Les écarts se resserrent en haut du classement des personnalités politiques les plus plébiscitées par les Français. Le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale* révèle une baisse de popularité pour Jordan Bardella, qui domine toujours le palmarès mais pour seulement un point devant sa mentor Marine le Pen (35 % contre 34 %). Au centre et à droite, Gabriel Attal et Bruno Retailleau surfent sur leur omniprésence médiatique pour fondre sur Édouard Philippe, toujours troisième du classement derrière les leaders du RN.
La récente annonce de son idylle avec la princesse Maria-Caroline de Bourbon des Deux Siciles, photos dans Paris Match à l’appui, ne semble pas avoir profité à Jordan Bardella. « Il s’agit bien d’une sanction de l’opinion […] alors qu’il vient de vivre une très forte séquence médiatique », tranche Gaël Sliman, président d’Odoxa. Le président du Rassemblement national perd 3 points dans l’opinion, et même 4 parmi les sympathisants de son parti, mais reste en tête avec 35 % d’adhésion.
Alors que le baromètre du mois de mars le voyait prendre le large, son avance sur Marine le Pen, stabilisée à 34 %, n’est plus que d’un point. La cheffe de file des députés RN reste suspendue à la décision des juges d’appel le 7 juillet prochain dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Condamnée à cinq ans d’inéligibilité en première instance, elle reste à ce stade la « candidate naturelle » du parti d’extrême droite. Parmi les sympathisants du RN, Marine le Pen devance même légèrement son poulain (92 % d’adhésion, contre 91 %).
Le retour en force médiatique de Gabriel Attal et Bruno Retailleau
Les équilibres bougent aussi légèrement dans l’espace du centre à la droite, où les sondages pourraient être décisifs pour départager les multiples candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle 2027. Fort de sa réélection à la tête du Havre, Édouard Philippe avait pris de l’avance en mars. Mais il enregistre ce mois-ci une baisse de 4 points, à 32 %, que Gaël Sliman interprète comme « un retour à la normale plutôt qu’une sanction de l’opinion » après ses 8 points glanés le mois dernier.
Derrière lui, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, respectivement à 30 % (+ 2 points) et 27 % (+ 3 points) reprennent des couleurs après plusieurs mois de dégringolade depuis leur sortie du gouvernement. De quoi rattraper en bonne partie leur retard sur Édouard Philippe. Tous deux ont misé sur une stratégie médiatique offensive pour marquer leur entrée en campagne. Avec, à la clé, la sortie d’un livre pour Gabriel Attal et des propositions fortes sur la sécurité et l’immigration pour le patron des LR, récemment adoubé par ses militants pour représenter son parti à la présidentielle.
Rejet massif de Jean-Luc Mélenchon
L’ordre est le même entre les trois candidats dans l’espace plus resserré des sympathisants de la droite et du centre (Renaissance, Horizons, MoDem, UDI, Les Républicains) : Édouard Philippe recueille 69 % d’avis positifs, contre 61 % pour Gabriel Attal et 51 % pour Bruno Retailleau. Gérald Darmanin se glisse dans la conversation (58 %) au sein de cet électorat, mais demeure en retrait parmi l’ensemble des Français (24 %).
A gauche, le rejet massif de Jean-Luc Mélenchon, désapprouvé par 72 % des Français, loin devant Éric Zemmour (66 %), s’approfondit encore. Mais parmi les sympathisants de gauche, il reste au coude-à-coude avec Marine Tondelier et François Ruffin.
Chez LFI, un nouvel homme fait une entrée fracassante dans le palmarès d’Odoxa. Il s’agit du nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, élu dès le premier tour face au socialiste sortant. Une victoire électorale qui l’a propulsé médiatiquement et l’a vu, aussi, essuyer des remarques à caractère raciste sur CNews et les réseaux sociaux.
Le voilà donné à 14 % d’adhésion, à égalité avec… Jean-Luc Mélenchon. De quoi le confirmer dans sa volonté de jouer un rôle important dans le mouvement insoumis : « Je pense pouvoir contribuer à rassembler » la gauche pour l’élection présidentielle de 2027, a-t-il récemment affirmé. À gauche, il est soutenu par 40 % des sympathisants mais reste derrière les figures les plus installées, à commencer par Jean-Luc Mélenchon (43 %).
*Méthodologie
L’enquête a été réalisée les 22 et 23 avril 2026 auprès de 1 005 Français interrogés par internet. Cet échantillon est représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Chaque sondage présente une incertitude statistique que l’on appelle marge d’erreur. La marge d’erreur dépend de la taille de l’échantillon ainsi que du pourcentage observé. Par exemple, dans un échantillon de 1 000 personnes, si le pourcentage observé est de 20 % ou de 80 %, la marge d’erreur est égale à 2,5 points : le pourcentage réel est donc compris dans un intervalle entre 17,5 % et 22,5 %.