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Classement des sénateurs : qui sont les bons et mauvais élèves?
Y a-t-il des sénateurs au Sénat ? Lyon capitale publie un classement des sénateurs par ordre « d’activité ». Un tableau éloquent où sont brocardés pas moins de 150 sénateurs qui sèchent régulièrement en commission.
Et pour parvenir à ce classement, deux journalistes ont mené un travail de fourmi. « L’enquête que nous avons réalisée avec mon collègue est assez longue mais plutôt simple. Nous nous sommes appuyés sur les publications du journal officiel depuis octobre 2009 c'est-à-dire les comptes-rendus de l’activité parlementaire et des commissions. Nous avons compté la participation de chaque sénateur. Nous avons également utilisé le site Internet du Sénat », précise Raphaël Ruffier-Fossoul, rédacteur en chef de Lyon Capitale.
Résultat : trois catégories de sénateurs se détachent. L’hémicycle réunit ainsi les bons élèves, les médiocres et les cancres.
Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, premier du classement
Pour la première catégorie, la palme d’or revient à Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret. « Très franchement ça me fait plaisir. Depuis que ce classement est paru dans la presse régionale je reçois beaucoup de félicitations dans mon département », reconnaît tout sourire le sénateur. Il est suivi de très près par d’autres collègues socialistes, Michèle André, sénatrice du Puy-de-Dôme et Nicole Bricq, sénatrice de la Seine-et-Marne puis par plusieurs sénateurs du PCF tel Annie David, sénatrice de l'Isère et Guy Fisher, sénateur du Rhône. Une constante pour les dix premiers de la liste : aucun de ces sénateurs n’exerce de mandat local. Ce qui explique peut-être leur disponibilité plus grande pour honorer leur mandat dans la Haute assemblée. « Le non-cumul des mandats participe à la modernisation de la vie politique. (…) Mais dans un parcours politique il peut y avoir alternance des responsabilités locales et parlementaires. C’est très important d’être dans l’hémicycle, d’être en commission, de préparer des amendements et d’améliorer les textes », tempère Jean-Pierre Sueur pas peu fier d’être le premier du classement.
Jean-Pierre Sueur - Sénateur du Loiret
Dans la catégorie des « médiocres » on trouve plutôt des sénateurs présents à « mi-temps » dans l’hémicycle. Le classement de Lyon Capitale cite par exemple le cas de Gérard Collomb, sénateur du Rhône, mais aussi d’Alain Lambert, sénateur de l'Orne pour ne citer qu’eux. Le « ventre mou » de ce classement est celui qui est le plus contestable pour certains parlementaires. « Les sénateurs interrogés sur notre classement ont plutôt deviné qui était premier et dernier. Ils nous ont dit que le premier tiers était révélateur de ce qui se passait au Sénat, de même pour le dernier tiers. Mais dans le ventre mou il est un peu difficile de les classer. Certains sénateurs pensaient que leurs collègues méritaient d’être plus haut ou plus bas. Le milieu de classement est plus mouvant », raconte Paul Terra, journaliste à Lyon Capitale et co-auteur de l’enquête.
Enfin le bonnet d’âne revient au sénateur centriste Didier Borotra. Aucune proposition de loi et seulement une question écrite en un an pour le sénateur-maire de Biarritz qui, contacté ce jour, n’a pas encore donné de nouvelles. Il est talonné de très près par le sénateur UMP de Mayotte, Ibrahim Ramadani qui compte lui, une intervention en séance publique et une signature de proposition de loi sur la période. Une absence qui peut s'expliquer par l’éloignement géographique... Remarque : les dix derniers de la classe comptent pour moitié de sénateurs de la majorité.
Un classement qui se discute
Un classement donc, qui permet de se donner une idée du travail mené par les parlementaires. Mais qui n’a pas de valeur scientifique absolue. « La méthodologie me parait légère. Les amendements ne sont pas pris en compte alors qu’ils constituent l’une des parties les plus importantes du travail parlementaire. Ce critère me semble plus important que les propositions de loi. A défaut de pondération il faudrait faire un choix entre ces éléments là », reconnaît Tangui Morlier, co-fondateur de NosDéputés.fr, site Internet qui recense l’activité des députés.
Même constat pour le côté « qualitatif » du travail des sénateurs, non précisé dans le classement. Une donnée délicate qui, si elle était prise en compte « pourrait introduire un jugement de valeur » selon Tangui Morlier.
Même prudence avec le rapprochement entre le cumul des mandats et une mauvaise place dans le classement. Certains sénateurs cumulards comme Alain Vasselle, sénateur UMP de l'Oise, 13e au tableau, sont pourtant bien positionnés.
Et pour l’anecdote, le tableau classe le président du Sénat en 245e position. Lyon Capitale précise que son classement ne reflète en rien son activité, car du fait de la présidence des débats il ne peut se rendre en commission. Plus amusant encore, le tableau révèle les sénateurs les plus polis. Le critère « excusé » en commission, non pris en compte dans le classement, met en évidence les sénateurs qui ont eu l’obligeance de décliner avec politesse leur non présence en commission. Catherine Tasca, vice-présidente du Sénat et 20e au classement, apparaît comme l’un des sénateurs les plus courtois avec 46 excuses pour 41 présences en commission.




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