Burqa : retour sur un texte qui a divisé les sénateurs socialistes...

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Tam Tran Huy
Le 17.09.2010 à 18:42

Le projet de loi sur la Burqa a été voté mardi au Sénat, un texte qui a fait couler beaucoup d’encre qui est passé en douceur.

Oui mais pas partout. Il y a un endroit où il y a eu encore des débats passionnés, c’est au sein du groupe socialiste au Sénat. Deux écoles se sont opposés. D’un côté, Jean-Pierre Bel, le président du groupe socialiste au Sénat, ne voulait pas participer au vote, comme à l’Assemblée nationale. Les fondements de ce refus : l’inconstitutionnalité d’une interdiction générale et la stigmatisation des musulmans.

D’autres voulaient voter pour le texte comme François Rebsamen ou Jean-Pierre Masseret… menés par un chef de file, l’ancien garde des Sceaux, Robert Badinter.

Finalement, seulement 46 socialistes sur 116 ont participé au vote et ont voté pour. Les autres ne sont pas venus dans l’hémicycle.

Et ces tergiversations dans le camp des socialistes, ne datent pas d’hier.

Depuis la mission parlementaire d’information sur le voile intégral, de juillet 2009, c’est la cacophonie. Les socialistes n’ont jamais été d’accord ni sur le fond, ni sur la forme du texte.

Au printemps, la direction du PS était opposée au principe d’interdiction générale mais certaines voix divergentes, et pas des moindres, étaient pour : Manuel Valls ou Aurélie Filippetti.

Idem sur la forme : on se rappelle du postulat de départ de Martine Aubry : « contre la burqa et contre la loi ! » Résultat : à l’Assemblée, on a préféré ne pas se prononcer, en ne participant pas au vote. Et au Sénat, les deux écoles s’affrontaient.

Force est de constater que sur certaines questions, le PS n’est pas très au clair.

Est-ce que c’est un vrai combat idéologique, une stratégie d’opposition purement politicienne qui n’a pas remporté l’adhésion de tout le monde, le fruit de dissensions internes ? Ce qui est sûr, c’est que les socialistes peinent à avoir une position claire sur certaines questions de société : on se rappelle le voile à l’école. Etant donné l’émergence de ces questions dans le débat public, cela risque de leur être dommageable pour les prochaines échéances électorales.

Et pour ce qui est du projet de loi sur la burqa, il va encore falloir attendre un petit mois et la décision du Conseil constitutionnel pour s’assurer de sa conformité. La saga n’est pas tout à fait terminée…

 

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