Benjamin Sportouch le commentateur de france inter ferait la demonstration inverse si la majorité des ministres n'était pas des élus
L’UMP entre «peaux de banane» et «émulation» à Biarritz
Ciel couvert ce jeudi, à Biarritz, pour les journées parlementaires de l’UMP. Ateliers sur la sécurité, la compétitivité… C’est surtout la compétition entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand qui est sur toutes les lèvres. Et anime les journalistes. Depuis que le patron des députés UMP a fait son « offre de service » pour prendre les rênes de l’UMP, Xavier Bertrand est fragilisé.
« J’ai proposé au président de la République de prolonger à l’UMP mon action menée à la tête du groupe », rappelle benoîtement Jean-François Copé. Xavier Bertrand, s’il ne veut pas tomber dans « les petites phrases », relève le défi que lui impose Copé : « S’il n’y a pas d’émulation en politique, ce n’est pas amusant ». Michèle Alliot-Marie, dernière présidente du RPR, connaît ces guéguerres intestines : « Les peaux de banane font partie de la vie politique, on apprend à patiner dessus »…
« L’UMP doit être 50% godillot, 50% aiguillon. On n’a pas su faire la deuxième partie »
Certains préfèrent ne pas rajouter d’huile sur le feu, comme le ministre de l’Industrie Christian Estrosi, qui ne voit « aucune tension ». D’autres s’en chargent : « L’UMP doit être derrière et devant le gouvernement. 50% godillot, 50% aiguillon. On n’a pas su faire la deuxième partie. Si vous n’êtes que godillot, vous perdez en attractivité », dénonce le député Yves Jégo. Renaud Muselier regrette lui que « l’UMP (soit) devenu un parti de notables. On n’est pas un club d’amis. Nous avons perdu une part du militantisme de terrain, l’habitude de distribuer des tracts ».
Le président du groupe UMP du Sénat, Gérard Longuet, propose sa solution pour départager les deux hommes : « Ce serait bien que la base soit associée » à la désignation du secrétaire général. Les statuts du parti ne le permettent pas aujourd’hui. Mais à écouter un ministre, le sort du secrétaire général de l’UMP est scellé : « Le départ de Bertrand est acquis », glisse-t-il.
François Baroin, qui a cosigné une tribune remarquée avec Copé, croit qu’il « est toujours légitime d’afficher les ambitions quand elle sont légitimes ». Nadine Morano moins : « Il n’y pas un Français qui pense aux ambitions personnelles de Copé », tranche la secrétaire d’Etat à la Famille.
Regardez François Baroin défendre les ambitions « légitimes », avant de faire la bise à Copé :
Juppé, Raffarin et Longuet au gouvernement ?
Marc-Philippe Daubresse aimerait aussi plus d’unité : « Ce qui m’intéresse ce n’est pas les quatre mousquetaires qui ferraillent. La question c’est un pour tous, tous pour Sarkozy ». Le ministre de la Jeunesse attend le remaniement. De quoi ouvrir « une nouvelle séquence ». Et ramener le calme. « Soit on change de premier ministre et le gouvernement bouge peu. Soit on garde l’excellent premier ministre et on change beaucoup de ministres. La nouvelle séquence doit être incarnée par de nouveaux visages », affirme Daubresse. Les noms d’Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Gérard Longuet circulent. Pas vraiment des petits jeunes qui montent.
Pour Yves Jégo, c’est tout vu : « Si on ne change pas de premier ministre, on ne change rien. Si on fait gouvernement Fillon VII ou VIII, ça n’a aucun sens », tranche celui qui s’est fait virer du gouvernement…Fillon II. Il ajoute : « Le remaniement ne peut être que réussi, sinon… »
« C’était une erreur d’annoncer si tôt le remaniement »
Et ça presse. En annonçant avant l’été le remaniement pour octobre, Nicolas Sarkozy a contribué à créer l’ambiance électrique qui règne à l’UMP depuis la rentrée. « Vivement que cette période soit passée », glisse le sénateur Philippe Dallier. « C’était une erreur d’annoncer si tôt le remaniement. Ce n’est pas très sain », regrette le député Bernard Debré. « Il faut une nouvelle dynamique ».
Après les retraites, s’ouvre pour Nicolas Sarkozy la dernière phase du quinquennat. Celle qui le mènera vers un éventuel second mandat. « J’ai toujours été frappé par sa vision du calendrier », raconte Yves Jego. « Il veut vraiment maîtriser le rythme des choses. Nicolas Sarkozy est dans une stratégie qui le mène jusqu’à 2012 ». Reste à organiser ses troupes.

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