« Oui », « Non »… Quand Sarkozy se lâche au Conseil européen

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François Vignal
Le 17.06.2010 à 19:18

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Interrogé sur les rumeurs de plan d’aide à l’Espagne, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il n’y a « pas de problème », tout en plaisantant avec les journalistes…

Peut-être la fatigue. Toujours est-il que Nicolas Sarkozy s’est un peu lâché au cours de la conférence de presse suivant le Conseil européen de ce jeudi. Une journaliste pose une question « sur les rumeurs assez persistantes de nécessité d’un plan d’aide financier à l’Espagne ». Faut-il s’en inquiéter ? Nicolas Sarkozy se borne d’abord à un simple « non ». Puis s’en amuse, citant même Sacha Guitry pour appuyer son économie de mots : « "Je vous aime beaucoup", lui disait une de ses bonnes amies. Il répondait : "Mais beaucoup, c’est si peu". Tout adjectif à ce "non", ou tout complément à ce "non", affaiblirait le "non". N-O-N. Vous m’avez suivi ? Moi non plus », plaisante le chef de l’Etat (à voir dans la vidéo).

Deux taxes pour le G20

Lors du point presse, Nicolas Sarkozy a réitéré son souhait de porter au G20 une taxe bancaire ainsi qu’une taxe sur les transactions financières, déjà annoncées lundi. Reste à savoir s’il s’agira d’une « taxe sur les transactions financières ou les marchés financiers, là ce n’est pas tranché », a affirmé le Président, qui ajoute « Certains au sein du Conseil ne sont pas absolument enthousiastes ». Manière de dire que le consensus est encore loin d’être atteint sur ce point. Le chef de l’Etat s’est aussi réjoui que « les mots « gouvernement économique » ne (soient) plus des mots tabous ».

Nicolas Sarkozy a de toute évidence en tête les propos de François Fillon sur la « parité » euro/dollar, mal interprétés par les marchés : « Quand on rajoute des adverbes (…) je vois déjà la dépêche et les réactions des marchés (…) Donc avec le "non", je réduis la dépêche au strict minimum ».

Un journaliste du Monde relance le Président pour « essayer d’allonger la dépêche » et pose une question. Réponse : « Oui ». Sarkozy ajoute : « Je vous demande de noter qu’il y aura deux dépêches : une avec "non", une avec "oui" »…

Au final, le chef de l’Etat a tout de même dit une chose très sérieuse : il n’y a « pas de problème » avec la situation financière de l'Espagne. Ouf.

 

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