoires

En Nouvelle-Calédonie, le spectre « d’une crise sanitaire et humanitaire », faute de sortie de crise

Pour le sénateur LR de Nouvelle-Calédonie, Georges Naturel, sans gouvernement de plein exercice à Paris, l’archipel du Pacifique va rentrer en septembre « dans l’instabilité complète ». Au niveau local, les équilibres pourraient bouger avec l’élection jeudi 29 août du président du Congrès. Le leader indépendantiste Roch Wamytan, en poste depuis 5 ans, est menacé.

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Paris : Reception des chefs de partis a l elysee – Paris: Reception for party leaders at the Elysee Palace
6min

Politique

Consultations d’Emmanuel Macron : la ligne d’indépendance des Républicains est-elle tenable ?

Les ténors des Républicains sont ressortis « déçus » de leur entrevue avec le chef de l’Etat dans le cadre de nouvelles consultations pour former un gouvernement. Laurent Wauquiez, Annie Genevard et Bruno Retailleau ont de nouveau exclu toute participation à une coalition gouvernementale et demandent à Emmanuel Macron de s’engager sur les propositions de leur pacte législatif. Une ligne d’indépendance qui ne fait pas l’unanimité chez les parlementaires de droite.

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Paris: E. Macron dejeuner FW Steinmeier, President Republique federale Allemagne
6min

Institutions

Refus de nommer Lucie Castets : Est-ce une « faute institutionnelle » comme le prétend François Hollande ? 

Dans un entretien accordé au Point, François Hollande qualifie de « faute institutionnelle » le choix d’Emmanuel Macron d’écarter Lucie Castets de la course à Matignon. Si cette notion n’existe pas en droit constitutionnel, elle pose néanmoins la question de la marge de manœuvre du Président de la République dans la nomination d’un Premier ministre en l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.

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Russia Ukraine War
5min

International

Russie : « La percée ukrainienne est une humiliation pour Vladimir Poutine»

Ce mercredi, le Conseil Otan-Ukraine se réunit à la suite des frappes russes massives lancées lundi et mardi sur les villes et infrastructures ukrainiennes. Dans la foulée de ces dernières, Volodymyr Zelensky a réclamé l'aide des voisins européens pour détruire les vagues de drones russes, alors que dans le même temps Kiev perd du terrain à l’est du pays. Le Général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, estime que le temps presse pour les belligérants, car l’hiver va bientôt venir « geler » les positions sur le front.

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Paris: Emmanuel Macron ceremonie 80e anniversaire Liberation de Paris
5min

Institutions

44 jours de gouvernement démissionnaire : une situation pas totalement inédite

Démissionnaire depuis la mi-juillet, le gouvernement de Gabriel Attal reste en place dans l’attente d’un accord politique qui permettrait à Emmanuel Macron de nommer un nouveau Premier ministre. La Cinquième République a déjà connu une période de transition aussi longue, au début des années 1960, mais dans un contexte politique complètement différent. À l’époque, le gouvernement de Georges Pompidou fait les frais du bras de fer qui oppose le général de Gaulle et les députés sur la mise en place du suffrage universel direct.

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Dissolution : les experts parlementaires sur-sollicités par les milieux d’affaires en quête de réponses
6min

Économie

Dissolution : les experts parlementaires sur-sollicités par les milieux d’affaires en quête de réponses

Des constitutionnalistes ou des observateurs de la vie institutionnelle ont eu la surprise d’être appelés cet été par des organisations professionnelles, des entreprises ou le milieu de la finance, à la recherche de clés de compréhension sur la séquence politique en cours et la préparation du futur budget. Leur objectif, mieux appréhender le bouleversement institutionnel né de la dissolution, et ses éventuelles conséquences.

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France Telegram CEO
3min

International

« L’arrestation du PDG de Telegram aurait pu avoir lieu aux Etats-Unis »

La garde à vue de Pavel Durov, le fondateur et PDG de l’application de messagerie Telegram, se poursuit dans l’hexagone jusqu’à mercredi. La justice française lui reproche de ne pas répondre aux réquisitions judiciaires et de permettre des activités illégales sur sa messagerie. Une affaire qui va plus loin que la simple modération des plateformes.

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Certains socialistes dénoncent « le terrorisme intellectuel » de LFI
6min

Politique

Certains socialistes dénoncent « le terrorisme intellectuel » de LFI

On s’attendait à un bureau national à couteaux tirés ce mardi midi au Parti socialiste. Pas encore d’implosion en vue mais des oppositions se sont fortement manifestées. L’opposition interne à Olivier Faure réclame une « Convention » pour « clarifier la stratégie » du PS et veut « reprendre les discussions avec le Président de la République ».

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Afghanistan Taliban
6min

International

Afghanistan : « Le seul espace d’une femme aujourd’hui, c’est sa maison »

Le 22 août dernier, une nouvelle loi a été promulguée par le régime taliban en Afghanistan pour « promouvoir la vertu et prévenir le vice » dans la population. 35 articles qui interdisent aux femmes de se maquiller ou de se parfumer. Elles ne peuvent pas faire entendre leur voix en public, et doivent se couvrir complètement le corps en présence d’un homme n’étant pas leur mari. L’ONU a dénoncé un « apartheid de genre » et s’est dit « préoccupé » par cette nouvelle loi. Comment comprendre ce qui se passe en Afghanistan, pays gouverné par les Talibans depuis août 2020 ? Explications avec Mélissa Cornet, spécialiste des questions de genre en Afghanistan.

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Paris: Weekly cabinet meeting at Elysee Palace
8min

Éducation

Réformes à l’arrêt, budget en baisse, appels à la grève… En marge de la crise politique, les incertitudes de la rentrée scolaire

À quelques jours de la rentrée des classes, la ministre démissionnaire de l’Education nationale, Nicole Belloubet, a fait le point sur les changements qui attendent les élèves et les personnels éducatifs. Toutefois, plusieurs réformes d’envergure ont été mises en suspend après la démission du gouvernement. Dans un contexte budgétaire incertain, Nicole Belloubet réclame également une « sanctuarisation » des crédits de l’Education nationale.

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PARIS : PLACE NETTE XXL
5min

Société

Gendarme tué à Mougins : « La multiplication des refus d’obtempérer est le résultat d’une dérive sociale »

Ce lundi, près de Cannes, un individu a refusé un contrôle en sortant de l'autoroute A8. Le véhicule a violemment percuté et tué un des membres du peloton motorisé de Mandelieu-La Napoule, un adjudant de 54 ans. Le ministre démissionnaire de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a précisé que le conducteur, interpellé quelques heures plus tard, est un "délinquant de la route" déjà connu pour "des refus d'obtempérer". Les sénateurs du département appellent à appliquer les lois déjà votées en la matière.

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Nomination d’un Premier ministre : Emmanuel Macron démarre un nouveau tour de consultations, boudé par la gauche
3min

Politique

Nomination d’un Premier ministre : Emmanuel Macron démarre un nouveau tour de consultations, boudé par la gauche

Dans un communiqué publié ce 26 août, l’Elysée a annoncé lancer un nouveau tour de consultations politiques, ce mardi, en vue de la nomination d’un Premier ministre. Une décision qui irrite le Nouveau Front Populaire. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure dénonce une « parodie de démocratie » et refuse de se rendre à l’Elysée pour de nouvelles réunions.

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