Explication de méthode et service après-vente pour Ayrault

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François Vignal, envoyé spécial à La Rochelle
Le 25.08.2012 à 20:56
Explication de méthode et service après-vente pour Ayrault
© AFP
Le premier ministre a rassuré son camp et les Français tout en expliquant l’action de son gouvernement lors de sa venue à l’Université d’été du PS. Il prône « une gauche durable » pour réussir « le redressement du pays dans la justice ».

Certains lui reprochaient un manque de présence, voire d’autorité. Jean-Marc Ayrault a au moins fait de la pédagogie, ce samedi après-midi à La Rochelle, pour sa venue à l’Université d’été du PS. Arrivé aux côtés de Martine Aubry, le premier ministre a répondu aux questions des MJS (Mouvement des jeunes socialistes). Alors que les sondages commencent à baisser pour François Hollande, le locataire de Matignon a défendu la politique du gouvernement. Il prône « une gauche durable » pour mieux rassurer son camp et convaincre les Français qui commencent à douter.

A ceux qui voudraient plus de réactivité, il répond qu’il ne veut pas « être le premier ministre qui multiplie les décisions sans avoir réfléchi, retrouvé l’adhésion ». Pas de réaction « au coup par coup » pour « ne pas être le premier ministre du tournant de l’austérité », a lancé Jean-Marc Ayrault, en forme pour ce discours de rentrée. Il s’est surtout employé à faire le service après-vente des mesures déjà votées, rappeler celles qui le seront et cadrer son action, expliquer sa méthode.

« En 2013, le mariage et l’adoption seront ouverts à tous les couples dans notre pays »

Défendant le mélange de « réformes immédiates », comme la future création de 150.000 emplois d’avenir, et de « réformes en profondeur », il a fait appel aux slogans de campagne : « le redressement du pays dans la justice ».

Promesse : « En 2013, le mariage et l’adoption seront ouverts à tous les couples dans notre pays ». La question de l’autonomie étudiante ne sera pas oubliée, mais « sous condition de ressources. On connaît l’état de nos finances publiques ». Il doit se justifier sur la suppression des heures supplémentaires, « une mesure anti-emploi ». Côté écologie, il va faire encore grincer des dents chez les alliés d’Europe Ecologie-Les Verts : « Je n’ai pas de sujets tabous, y compris sur les gaz de schiste »,  lance le locataire de Matignon.

« Je vous invite à soutenir la majorité »

Gros sujets de blocage à gauche du PS, mais aussi chez certains écologistes et au Front de gauche, Jean-Marc Ayrault a défendu le traité budgétaire européen. « Les lignes ont bougé » grâce à François Hollande fait-il valoir, avec le « pacte sur la croissance » et « la taxe sur les transactions financières ». Il y voit « une étape », permettant d’aller plus loin.

Université d’été oblige, il n’oublie pas les affaires internes du PS, avec la succession de la première secrétaire. « On nous dit vous aller devenir un parti godillot car vous avez signez une contribution avec Martine Aubry. Vous imaginez un Parti socialiste en parti godillot ? Non. C’est un parti de débat. Et je vous invite à soutenir la majorité ».

« Pas de défausse du gouvernement »

Quant à la question des Roms et du démantèlement de leurs camps, le premier ministre a assumé la défense de l’ordre républicain tout en défendant un certain équilibre : « Etat de droit, approche ferme, sociale, humaine, européenne ». Des propos en phase avec ceux de son ministre de l’Intérieur Manuel Valls, dont la fermeté a été largement applaudie par les militants le matin.

Malgré les premiers signes de faiblesses après 100 jours au pouvoir, Jean-Marc Ayrault l’assure, il n’y aura « pas de défausse du gouvernement. Ce que nous faisons, nous devons l’expliquer et l’assumer ».