Au matin de la troisième journée de mobilisation sociale contre les pistes budgétaires du gouvernement, la secrétaire générale de la CGT met en garde Sébastien Lecornu. Elle dénonce une copie du budget déjà transmise au Conseil d’Etat et au Conseil des Finances Publiques, et non aux organisations syndicales avec qui le Premier ministre « dit vouloir discuter ».
Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien ministre de l‘économie, Alain Madelin, est revenu sur les discussions budgétaires déplorant l’importance de la Taxe Zucman dans les négociations avec les socialistes.
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu organise cette semaine un ultime round de négociations avec les socialistes, la sénatrice PCF Cécile Cukierman reproche au camp marconiste et à la droite de s’arcbouter contre des mesures largement plébiscitées par les Français.
Invité de la matinale de Public Sénat, le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy a répété que son parti se tenait prêt à censurer le Premier ministre. Le député fustige un budget « déjà écrit » et doute de l’issue des débats parlementaires.
Les LR ont rappelé au premier ministre leurs exigences pour entrer au gouvernement. Ils attendent des « gages » de Sébastien Lecornu sur les économies, le travail et le régalien, via « une base contractuelle, avec des engagements clairement édictés », explique Mathieu Darnaud, président du groupe LR du Sénat. Si le PS censure le gouvernement, la droite est déjà prête à leur renvoyer la responsabilité de l’instabilité.
Le premier ministre joue peut-être son avenir cette semaine. Après avoir de nouveau déjeuné avec les cadres du socle commun, il sera confronté jeudi à une nouvelle mobilisation puis recevra des socialistes très déçus après son interview. « Au moment où je vous parle, on est plutôt sur la dynamique de la censure », prévient Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Mais le PS ne ferme pas encore la porte.
Le Premier ministre sort du silence en donnant un interview au Parisien. Il livre une série de réponses sur le calendrier des prochains jours, en précisant la date de l’annonce du gouvernement, et ses premiers arbitrages budgétaires.
Fustigeant les silences et « la langue de bois » du Premier ministre, qui n’a toujours pas présenté de pistes budgétaires deux semaines après sa nomination, l’intersyndicale a décidé de maintenir la pression sur l’exécutif avec une nouvelle journée de mobilisation, le 2 octobre. De son côté, le patronat s’inquiète de voir le débat se concentrer sur les questions fiscales.
Au micro de la matinale de Public Sénat, le président du Sénat Gérard Larcher invite le Premier ministre Sébastien Lecornu à « repartir sur des bases saines » avec les partis du socle commun, et à définir un ensemble de sujets « piliers » sur lesquels il serait possible d’avancer collectivement.
Les syndicats se sont dits déçus, après avoir été reçus ce mercredi par le chef de gouvernement. « Il ne parlera pas tant qu’il n’aura pas trouvé la clef », selon un responsable du socle commun. Le premier ministre pourrait nommer son gouvernement entre le 3 et le 6 octobre, confient plusieurs sources au sein de la majorité.
Depuis la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, le 9 septembre dernier, la France n’a toujours pas de gouvernement. Le Premier ministre lui-même se fait discret, alors qu’il doit composer une équipe et établir un projet de budget qui lui évite la censure. Au Parti socialiste, on attend que l’ancien ministre des Armées, dévoile sa main, sans se faire d’illusion. Pour eux, la censure et la dissolution semblent inévitables.