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Devant les sénateurs UMP, Sarkozy appelle à tourner la page de l’union nationale

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François Vignal (images : Jérôme Rabier)
Le 27.01.2015 à 14:39

Nicolas Sarkozy était ce matin à la réunion du groupe UMP. Il a appelé à sortir du «piège» de l’union nationale. Sur les régionales, il veut des primaires pour départager les candidats. A la veille de ses 60 ans, il a assuré qu’«il était de plus en plus disposé à écouter les uns et les autres».

La visite n’était pas annoncée. Nicolas Sarkozy s’est rendu devant le groupe UMP du Sénat ce mardi. La seconde visite depuis sa réélection à la tête de l’UMP. La semaine dernière, l’ancien chef de l’Etat avait déjeuné avec le président UMP du Sénat, Gérard Larcher.

« C’est l’anniversaire de quelqu’un ? »

A son arrivée salle Médicis, dans les sous-sols du Sénat, Nicolas Sarkozy est largement applaudi. Les sénateurs sont debouts. « Mais qu’est ce qui se passe ? C’est l’anniversaire de quelqu’un ? » fait-il mine de s’interroger (voir la vidéo). « Si je ne me trompe, demain c’est ton anniversaire. Et normalement ça s’arrose », lance Bruno Retailleau, président du groupe UMP. Nicolas Sarkozy fête en effet demain ses 60 ans. Il continue sur le même ton guilleret : « Je ne suis pas habitué à tant d’affection, à être applaudi avant d’avoir dit un truc ».

A la sortie de la réunion, qui a duré 1h15, Nicolas Sarkozy tient à « remercier Bruno Retailleau pour le travail remarquable qu’il fait ». Il tient également à « encourager le groupe UMP du Sénat à proposer, à imaginer les conditions de l’alternance et faire jouer au groupe UMP du Sénat un rôle essentiel dans la prochaine compétition électorale qui sera celle de la direction de tous nos départements ». L’UMP compte bien reprendre de nombreux départements à la gauche lors du scrutin départemental de mars prochain.

« L’union nationale peut aussi être à terme un piège »

Reste à se faire entendre d’ici là. Pas évident pour l’UMP depuis les attentats. « Non, non, ce n’est pas dur », assure Nicolas Sarkozy. Quelques minutes avant, il a pourtant affirmé devant les sénateurs la nécessité de passer à la suite, de changer de séquence. « Il a exprimé un message qui vise à dire qu’on ne va pas rester dans l’union nationale éternellement. Un certain nombre d’autres problèmes se posent, comme les chiffres du chômage ce soir. L’UMP ne va pas rester les pieds dans le même sabot », relate Christian Cambon, sénateur UMP du Val-de-Marne.

« Il a dit que l’union nationale se poursuivait sur la thématique des attentats et de cette période noire. Mais l’union nationale peut aussi être à terme un piège dans lequel tout débat est suspendu alors même que d’autres problèmes se posent. (…) On ne va pas rester en permanence (dans l’union nationale), quelles que soient les tentations de l’exécutif de nous enfermer dans ce piège dans lequel il faudrait être d’accord sur tout, sur la réforme régionale, sur la métropole, pourquoi pas sur les cantonales aussi », ajoute Christian Cambon.

Régionales : « S’il y a plusieurs candidats, il y aura une primaire »

Nicolas Sarkozy est aussi revenu sur les attentats, apportant un bémol, selon le sénateur UMP Jean-René Lecerf : « On a montré un grand succès mais ça s’est soldé par 17 disparitions » note l’ancien secrétaire national de l’UMP à la Justice. « Il était un peu surpris qu’après les événements tragiques que nous avons connus, il n’y ait pas de commission d’enquête qui se mette en place », ajoute Jean-René Lecerf.

Plus que les départementales, Nicolas Sarkozy s’est exprimé sur les élections régionales, qui auront lieu en décembre 2015. Il a clairement signifié aux sénateurs UMP qu’en cas de désaccord sur les candidatures, ce sera aux militants de trancher. Comme pour le candidat à la présidentielle… « S’il y a plusieurs candidats, il a dit qu’il y aura une primaire » affirme Jean-Claude Lenoir, président de la commission des affaires économiques. Le président de l’UMP a aussi souligné qu’il faudrait laisser de la place – et donc sûrement des têtes de listes – pour les alliés de l’UDI dans le cadre d’accords.

« C’est la sagesse. Mais je ne sais pas si on l’a tous cru ! »

De la collégialité, plutôt que des décisions « à trois dans un bureau », selon l’expression d’un sénateur. Voilà la nouvelle ligne rassembleuse de Nicolas Sarkozy à l’UMP. Il entend faire oublier son image « d’hyper Président » qui se mêle de tout et décide de tout. « Il faut reprendre des habitudes de travail dans la famille et non pas à l’extérieur », explique un membre de son entourage, qui souligne qu’« il dépense une énergie considérable pour rencontrer les anciens premiers ministres ».

Un esprit collectif que Nicolas Sarkozy à évoqué en parlant de son anniversaire. « Il a dit qu’avec l’âge, il était de plus en plus disposé à écouter les conseils des uns et des autres et de plus en plus disposé à ne plus décider seul. Il a dit ça sur le ton de la boutade » glisse Jean-René Lecerf (voir la vidéo ci-dessous), qui ajoute : « C’est la sagesse. Mais je ne sais pas si on l’a tous cru sur ce plan là ! » L’unité est un combat quotidien, surtout à l’UMP.