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PSA, dans le rouge au premier semestre, se serre encore la ceinture

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Laure Fillon (AFP)
Le 25.07.2012 à 18:43
PSA, dans le rouge au premier semestre, se serre encore la ceinture
© AFP
PSA Peugeot Citroën a dévoilé mercredi l'ampleur de ses difficultés financières, avec une lourde perte au premier semestre liée à la morosité du marché automobile en Europe, qui conduit le groupe à tailler dans ses effectifs et ses investissements.

Le premier constructeur automobile français a essuyé une perte nette de 819 millions d'euros, contre un bénéfice net de 806 millions au premier semestre 2011. Il prévoit 1,5 milliard d'euros d'économies d'ici à 2015.

La perte s'explique par la contre-performance de sa branche automobile, son coeur de métier, à quoi s'ajoute le coût de l'arrêt de ses activités en Iran et d'autres dépréciations.

Le résultat opérationnel courant ressort tout juste à l'équilibre à cause d'une perte opérationnelle courante de la division auto de 662 millions d'euros. Elle s'explique par la mauvaise tenue du marché européen, attendu par PSA en repli de 8% sur toute l'année.

Les autres activités du groupe (équipementier automobile Faurecia, logistique avec Gefco et Banque PSA Finance) sont restées dans le vert.

Le chiffre d'affaires total a reculé de 5,1%, à 29,6 milliards d'euros. Celui de la division auto a chuté de 10,5%, à 20,2 milliards.

Ces annonces ont été immédiatement sanctionnées par l'agence de notation financière Fitch, qui a abaissé la note de la dette long terme de PSA d'un cran, de BB+ à BB, assortie d'une perspective négative.

Fitch s'est dit « particulièrement inquiet par l'ampleur de la perte opérationnelle de la division automobile » et par la consommation de trésorerie en Europe.

« De plus, contrairement aux autres fabricants, le groupe perd de l'argent sur plusieurs marchés internationaux, notamment en Amérique latine et en Russie », souligne l'agence.

A la Bourse de Paris, l'action PSA, qui enregistrait la plus forte hausse du CAC 40 mercredi en début de matinée, était brièvement passé dans le rouge après cette annonce et faisait depuis le yo-yo (+0,16% à 6,25 euros, dans un marché en hausse de 1,03% à 14H50).

Le président du directoire du groupe, Philippe Varin, a martelé pourtant lors d'une conférence de presse avoir « confiance » dans le groupe et son avenir. « PSA n'est pas au bord de la faillite », a-t-il insisté, tout en reconnaissant le « besoin de rétablir (la) rentabilité automobile ».

Un nouveau plan d'ici à 2015

C'est cette nécessité qui a conduit le groupe à présenter le 12 juillet un plan de réorganisation en France, faisant l'effet d'une bombe et valant à PSA de vives critiques du gouvernement.

La suppression prévue de 8.000 postes dans l'Hexagone, l'arrêt de la production à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et la baisse de la production à Rennes (Ille-et-Vilaine) font l'objet d'un nouveau comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire en cours mercredi à Paris.

PSA avait averti récemment qu'il brûlait actuellement 200 millions d'euros de liquidités par mois. En 2013, ce rythme devrait être divisé par deux.

Pour autant, le groupe estime que, face à la baisse du marché automobile européen, son principal débouché, son plan en cours d'économies et de cessions d'actifs ne suffit plus. « Nous sommes à mi-chemin de ce plan, à 503 millions d'euros », a précisé le directeur financier, Jean-Baptiste de Chatillon.

« Nous poursuivons notre programme de cession d'actifs au deuxième semestre », a-t-il ajouté.

PSA a dévoilé mercredi un nouveau plan de 1,5 milliard d'euros, à l'horizon 2015, qui doit permettre « de dégager un flux de trésorerie opérationnel à l'équilibre à fin 2014 ». Cela veut dire que le groupe compte ne plus subir de saignée financière à cette date.

Outre les réductions de postes en France, dont l'impact est estimé à 600 millions d'euros, PSA va réduire ses investissements de 550 millions.

« Nous comptons sur notre plan 2015 pour poursuivre notre stratégie » d'internationalisation et de montée en gamme des modèles, a poursuivi M. de Chatillon.

Le constructeur a réduit sa dette nette, qui atteignait à fin juin à 2,4 milliards d'euros, contre 3,4 milliards un an plus tôt.