Jean-Noël Guérini chez le juge après deux ans et demi d'enquête

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Le 08.09.2011 à 15:19
Jean-Noël Guérini - AFP
© AFP

Le socialiste Jean-Noël Guérini pourrait être mis en examen jeudi à Marseille à l'issue de son audition pour des malversations présumées touchant à des marchés publics et impliquant son frère Alexandre, une affaire qui embarrasse le PS à huit mois de la présidentielle.

Le sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône s'est présenté au palais de justice vers 13h40, souriant, entouré de ses deux avocats. Accueilli par une foule de journalistes, il n'a fait aucune déclaration.

Son conseil, Patrick Maisonneuve, a indiqué que son client s'exprimerait après son audition.

Jean-Noël Guérini était convoqué à 14H00 par les magistrats Charles Duchaine et Pierre Philippon.

L'élu, âgé de 60 ans, est visé par un réquisitoire supplétif du parquet pour prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs.

S'il est mis en examen pour des faits aussi « graves », il devra « se mettre en retrait du PS et de la présidence du conseil général pour préparer sa défense », a prévenu le patron du parti par intérim Harlem Désir, qui ne veut pas d' « un boulet moral ».

Du côté d'Europe Ecologie-Les Verts, la conseillère régionale de Paca, Laurence Vichnievsky, a répété qu'il devait démissionner pour ne pas « compromettre les résultats de la gauche ».

Quant à la droite, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a promis de ne « pas lâcher » le PS, en réponse aux attaques de la gauche sur l'affaire Bettencourt.

Alors que l'élu marseillais, qui clame son innocence, rétorque qu'il « n'acceptera pas d'être un bouc émissaire », son avenir risque de tourner au bras de fer avec le PS.

S'il devrait quitter ses responsabilités au sein du parti, comme l'a suggéré son successeur à la tête de la fédération départementale, Jean-David Ciot, M. Guérini exclut en revanche d'abandonner la présidence du conseil général qu'il occupe depuis 1998, assurant disposer du soutien d'une majorité d'élus socialistes.

« Je suis innocent, pourquoi voulez-vous que je démissionne ? », martèle celui qui voit dans ses démêlés judiciaires « un coup de poignard politique ».

Un « coup de force » venu de Solférino, qui demanderait aux conseillers généraux de se positionner à son encontre, sous peine d'exclusion du parti, serait une première, glisse-t-on à la fédération départementale.

Celle-ci doit annoncer jeudi soir sa nouvelle direction collégiale, conformément aux conclusions de la commission d'enquête du PS présidée par Alain Richard et déclenchée par un rapport au vitriol d'Arnaud Montebourg.

La justice reproche différents éléments à Jean-Noël Guérini, dont le frère, Alexandre, entrepreneur dans les déchets, a été mis en examen fin 2010 et a passé cinq mois et demi en prison.

L'un des volets de cette affaire à tiroirs, dans laquelle une vingtaine de personnes sont mises en cause, concerne un terrain de la Ciotat que le conseil général a préempté en 2004, officiellement pour y protéger une plante; en réalité, selon les juges, pour servir les intérêts d'Alexandre Guérini qui y a agrandi une décharge dans le cadre d'un marché de plusieurs millions d'euros.

La justice soupçonne aussi Jean-Noël Guérini d'être intervenu en faveur de son frère dans un litige financier qui l'opposait à l'agglomération de Salon-de-Provence, et d'avoir « toléré les immixtions sans titre » d'Alexandre dans des affaires relevant du département, « à des fins de clientélisme servant leurs intérêts communs ».

Les juges lui reprochent aussi d'avoir fait obstacle à l'enquête en remplaçant des disques durs avant une perquisition au conseil général, et d'avoir recommandé à son frère de faire le ménage dans son bureau après l'avoir averti de l'enquête, deux mois après son ouverture en février 2009 sur la base d'un courrier anonyme.

La défense de Jean-Noël  Guérini a déjà fait valoir qu'il n'était pas question d'enrichissement personnel.

 

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